Sal­ly Haw­kins, la fille d’à cô­té

Le Journal de Montreal - Weekend - - CINÉMA -

tra­vaillant à l’usine Ford, et qui dé­cide de me­ner la lutte pour ob­te­nir, pour elle-même et ses consoeurs de l’ate­lier tex­tile, un sta­tut et un sa­laire équi­va­lents à ceux de leurs col­lègues mas­cu­lins. Sans ja­mais for­cer le trait, et en évi­tant le piège de la nos­tal­gie, l’An­glais Ni­gel Cole ( Le ca­len­drier des girls) es­quisse dans cette pro­duc­tion ins­pi­rée d’une his­toire vraie le por­trait à échelle hu­maine d’une époque de grands chan­ge­ments dans une pe­tite ville in­dus­trielle sans beau­té par­ti­cu­lière.

JAS­MINE FRENCH

Haw­kins a dé­cro­ché sa pre­mière no­mi­na­tion aux Os­cars grâce à cette tra­gi­co­mé­die de Woo­dy Al­len ( Han­nah et ses soeurs), dans la­quelle elle joue une mère de San Fran­cis­co ac­cueillant chez elle sa soeur, une mon­daine dé­chue de­puis l’ar­res­ta­tion pour fraude de son ma­ri. Certes, c’est Cate Blan­chett qui trace la ligne de force de cette va­ria­tion sur les mo­tifs de la pièce Un tram­way nom­mé dé­sir, de Ten­nes­see Williams. Mais dans un rôle plus sou­riant, et pa­ra­doxa­le­ment plus in­grat, Haw­kins tire à mer­veille son épingle du jeu.

AU­PRÈS DE MOI TOU­JOURS

Dans un rôle se­con­daire mar­quant, ce­lui d’une ins­ti­tu­trice dans un pen­sion­nat an­glais dé­dié aux clones don­neurs d’or­ganes, Sal­ly Haw­kins brille de tous ses feux. Les autres membres de la dis­tri­bu­tion de cette adap­ta­tion d’un ro­man de Ka­zui Ishi­gu­ro ( Les ves­tiges du jour) ne sont pas en reste: Ca­rey Mul­li­gan, Kei­ra Knight­ley, An­drew Garfield, sont tout ex­cel­lents. Pour for­mu­ler cette mé­di­ta­tion sub­tile sur l’exis­tence de l’âme et le prix de la vie hu­maine, Mark Ro­ma­nek ( Pho­to ob­ses­sion) a pri­vi­lé­gié un trai­te­ment dis­tan­cié, qui la rend en­core plus puis­sante.

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