UNE­FA­MILLE PAS COMME LES AUTRES

La fa­mille Bé­lier La co­mé­die fran­çaise La fa­mille Bé­lier ar­rive sur nos écrans ven­dre­di après avoir at­ti­ré plus de 7 mil­lions de spec­ta­teurs dans les salles de l’Hexa­gone. Le Jour­nal a ren­con­tré le réa­li­sa­teur du film.

Le Journal de Montreal - Weekend - - CINÉMA - Maxime De­mers

C’est un suc­cès que per­sonne n’avait vu ve­nir, sur­tout pas le ci­néaste Éric Lar­ti­gau. Lan­cé en salle à la mi-dé­cembre, La fa­mille Bé­lier a ra­pi­de­ment ral­lié le pu­blic et la cri­tique. En­core à l’af­fiche sur plu­sieurs écrans en France, le film to­ta­lise au­jourd’hui en­vi­ron 7,5 mil­lions d’en­trées au boxof­fice fran­çais, ce qui le place dans le top-30 des plus gros suc­cès du ci­né­ma fran­çais.

«On ne peut ja­mais pré­voir ce genre de choses», ad­met Éric Lar­ti­gau, ren­con­tré lun­di après-mi­di, à quelques heures de la pre­mière mont­réa­laise du film.

«Le dis­tri­bu­teur s’est ren­du compte qu’il se pas­sait quelque chose de par­ti­cu­lier lors des pre­mières pro­jec­tions pu­bliques du film. On s’est aper­çu que l’his­toire tou­chait un pu­blic as­sez large et que le film par­lait au­tant aux jeunes qu’aux moins jeunes. Je crois que le su­jet du film est as­sez fé­dé­ra­teur.»

La fa­mille Bé­lier ra­conte l’his­toire de Pau­la, une ado­les­cente de 16 ans (Louane Eme­ra) qui vit dans une ferme avec ses pa­rents (Ka­rin Viard et Fran­çois Da­miens) et son pe­tit frère (Lu­ca Gel­berg). Étant la seule membre de la fa­mille à ne pas être sourde et muette, elle a hé­ri­té du man­dat de tra­duire en signes ce que ses pa­rents veulent dire aux gens du vil­lage.

«On est tous pas­sés par l’ado­les­cence qui re­pré­sente une phase fra­gile de notre vie, pen­dant la­quelle on doit sou­vent com­po­ser avec un sen­ti­ment d’in­com­pré­hen­sion», sou­ligne Éric Lar­ti­gau.

«C’est ce que vit le per­son­nage de Pau­la alors qu’elle doit faire des choix im­por­tants pour le reste de sa vie. Je me suis aus­si ren­du compte que les gens ont aus­si été tou­chés par cette fa­mille de bat­tants, unis mal­gré leurs han­di­caps et leurs dif­fé­rences.»

SIX MOIS DE PRÉ­PA­RA­TION

Les ac­teurs du film ont étu­dié la langue des signes pen­dant six mois à rai­son de quatre heures par jour pour se pré­pa­rer au tour­nage. Leur pro­fes­seur en langue des signes a éga­le­ment été pré­sent tous les jours sur le pla­teau, pour s’as­su­rer que les ac­teurs ne se trompent pas.

«Il fal­lait que ce soit pré­cis et qu’on res­pecte le plus pos­sible cette langue», in­dique le réa­li­sa­teur.

«Les ac­teurs ont fait preuve d’un en­ga­ge­ment et d’un sé­rieux ad­mi­rables dans cette dé­marche. Ce n’était pas simple pour eux.»

Trou­ver la bonne ac­trice pour don­ner vie, à l’écran, au per­son­nage de Pau­la n’a pas été simple. Éric Lar­ti­gau a ren­con­tré plu­sieurs ac­trices avant d’ar­rê­ter son choix sur Louane Eme­ra, une ve­dette de l’émis­sion The Voice.

«J’ai d’abord cher­ché une ac­trice qui pour­rait chan­ter. Mais j’ai fi­na­le­ment choi­si une chan­teuse qui ne sa­vait pas jouer», ré­sume-t-il.

«J’ai dé­cou­vert Louane en re­gar­dant The Voice un soir, il y a deux ans. C’est un ami qui m’avait conseillé de re­gar­der l’émis­sion en sa­chant qu’elle pour­rait m’in­té­res­ser. Comme de fait, elle m’a ému et scot­ché à l’écran. J’ai cra­qué, puis je l’ai ren- contrée. Les pre­miers es­sais n’ont pas été ter­ribles, mais je sa­vais que c’était elle. On a conti­nué et elle a fait un bou­lot for­mi­dable.» Le film La fa­mille Bé­lier prend l’af­fiche au Qué­bec ven­dre­di (le 8 mai).

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