Amours contra­riées

Le Journal de Montreal - Weekend - - CINÉMA -

Fé­lix et Mei­ra, main­te­nant dis­po­nible en vi­déo sur de­mande, ra­conte avec sen­si­bi­li­té l’his­toire d’amour qua­si im­pos­sible entre un Qué­bé­cois pure laine et une jeune femme is­sue de la com­mu­nau­té juive has­si­dique. Outre le beau film de Maxime Gi­roux, d’autres oeuvres de notre ci­né­ma­to­gra­phie ont abor­dé avec une égale dé­li­ca­tesse le thème des amours contra­riées. En voi­ci quatre.

KA­MOU­RAS­KA (1973)

Ma­riée très jeune au sei­gneur de Ka­mou­ras­ka, Élisabeth est vite ren­due mal­heu­reuse par cet homme tour­men­té, bu­veur et cou­reur. Ré­fu­giée chez sa mère après la nais­sance de son pre­mier en­fant, elle est soi­gnée par un mé­de­cin amé­ri­cain, dont elle s’éprend. Sur ses ins­tances, il tue l’époux gê­nant. - Claude Ju­tra ( Mon oncle An­toine) est par­ve­nu à re­trou­ver le cli­mat d’en­voû­te­ment du ro­man poé­tique d’Anne Hé­bert, dans cette adap­ta­tion fi­gno­lée, dont la beau­té vi­suelle était in­éga­lée à l’époque dans un film ca­na­dien. Ge­ne­viève Bujold rend à mer­veille les états d’âme de l’hé­roïne, face à un fié­vreux Phi­lippe Léotard dans le rôle du sei­gneur in­digne.

UN DI­MANCHE À KI­GA­LI (2006)

En 1994, quelques mois après avoir fui les tue­ries au Rwan­da, un jour­na­liste qué­bé­cois re­vient à Ki­ga­li dans l’es­poir d’y re­trou­ver la femme qu’il aime. - Dans cette adap­ta­tion d’un ro­man de Gil Cour­te­manche, Ro­bert Fa­vreau ( Les muses or­phe­lines) a op­té pour une évo­ca­tion im­pres­sion­niste du gé­no­cide rwan­dais, dont l’his­toire d’amour consti­tue le ré­vé­la­teur. In­car­nés par les ex­cel­lents Luc Picard et Fa­tou N’Diaye, les pro­ta­go­nistes y dé­fendent avec ar­deur et convic­tion un amour contra­rié, d’abord par la culture, puis par la haine et le cau­che­mar.

LES AMOURS IMA­GI­NAIRES (2010)

Lors d’un sou­per, Fran­cis et Ma­rie, amis dans la jeune ving­taine, ont tous deux le coup de foudre pour Ni­co­las, un gar­çon de la cam­pagne ré­cem­ment ar­ri­vé à Mon­tréal. Or, sur la foi de di­vers signes, cha­cun se convainc que ses sen­ti­ments en­vers le bel éphèbe sont ré­ci­proques. - Dans son deuxième long-mé­trage, Xa­vier Do­lan ( Mom­my) pro­pose une mé­di­ta­tion dou­cea­mère sur le dé­sir et la dé­cep­tion amou­reuse, dans la­quelle il fait montre d’un hu­mour fort ra­fraî­chis­sant. Très élé­gante et gra­cieuse, la mise en scène re­pose sur des ra­len­tis ex­pres­sifs, fai­sant la part belle au trio d’in­ter­prètes, du­quel se dé­marque l’ir­ré­sis­tible Mo­nia Cho­kri ( Gare du Nord).

POUR L’AMOUR DE DIEU (2011)

À la fin des an­nées 1950, une ado­les­cente dé­couvre qu’une re­li­gieuse et un jeune prêtre sont épris l’un de l’autre. Éga­le­ment amou­reuse de ce der­nier, la jeune fille se venge en les dé­non­çant en confes­sion. - Cette ré­flexion in­tel­li­gente et sen­sible sur la foi et les amours im­pos­sibles re­pose sur un scé­na­rio ha­bi­le­ment dé­cou­pé. La mise en scène épu­rée de Mi­che­line Lanc­tôt ( So­na­tine, Au­trui) pri­vi­lé­gie des com­po­si­tions simples et belles. Des in­ter­prètes in­ves­tis, aux forces in­égales tou­te­fois, offrent un jeu émou­vant.

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