UN SOU­PER D’AN­NI­VER­SAIRE qui tourne au tra­gique

La met­teuse en scène De­nise Fi­lia­trault et ses huit co­mé­diens nous trans­por­te­ront en France sous l’Oc­cu­pa­tion avec la pièce Le re­pas des Fauves, où un sou­per entre amis tour­ne­ra au cau­che­mar alors qu’un sol­dat al­le­mand fe­ra ir­rup­tion bran­dis­sant une te

Le Journal de Montreal - Weekend - - LE ART AUTREMENT - Louise Bour­bon­nais Collaboration spé­ciale

C’est De­nise Fi­lia­trault, di­rec­trice ar­tis­tique du Théâtre du Ri­deau Vert et met­teuse en scène, qui a choi­si de pré­sen­ter en grande pre­mière au Qué­bec la pièce Le re­pas de Fauve, un th­riller cam­pé du­rant l’Oc­cu­pa­tion. «J’ai beau­coup lu sur la Se­conde Guerre mon­diale, c’est un su­jet qui m’in­ter­pelle», confie-t-elle.

Certes, elle a été sé­duite par le texte écrit par Va­hé Kat­cha dans les an­nées 1960 et adap­té pour le théâtre plu­sieurs an­nées plus tard. De sur­croît, la pièce a connu un franc suc­cès en France lors­qu’elle a été pré­sen­tée en 2010. Avec plus de 600 re­pré­sen­ta­tions à son ac­tif et ré­ci­pien­daire de trois Mo­lières, il n’en fal­lait pas plus pour convaincre la di­rec­trice ar­tis­tique d’al­ler de l’avant et de mon­ter la pièce.

UNE AL­LURE DE FÊTE

Cam­pée en 1942, la pièce s’amor­ce­ra dans un es­prit fes­tif, mal­gré le ra­tion­ne­ment qui sé­vit dans cette pé­riode trouble de la guerre, en France oc­cu­pée. On au­ra néan­moins réus­si à ob­te­nir quelques den­rées rares pour sou­li­gner l’an­ni­ver­saire de Sophie (Ma­rie-Pier La­brecque). Pour l’oc­ca­sion, une fête entre amis a été or­ga­ni­sée chez elle.

Par­mi les sept amis se trou­ve­ront no­tam­ment une veuve de guerre (Sophie Fau­cher), un mé­de­cin (Pa­trice Co­que­reau) ain­si qu’un homme d’af­faires pros­père (Marc Bé­land). Tout va pour le mieux jus­qu’à ce qu’un sol­dat al­le­mand (Fré­dé­ric De­sa­ger) fasse ir­rup­tion. «Il est ar­mé et exige que l’on choi­sisse par­mi les sept amis deux otages», re­late le co­mé­dien Be­noît McGin­nis qui fait par­tie de la dis­tri­bu­tion, per­son­ni­fiant un aveugle ayant per­du l’usage de la vue à la guerre. C’est que deux of­fi­ciers al­le­mands viennent d’être abat­tus en bas de l’im­meuble où ils se trouvent. La Ges­ta­po exi­ge­ra deux otages dans chaque ap­par­te­ment pour sup­pléer au meur­trier en fuite. On leur laisse jus­qu’à la fin du re­pas, soit deux heures, pour choi­sir eux­mêmes les deux otages.

LE RE­PAS DES FAUVES

Ra­pi­de­ment, l’am­biance fes­tive tour­ne­ra au cau­che­mar.

VOU­LOIR VIVRE À TOUT PRIX

Dès lors, l’ins­tinct de sur­vie pren­dra le des­sus et l’ami­tié de­vien­dra chose du pas­sé. Tous les coups se­ront dé­sor­mais per­mis. «Cha­cun au­ra une bonne rai­son pour ne pas se por­ter vo­lon­taire, ré­vèle le co­mé­dien. On se poin­te­ra du doigt sug­gé­rant qui de­vrait y al­ler.» Après un cer­tain temps, l’un se por­te­ra vo­lon­taire, mais les ré­ac­tions se­ront vives. «Cer­tains croient avoir dé­jà vé­cu suf­fi­sam­ment d’épreuves, alors qu’un autre ayant des vies à sau­ver en tant que mé­de­cin de­vrait vivre», ajou­tet-il.

«On ver­ra com­ment se com­porte l’être hu­main lors­qu’il est ques­tion de vie ou de mort», conclut De­nise Fi­lia­trault.

Outre le grand sus­pense et l’as­pect dra­ma­tique, on nous pro­met éga­le­ment des mo­ments amu­sants.

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