DES­CENDRE D’UN NUAGE POUR EN CONQUÉ­RIR UN AUTRE

Le Journal de Montreal - Weekend - - MUSIQUE - Cé­dric Bé­lan­ger Le Jour­nal de Qué­bec

Faire un al­bum, ce n’est ja­mais du tout cuit dans le bec. Même pour un ar­tiste qui se rend en quarts de fi­nale de La Voix et qui s’est donc fait connaître de mil­lions de té­lé­spec­ta­teurs. Par­lez-en à Va­lé­rie Clio, qui a sué sang et eau pour ve­nir à bout de nous pré­sen­ter L’autre nous.

Amor­cé en 2010, le pro­ces­sus de com­po­si­tion et d’en­re­gis­tre­ment de l’al­bum de l’ar­tiste blues et soul de Qué­bec n’a pas em­prun­té la voie ra­pide après La Voix. Bien au contraire, Va­lé­rie Clio a en­core dû pas­ser à tra­vers deux ans de dur la­beur, avec ses par­te­naires Guillaume Ton­dreau (réa­li­sa­tion) et Ri­chard Sam­son (di­rec­tion ar­tis­tique), avant que son bé­bé ne voie en­fin le jour.

«Quatre ans, c’est long. On ac­couche plus vite que ça dans la vie», lance Clio dans un grand éclat de rire.

«Il a fal­lu que je prenne le temps de dé­bar­quer du nuage de La Voix. Ça tire du jus phy­sique et psy­cho­lo­gique. Il faut que tu te re­poses l’es­prit pour être dans un état d’écri­ture. Guillaume et Ri­chard ne m’ont pas lais­sée tom­ber. Ils ont été de bons col­lègues et de bons amis. Il y a eu des ap­pels de dé­tresse à deux heures du ma­tin où je criais: “J’t’écoeu­réééée”», s’es­claffe-t-elle de nou­veau.

TROU­VER LE SON

L’autre nous n’est pas à pro­pre­ment dit le pre­mier al­bum de Va­lé­rie Clio. Sor­ti en 2009, My First Blues avait connu un suc­cès d’es­time et lui avait per­mis de ga­gner quelques tro­phées. Pour L’autre nous, Clio a ce­pen­dant choi­si de mettre ses ra­cines de blues de cô­té et de mettre à pro­fit sa voix soul. Pour cette fan de jazz, de blues et d’Éry­kah Ba­du, née de pa­rents haï­tiens et éle­vée à New York, ex-femme de mi­li­taire, trou­ver sa so­no­ri­té a été un che­min ar­du.

«Trou­ver un son, c’est les pa­roles uti­li­sées, la pro­so­die. Est-ce que j’uti­lise l’ac­cent en­glish ou de la rue? Com­ment je m’adresse aux gens? Plus claire, poète, po­li­tique? Fi­na­le­ment, je vou­lais être moi-même. Je vou­lais que celle que je suis dans la vie et celle qui chante soit la même per­sonne», confie celle dont L’autre nous consti­tue ses dé­buts en fran­çais.

«Au dé­part, c’était sup­po­sé être en an­glais. J’avais écrit cinq chan­sons. J’en ai mon­tré une à Guillaume, qui m’a dit: “Mais pour­quoi tu ne chantes pas en fran­çais?” Je man­quais de confiance et c’est lui qui m’a don­né le coup de pouce.»

LA VOIX A TOUT CHAN­GÉ

Va­lé­rie Clio convient que La Voix a chan­gé sa vie. Sur le plan ar­tis­tique, bien sûr, mais aus­si sur le plan per­son­nel.

«Avec mon ma­ri mi­li­taire, nous avions su­bi les cô­tés né­ga­tifs de la guerre et nous avons été trans­fé­rés à Saint-Hu­bert. Je n’avais plus de tra­vail, plus rien. Tant qu’à ne rien avoir, j’ai es­sayé La Voix et ce­la a fonc­tion­né.»

«Ça a chan­gé ma vie, c’est un ac­com­plis­se­ment gran­diose dont je vais par­ler tout le temps. Avec tous les gens que j’ai cô­toyés, je suis de­ve­nue en­core plus pro­fes­sion­nelle. Per­son­nel­le­ment, il y a un avant et un après. Je me sens da­van­tage sur les bonnes prio­ri­tés et sur ce dont j’ai be­soin pour m’ac­com­plir en tant qu’ar­tiste, en tant que ma­man et en tant que blonde.» L’al­bum L’autre nous est en vente de­puis mar­di. Va­lé­rie Clio se­ra en spec­tacle le 4 juillet au Jar­din bo­ta­nique de Mon­tréal et le 2août, au kiosque Ed­win-Bé­lan­ger, à Qué­bec. En pa­ral­lèle, elle pour­suit l’aven­ture des Black Di­vas avec Gaya, qui fai­sait par­tie de l’équipe de Pierre La­pointe à La Voix. Le duo se­ra au kiosque Ed­win-Bé­lan­ger le 5 juillet.

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