DES IDÉES PLEIN LA TÊTE

Le Journal de Montreal - Weekend - - WEEKEND - Éli­za­beth Mé­nard Le Jour­nal de Mon­tréal

Le temps passe vite. Hi­ma­laya mon amour est sor­ti il y a dé­jà près de deux ans. Alex Nevs­ky com­mence à pré­pa­rer la suite des choses. Les pro­jets sont nom­breux et am­bi­tieux.

Mal­gré le suc­cès, il faut pen­ser à ce qui se pas­se­ra après, parce que tous les ar­tistes ne sont pas des Charles Az­na­vour, en­core de­bout et ac­cla­més à 80 ans pas­sés. Alex Nevs­ky y pense. «Je pour­rais de­ve­nir es­corte mâle. Ça se­rait payant, blague-t-il. Mais je ne suis pas sûr que ma mère se­rait contente.» En vé­ri­té, ce qu’il ai­me­rait, c’est écrire pour les autres. «J’ai vrai­ment en­vie de créer des liens avec des An­glos et d’écrire des “tounes” en an­glais, mais pas pour moi, pour d’autres. Juste de faire des mu­siques, de m’as­so­cier avec des pa­ro­liers an­glos et de “shoo­ter” ça pour leur al­bum, men­tionne-t-il. Je viens de réa­li­ser que je ne suis vrai­ment pas obli­gé d’écrire pour les Qué­bé­cois toute ma vie, que la chan­son c’est uni­ver­sel et que mes mu­siques le sont aus­si. Je n’ai pas be­soin de la bar­rière de la langue pour faire vivre mes chan­sons. Moi, je tiens au fran­çais, c’est ma langue ma­ter­nelle et je veux m’ex­pri­mer en fran­çais, mais mes mu­siques peuvent voya­ger et ça m’al­lume beau­coup d’y pen­ser.» Dans un ave­nir plus ou moins rap­pro­ché, Nevs­ky pense al­ler faire un tour à Los An­geles dans ce but.

LAN­CE­MENT EN FRANCE

Mais avant, il ira lan­cer son deuxième al­bum, Hi­ma­laya mon amour, en France, en sep­tembre.

«Je ne me fais pas d’idée. J’ai une pe­tite équipe là-bas qui tra­vaille su­per bien», dit-il. Ce lan­ce­ment, qui sur­vien­dra deux ans après la sor­tie de l’al­bum au Qué­bec, lui évoque des sen­ti­ments contra­dic­toires. «Moi, je dois em­bar­quer dans la créa­tion de mon troi­sième al­bum et, en même temps, je vais être dans cet- te sor­tie en France qui n’est pas à jour dans mon coeur et dans ma tête, avec des gens pour qui c’est nou­veau, pour qui je suis nou­veau, pour qui j’ai tout à dé­fendre, ex­plique-t-il. C’est vrai­ment drôle. J’ai hâte de faire ça, d’al­ler dé­fendre un pro­jet. Juste d’être tout nu. De re­par­tir et que les gens s’en foutent de toi. C’est très chal­len­geant, ça fait peur.»

INS­PI­RÉ PAR STRO­MAE

Tou­jours en train de com­po­ser des mé­lo­dies dans sa tête, sur­tout quand il est sous la douche, pré­cise-t-il, Alex Nevs­ky a dé­jà 1001 idées pour son troi­sième ef­fort.

«J’ai été vrai­ment mis sur le cul en écou­tant et en ré­écou­tant 2000 fois l’al­bum de Stro­mae, confie-t-il. Il écrit de fa­çon tel­le­ment per­ti­nente, per­cu­tante, in­tel­li­gente… J’ai com­pris la re­cette. Elle est tel­le­ment in­tel­li­gente qu’elle n’est pas ré­cu­pé­rable. Je ne veux pas faire du Stro­mae, mais il y a quelque chose là­de­dans qui m’ins­pire beau­coup», dit-il.

Mu­si­ca­le­ment, il a en­vie d’al­ler vers un son plus mo­derne, un peu élec­tro, mais sans tom­ber dans les an­nées 80.

Du cô­té des textes, il dit vou­loir al­ler plus loin. «J’ai en­vie de creu­ser plus, de dire plus, de sor­tir du “je-me-moi” et d’al­ler un peu plus vers le “nous”, ex­plique-t-il. C’est un truc que je trouve im­por­tant et dif­fi­cile. J’ai en­vie de me bot­ter le cul parce que, na­tu­rel­le­ment, j’écris tou­jours au “je”. Mais c’est d’al­ler au-de­là de ça et de chan­ger le point de vue, d’es­sayer d’être ob­ser­va­teur. Je pense que c’est ça, ma job. Es­sayer d’être un peu plus in­ci­sif, tout en étant poé­tique.»

PIA­NO INS­TRU­MEN­TAL

Alex Nevs­ky a ré­cem­ment ren­con­tré Luc Pla­mon­don pour dis­cu­ter chan­son. «Je suis al­lé chez lui. On s’est juste dit qu’on vou­lait écrire une chan­son en­semble, ra­conte-t-il. On s’est ren­con­trés au ga­la de la SOCAN et je lui ai dit que ce se­rait le fun que la vieille école rencontre la nou­velle. Je ne sais pas si ça va se faire, c’est tou­jours une ques­tion de temps.»

Entre le lan­ce­ment en France, le troi­sième al­bum et tous les fes­ti­vals cet été, le musicien n’au­ra pas beau­coup de temps, mais il ca­resse tout de même l’idée de lan­cer, à l’au­tomne, un al­bum de pia­no ins­tru­men­tal, une collaboration avec le réa­li­sa­teur d’Hi­ma­laya mon amour, Alex McMa­hon.

Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il a as­sez d’idées pour se gar­der oc­cu­pé pour les pro­chaines an­nées. Sa car­rière d’es­corte mâle de­vra at­tendre.

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