VOU­LOIR OP­TER POUR LE SUI­CIDE AS­SIS­TÉ

C’est un su­jet brû­lant de l’ac­tua­li­té qui se­ra pro­po­sé sur les planches du Pro­pe­ro avec la pièce Béa, qui porte sur la dé­li­cate ques­tion du sui­cide as­sis­té. Bien que le su­jet soit dra­ma­tique, la pièce est em­preinte d’un hu­mour sub­til.

Le Journal de Montreal - Weekend - - THÉÂTRE -

«J’ai eu un coup de foudre en voyant cette pièce à To­ron­to», confie Yan­nick Chap­de­laine qui a vou­lu trans­por­ter cette pièce au Qué­bec. Dès que la di­rec­trice Car­men Jo­lin du Théâtre Pros­pe­ro s’est mon­trée ré­cep­tive en­vers son pro­jet, le jeune acteur, qui fait par­tie de la dis­tri­bu­tion, n’a pas hé­si­té à se lan­cer et à tra­duire la pièce de l’au­teur bri­tan­nique Mick Gor­don, créée en 2011.

D’em­blée, on dé­cou­vri­ra Béa­trice, cam­pée par Alexan­dra Cyr, une jeune femme souf­frant d’une ma­la­die dé­gé­né­ra­tive. «C’est d’au­tant plus dra­ma­tique et contro­ver­sé qu’elle est jeune, dans la mi- ving­taine», sou­ligne Yan­nick Chap­de­laine.

C’est lui qui tien­dra le rôle de l’aide-soi­gnant Ray, qui n’a pas le pro­fil re­cher­ché, mais qui se­ra néan­moins em­bau­ché à l’es­sai.

UNE BELLE COM­PLI­CI­TÉ

Ra­pi­de­ment, une com­pli­ci­té s’ins­tal­le­ra entre Ray et la jeune condam­née en phase ter­mi­nale. Étant de­ve­nu le confi­dent, c’est vers lui qu’elle se tour­ne­ra quand elle de­man­de­ra de l’aide pour en fi­nir avec la vie et fi­na­le­ment se li­bé­rer de son corps qui la fait souf­frir et la tient em­pri­son­née.

«Béa sou­haite mou­rir di­gne­ment, confie l’in­ter­prète. Elle est clouée au lit, dans sa chambre, dans un état vé­gé­ta­tif.»

Ray se­ra sur­tout utile pour af­fron­ter la mère de Béa, in­ter­pré­tée par Su­zanne Lan­tagne, une avo­cate plu­tôt aus­tère qui est aus­si bien in­for­mée sur les lois en ma­tière de sui­cide as­sis­té. «La pièce n’est pas si­tuée dans un pays où l’aide à mou­rir est lé­ga­li­sée», pré­cise l’ini­tia­teur du pro­jet. «Ça pour­rait être aus­si bien en An­gle­terre qu’ici au Qué­bec.» L’idée étant difficilement conce­vable pour une mère, les spec­ta­teurs se­ront té­moins d’un pro­fond dia­logue sur la vie et la mort entre les deux femmes. L’amour, l’em­pa­thie et l’es­poir sont au coeur de cette pièce qui pro­met d’être ter­ri­ble­ment tou­chante. «Nous sommes dans l’hu­ma­ni­té», in­siste le co­mé­dien. Pour fa­ci­li­ter les choses, Béa a tout à sa por­tée pour l’ai­der mé­di­ca­le­ment à mou­rir, en com­men­çant par la mor­phine, présente à son che­vet pour la sou­la­ger de la dou­leur om­ni­pré­sente qui l’ac­com­pagne.

DÉ­DRA­MA­TI­SER LA MORT

Pour Béa, il y a des choses bien pires que la mort. «Béa sou­haite dé­dra­ma­ti­ser la mort, ra­conte Yan­nick Chap­de­laine. Même si elle n’est pas au­to­nome, elle est com­plè­te­ment lu­cide.»

Plu­tôt se­reine, elle sou­haite abor­der l’idée de mou­rir avec sen­si­bi­li­té et beau­coup d’hu­ma­ni­té, le tout ra­con­té dans un uni­vers lu­dique et poé­tique.

«Cette pièce pose la ques­tion de sa­voir qui peut dé­ci­der de mettre fin à ses jours», conclut-il.

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