J’AI EN­VIE D’ÊTRE « INS­PI­RANT, PAS AI­GRI »

Men­tor à La Voix, nou­veau porte-pa­role du Festival in­ter­na­tio­nal de la chan­son de Gran­by, Alex Nevs­ky aime par­ta­ger sa pas­sion. Mais ce qu’il veut trans­mettre, c’est sur­tout l’idée qu’on a le droit de rê­ver.

Le Journal de Montreal - Weekend - - WEEKEND - Éli­za­beth Mé­nard ELI­ZA­BETH.ME­NARD@QUE­BE­COR­ME­DIA.COM

En en­tre­vue, Alex Nevs­ky est vo­lu­bile. As­sis sur un coin de di­van, il parle sans filtre des hauts et des bas de sa vie et saute d’un su­jet à l’autre. «Avant, j’étais tout le temps han­go­ver, confie-t-il spon­ta­né­ment. Tous mes shows, j’étais han­go­ver. Et tu n’as pas le goût de te faire re­gar­der tant que ça par des gens quand tu es scrap. Quand tu fais un show dans cet état-là, c’est comme: ar­rê­tez de me re­gar­der. Mais ils sont là pour te re­gar­der. Donc je n’étais pas bien. Mais là, j’ai com­men­cé à être sé­rieux, à ne plus ja­mais être han­go­ver pour les shows, as­sure-t-il. Je le suis dans la vie par­fois, mais ja­mais les jour­nées de show. Et ça a tout chan­gé. Main­te­nant, je m’amuse beau­coup plus.»

ES­SAIS ET ER­REURS

S’il a été si dif­fi­cile pour lui d’ap­pri­voi­ser la scène et tout ce qui va avec – les en­tre­vues, les pho­tos, les jour­na­listes, etc. –, c’est peut-être, en par­tie, parce qu’il n’a pas tou­jours rê­vé de mu­sique, de spec­tacles et de tour­nées.

«[Au se­con­daire] je jouais au soc­cer, je ne jouais pas de mu­sique, mais je fai­sais du rap dans le sous-sol de mes amis, ra­conte-t-il. Jus­qu’au cégep, je me cher­chais en­core. Je n’avais au­cune idée que j’al­lais faire de la chan­son, mais j’ai­mais beau­coup la poé­sie, l’écri­ture, grâce au rap fran­çais.»

Après le cégep, il est par­ti voya­ger en Eu­rope, comme le cli­ché le veut, puis s’est ins­crit à l’École nationale de la chan­son de Gran­by à son re­tour.

«J’avais com­men­cé à jouer de la gui­tare six mois avant et j’ai com­po­sé deux “tounes” que je leur ai en­voyées. Ils m’ont choi­si, mais les “tounes” étaient nulles, avoue-t-il. Peut-être que per­sonne d’autre ne s’était ins­crit cette an­née-là, peu­têtre qu’il n’y avait pas un gros ca­libre…»

À deux re­prises, il a été re­fu­sé au concours. Quand il a fi­na­le­ment pu y en­trer, il ne s’est même pas ren­du en fi­nale.

«Et là je suis le porte-pa­role, c’est drôle. Très, très drôle, sou­ligne-t-il. En même temps, je ne suis au­cu­ne­ment amer. Je suis très fier.»

RÔLE IM­POR­TANT

L’idée de par­ta­ger ses connais­sances et son ex­pé­rience de­meure tou­te­fois un peu étrange pour lui. «Cette an­née, c’est une drôle d’an­née par rap­port à ça. Le suc­cès ar­rive et c’est comme s’il fal­lait que je sois prêt à mon­trer com­ment ça ar­rive, alors que je le vis tout juste, constate-t-il. Avec La Voix, je suis men­tor. C’est quand même quelque chose d’in­tense à por­ter quand tu as en­vie de dire les vrais trucs et de ne pas seule­ment être une face de porte-pa­role, une face à la té­lé. Quand je jase avec ces gens-là, j’ai en­vie de dire les vrais trucs, de dire: “Fais at­ten­tion à ça et pro­fite de ce que tu as en ce mo­ment.” Il ne faut pas trop que tu te prennes au sé­rieux, mais il faut que tu prennes ton rôle au sé­rieux.»

SA­VOU­RER LE MO­MENT

Il veut aus­si trans­mettre l’idée que, par­fois, les rêves se réa­lisent. «Il y a tel­le­ment de gens ai­gris. J’en rencontre beau­coup dans cette in­dus­trie», dit-il.

Après avoir rem­por­té ses trois Fé­lix au der­nier Ga­la de l’ADISQ, un ar­tiste croi­sé à la fête qui a sui­vi lui a ser­vi une mise en garde. «Il y a quel­qu’un qui est ve­nu me voir et qui m’a dit: “Pro­fites-en en criss, parce que ça ne va pas re­ve­nir”, ra­conte-t-il. Heille man! Peux-tu me lais­ser 10 mi­nutes? Je le sais, que ça ne va pas re­ve­nir, mais ta gueule!» s’ex­clame-t-il.

«Il y a des gens pour qui ça a fonc­tion­né puis “cra­shé” et ils veulent dire à tout le monde que ça crash, pour­suit-il. Mais ce n’est pas ça l’es­sen­tiel pour moi, c’est d’être hon­nête et réa­liste. Moi, j’ai en­vie de par­ta­ger ce rêve-là, cette idée-là que ça se peut que tu vives de ta mu­sique, dans deux, trois ans si tu fais des sa­cri­fices et que tu es as­sez créa­tif, que tu as as­sez d’am­bi­tion.»

C’est ce qu’il a fait avec les can­di­dats de La Voix et c’est ce qu’il a l’in­ten­tion de faire à Gran­by cette an­née. «J’ai en­vie d’être ins­pi­rant, pas ai­gri», dit-il. Le Festival in­ter­na­tio­nal de Gran­by a lieu du 19 au 29 août. Pour plus d’in­for­ma­tion: ficg.qc.ca.

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