THE LATE SHOW WITH DA­VID LET­TER­MAN

LE TALK-SHOW TIRE SA RÉ­VÉ­RENCE

Le Journal de Montreal - Weekend - - WEEKEND TÉLÉVISION - Em­ma­nuelle Plante EM­MA­NUELLE. PLANTE@ QUE­BE­COR­ME­DIA.COM

Let­ter­man est né il y a 68 ans à In­dia­na­po­lis, ce qui ex­plique sans doute sa pas­sion pour la course au­to­mo­bile. Après avoir fait de la ra­dio étu­diante, il est em­bau­ché par la té­lé­vi­sion lo­cale pour être ani­ma­teur d’une émis­sion pour en­fants, puis pré­sen­ta­teur mé­téo, avant de fi­ler vers la Ca­li­for­nie pour faire car­rière comme scé­na­riste et co­mé­dien.

Le grand John­ny Car­son le pren­dra d’ailleurs sous son aile. En no­vembre 1978, il fait la pre­mière de ses 22 apparitions au To­night Show en plus d’en de­ve­nir ani­ma­teur de re­lève. La NBC est si im­pres­sion­née qu’on lui pro­pose en fé­vrier 1982 d’ani­mer son propre talk-show, le Late Night with Da­vid Let­ter­man (juste après Car­son), où naî­tront no­tam­ment les seg­ments Stu­pid Pet Tricks et Stu­pid Hu­man Tricks ain­si que ses vi­rées dans les rues de la ville. Il y res­te­ra 11 ans.

Quand John­ny Car­son prend sa re­traite en 1993, on lui pré­fère Jay Le­no pour oc­cu­per le siège de son men­tor. Let­ter­man part donc pour la CBS, sous les conseils de Car­son, qui lui offre le Late Show with Da­vid Let­ter­man, en­re­gis­tré à New York au my­thique Ed Sul­li­van Thea­ter com­plè­te­ment ré­amé­na­gé, en op­po­si­tion di­recte avec le To­night Show.

Et les fins de soi­rée ne se­ront pas ba­nales en sa com­pa­gnie. Cer­tains de­vien­dront même des ha­bi­tués, voire des amis. Pen­sons à Jer­ry Sein­feld, Billy Crys­tal, Re­gis Phil­bin ou en­core Ju­lia Ro­berts, Drew Bar­ry­more ou le couple Oba­ma.

C’est d’ailleurs chez Da­vid Let­ter­man que son men­tor, John­ny Car­son, fe­ra sa toute der­nière ap­pa­ri­tion à la té­lé­vi­sion. La ru­meur veut que de­puis sa re­traite, il ait pris l’ha­bi­tude d’en­voyer des blagues à son dau­phin que Let­ter­man uti­li­sait dans ses mo­no­logues d’ou­ver­ture.

22 AN­NÉES

Soir après soir, Let­ter­man a ren­for­cé sa marque grâce à son mo­no­logue d’ou­ver­ture, mo­ment clé du show, ses vi­gnettes au­près de gens de son quar­tier, en plein coeur de Broad­way, ses fa­meux Top Ten très at­ten­dus, sa com­pli­ci­té avec son chef d’or­chestre et si­de­kick Paul Shaf­fer, à ses cô­tés de­puis 27 ans, avant l’ar­ri­vée d’une pre­mière ve­dette qui se plie sou­vent vo­lon­tai­re­ment à un concept ri­go­lo qui a l’air com­plè­te­ment im­pro­vi­sé. C’est en mu­sique que chaque soir Let­ter­man ter­mine son émis­sion, une im­por­tante vi­trine dont Cé­line Dion et Ar­cade Fire ont no­tam­ment bé­né­fi­cié.

En 22 ans, Let­ter­man ne se se­ra ab­sen­té, outre ses 10 se­maines de va­cances par an­née, que deux fois: en jan­vier 2000, il est ter­ras­sé par un ma­laise car­diaque. Il su­bit d’ailleurs un qua­druple pon­tage. Puis, trois ans plus tard, alors qu’il est vic­time d’un type de zo­na grave. Ses amis se re­laye­ront d’ailleurs pour l’ani­ma­tion du po­pu­laire talk-show.

Après 22 ans d’un plai­sir conta­gieux, il quit­te­ra ses ha­bi­tudes, et les nôtres, le 20 mai pro­chain à 11 h 35 sur CBS. En 22 ans, il au­ra en­re­gis­tré plus de 6 000 émis­sions et re­çu près de 20 000 in­vi­tés. Des ru­meurs courent se­lon les­quelles Bill Mur­ray se­ra de cette der­nière et peut-être même un cer­tain… Jay Le­no. Ste­phen Col­bert lui suc­cé­de­ra.

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