FO­CUS

Le Journal de Montreal - Weekend - - TÉLÉVISION -

«L’hu­mour, pour moi, c’est très sé­rieux. Cha­cun bâ­tit son propre par­cours. Quand on ar­rive à l’École de l’hu­mour, on n’est pas tous à la même place dans notre vie, re­late Ka­the­rine Le­vac, ré­vé­lée par En route vers mon pre­mier ga­la, SNL Qué­bec puis Pa­pa­raGilles. Moi, j’avais fait des études en lit­té­ra­ture. C’est peut-être pour ça que mes nu­mé­ros sont conçus comme de pe­tites dis­ser­ta­tions. Il y en a qui se de­man­daient à quel mo­ment on leur at­tri­bue­rait des au­teurs. Mais c’est toi qui dois écrire, qui dois dé­cou­vrir ton style, ta vi­sion!» Un constat qui en re­froi­di­rait quelques-uns.

«C’est cer­tain que c’est un mé­tier qui de­mande beau­coup de po­ly­va­lence, d’au­dace aus­si, pour oser faire de nou­veaux pro­jets, et d’hu­mi­li­té, ob­serve Fred Du­bé. Ma seule li­mite est la ri­gueur in­tel­lec­tuelle.»

Qui ose­rait en­core dire que faire de l’hu­mour c’est fa­cile? «Quand on fait de l’hu­mour qui flirte avec la po­li­tique, pour­sui­til, si c’est mal écrit, tu peux nuire à la cause. Mais il faut aus­si s’adap­ter se­lon le pu­blic au­quel on s’adresse. Le sar­casme, par exemple, ou l’iro­nie, passe moins bien au­près des jeunes. Si­non, il faut être culti­vé. La base de l’hu­mour, pour moi, est la contes­ta­tion.»

Les 5 pro­chains nous montre de jeunes ar­tistes dans des mo­ments de vul­né­ra­bi­li­té. «Il y a un épi­sode que je n’ose pas re­gar­der, avoue Phil Roy. J’ai pleu­ré, ren­ché­rit Vir­gi­nie For­tin.» Parce que faire de l’hu­mour vient avec son lot d’an­goisse. Et des mo­ments de grande eu­pho­rie.

«Dans cette sé­rie-là, on se ques­tionne beau­coup sur notre rap­port à l’hu­mour et à la scène, re­marque Phil Roy, que l’on re­con­naît main­te­nant pour SNL Qué­bec et ses pas­sages à Ce soir tout est per­mis. Il y a une scène où Fred et moi on dis­cute et on se rend compte que nos ob­jec­tifs ne sont pas les mêmes. C’est la même chose pour Kat et moi. Elle, elle a un plan de car­rière bien pré­cis et toutes ses dé­ci­sions sont prises pour at­teindre son but: faire son pre­mier one-wo­man-show [Ka­the­rine ajou­te­ra d’ailleurs que son défi cette an­née est de gar­der le fo­cus]. Moi, j’aime les op­por­tu­ni­tés qu’on m’offre. J’aime ça faire de la té­lé. Je ne suis pas cer­tain de vou­loir mon­ter un show. Même si c’est le che­min clas­sique d’un hu­mo­riste et ce vers quoi on t’en­seigne d’al­ler.»

«J’ai une cer­taine vi­sion de l’hu­mour an­ti- star-sys­tem, note Fred Du­bé, re­con­nu pour son hu­mour en­ga­gé, ses chro­niques à Un gars le soir et ses re­por­tages ca­bo­tins à GROS­titres, à MATV. Être hu­mo­riste, dans le contexte ac­tuel, compte des choix et des ti­raille­ments.»

LE POU­VOIR DE LA TÉ­LÉ

Pierre-Bru­no Ri­vard est un ha­bi­tué de la scène. «C’est mon pre­mier amour. Mais la té­lé­vi­sion est un ou­til puis­sant pour mon show. La té­lé­vi­sion ne doit pas al­té­rer ton écri­ture. Ini­tia­le­ment, j’écris pour moi. J’es­père que les gens ac­crochent, qu’ils soient 10 ou 1000.»

«Avec toutes les pla­te­formes qui sont of­fertes au­jourd’hui aux hu­mo­ristes, que ce soit pour faire des chro­niques, ani­mer des quizz ou pour jouer, les gens connaissent sou­vent notre nom ou notre vi­sage avant de connaître notre art, fait re­mar­quer Vir­gi­nie For­tin, qui roule sa bosse sur scène avec Ma­ria­na Maz­za et que l’on a pu voir dans SNL Qué­bec. La té­lé a un pou­voir in­croyable, mais il faut sa­voir être soi-même, mettre ses ba­lises. Nous avons plus d’op­por­tu­ni­tés de nous pré­sen­ter au­jourd’hui, mais il faut tou­jours se de­man­der: “Est-ce que je veux que les gens viennent me voir parce que je suis à la té­lé ou parce qu’ils aiment ce qu’ils ont vu?”»

«Moi, j’ai un “avant 17 no­vembre 2014” et un “après”, ra­conte Phil Roy. Le 17 no­vembre, c’était mon pre­mier pas­sage à Ce soir tout est per­mis, où je di­sais à ma mère: “Re­garde, je suis avec Vé­ro [Clou­tier]!” Le len­de­main, je suis al­lé ache­ter des bat­te­ries à la phar­ma­cie et la cais­sière et une cos­mé­ti­cienne ont vou­lu se faire prendre en pho­to avec moi! Ça a vrai­ment mar­qué un tour­nant.» Les 5 pro­chains, dès le mar­di 12 mai, 19 h, à ARTV Écrire pour rire, sa­me­di 22 h 30 à ICI Ra­dio-Ca­na­da Té­lé

Bou­car Diouf et la co­mé­dienne Amé­lie Ber­nard dans un sketch

d’Écrire pour rire.

Fran­çois Lé­veillée

Les 5 pro­chains

Le duo Do­mi­nic et Mar­tin

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