SEPT ANS DE BON­HEUR

Le Journal de Montreal - Weekend - - CINÉMA -

Mad Men

Ja­nua­ry Jones se sou­vient très bien de la pre­mière fois où elle s’est glis­sée dans les ha­bits de Bet­ty. Et pour cause. L’ac­trice de 37 ans n’était même pas cer­taine de re­ve­nir pour un se­cond épi­sode! «J’ai tour­né une seule scène pour la toute fin du pi­lote, et on ne sa­vait pas du tout ce qui al­lait se pas­ser en­suite», a-t-elle confié au Jour­nal, lors d’une entrevue à l’hô­tel Four Sea­sons de Be­ver­ly Hills. «Il a dû s’écou­ler un an entre le pi­lote et le tour­nage du deuxième épi­sode de la pre­mière sai­son. À l’époque, j’igno­rais tout du rôle qu’al­lait avoir Bet­ty dans la série. Et quand j’ai eu le scé­na­rio du deuxième épi­sode, j’ai dé­cou­vert qu’elle était de toutes les scènes, avec Don (Jon Hamm)».

FAIRE LE DEUIL

Sept ans après, on peut dire, sans hé­si­ter, que Bet­ty a chan­gé sa vie. «Elle a fait tel­le­ment pour moi et ma car­rière que c’était for­cé­ment un peu dif­fi­cile de lui dire adieu. J’ai ado­ré par­ler en son nom et ra­con­ter son his­toire, mais c’était aus­si le bon mo­ment pour en fi­nir», a-t-elle ajou­té.

Avant même la dif­fu­sion de la sep­tième sai­son de Mad Men, Ja­nua­ry Jones avait d’ailleurs dé­jà tour­né la page. On l’a ain­si vue cette an­née aux cô­tés du tru­blion Will Forte, dans la nou­velle série de la FOX, The Last Man on Earth, avec un rôle bien dif­fé­rent de ce­lui de Bet­ty. «Ç’a consti­tué une bonne thé­ra­pie pour faire le deuil de Mad Men, nous a-t-elle avoué. Tour­ner dans une co­mé­die aus­si drôle et faire quelque chose de si dif­fé­rent où on m’of­frait la pos­si­bi­li­té de beau­coup im­pro­vi­ser de­vant la ca­mé­ra, ç’a été très ra­fraî­chis­sant pour moi».

Pour au­tant, Ja­nua­ry Jones n’a pas peur qu’on l’as­so­cie pour tou­jours à Bet­ty. «Il y a quand même plus grave dans la vie», a-telle dit, avec un grand sou­rire. «Je suis très fière d’avoir fait par­tie de cette aven­ture, et je pré­fère qu’on se sou­vienne de moi uni­que­ment pour ce rôle que pour quelque chose de bien pire». Ce­la n’em­pêche pas l’ac­trice – elle-même ma­man d’un pe­tit gar­çon, Xan­der, né en 2013 – d’être la pre­mière à re­con­naître que Bet­ty n’a pas tou­jours été une bonne mère dans la série. «Cer­tains ont pu dire qu’elle n’était pas faite pour avoir des en­fants, mais à titre per­son­nel, j’étais heu­reuse qu’elle ne soit pas un pa­rent exem­plaire. Son cô­té mau­vaise mère, c’est ce que je pré­fé­rais jouer chez elle!»

JUS­QU’AU BOUT DES ONGLES

On se sou­vien­dra aus­si cer­tai­ne­ment de Bet­ty pour ses mains im­pec­ca­ble­ment ma­nu­cu­rées, en train d’al­lu­mer ner­veu­se­ment une ci­ga­rette. «Tous les dix jours, je de­vais al­ler au sa­lon pour faire des re­touches du­rant les tour­nages. Du coup je ne prends plus au­cun plai­sir à me faire une ma­nu­cure-pé­di­cure. Ce n’est plus du tout fun ou apai­sant pour moi», nous a-t-elle avoué. «Le plus drôle, c’est qu’un jour, je me suis re­trou­vée dans un sa­lon, as­sise près d’une cliente qui a dit, “Je veux les ongles de Bet­ty!”, sans sa­voir que j’étais là, juste à cô­té. C’est très in­té­res­sant de voir l’im­pact qu’a pu avoir Mad Men sur la vie des gens».

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.