Le tour­nant rock de Mumford & Sons

Le Journal de Montreal - Weekend - - MUSIQUE - Jean Beauchesne Collaboration spé­ciale

De­puis un bon mois, Mumford & Sons a or­ches­tré, len­te­ment mais sû­re­ment, son re­tour de­vant les pro­jec­teurs. La sor­tie de deux simples, des concerts dans de pe­tites salles un peu par­tout, y com­pris à To­ron­to, la sor­tie en for­mat vi­nyle de Re­cord Store Day et en­core de plus grandes salles en Eu­rope pour tes­ter les nou­velles chan­sons de cet al­bum. Le mo­tif? Un vi­rage, pas­sant d’acous­tique à élec­trique, et une tour­née des grand­sducs, soit des fes­ti­vals d’été ma­jeurs, tels que Bo­na­roo, Wech­ter et Ou­ter Lands, et des stades aux États-Unis et en Eu­rope. Le son et l’ins­tru­men­ta­tion du groupe ont chan­gé: exit le ban­jo et bien­ve­nue la bat­te­rie. Et il a un nou­veau réa­li­sa­teur, James Ford (Ar­tic Mon­keys, Flo­rence and The Ma­chine), in­sis­tant sur la dy­na­mique, les tex­tures et les am­biances. Dis­crè­te­ment et en pro­fi­tant d’un sé­jour pour répéter dans le stu­dio per­son­nel d’Aa­ron Dress­ner (The Na­tio­nal), ain­si que pour foui­ner dans les ma­ga­sins d’ins­tru­ments et pour ache­ter des gui­tares de col­lec­tion, ils ont col­lec­ti­ve­ment dé­ci­dé de dé­ve­lop­per leurs as­sises. Au bout du compte, le son est plus rock, l’en­ve­loppe so­nore plus mas­sive ( Tomp­kins Square Park), avec un tem­po plus ner­veux, plus de grosse caisse, moins de caisse claire, beau­coup de filtres, bref du stu­dio et beau­coup de tra­vail de mixage. Et ce­ci sans comp­ter la gui­tare sa­tu­rée, lé­gè­re­ment des­troy (so­lo de Be­lieve). Deux chan­sons res­sortent du lot: Be­lieve et The Wolf, qui montrent ce tout nou­veau vi­sage qui ne de­vrait pas tant ef­frayer les in­con­di­tion­nels. On constate une mo­du­la­tion sur le même thème et non une tra­hi­son. Idem pour les textes, qui ne sont plus ex­clu­si­ve­ment écrits par Mar­cus Mumford, mais gardent le même ton et le même re­gistre. Des amours qui s’ef­fi­lochent, ron­gées par le doute et une iro­nie douce-amère. À tra­vers une prose par­fois obs­cure. Mais on ne s’y ar­rête pas, tant que ce­la sonne ( Snake Eyes). Ils étaient mûrs pour un chan­ge­ment, même su­per­fi­ciel. Pour de­meu­rer à la hau­teur. Et gar­der bien au chaud le coeur et l’es­prit d’une gé­né­ra­tion ( On­ly Love). Tout l’en­jeu de Wil­der Mind.

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