DES BOXEURS AU CI­NÉ­MA

Le film de boxe est une dis­ci­pline à part en­tière. Dans la peau du Gau­cher (en salles le 24 juillet), Jake Gyl­len­haal compte bien ri­va­li­ser – à dé­faut de les dé­trô­ner – avec les cham­pions toutes ca­té­go­ries du genre.

Le Journal de Montreal - Weekend - - CINÉMA - Malik Co­che­rel

COMME UN TAU­REAU SAU­VAGE de Mar­tin Scor­sese (1980) :

Pour cam­per le lé­gen­daire Jake LaMot­ta au grand écran, Robert De Ni­ro a tra­vaillé, tous les jours, de 1978 à 1979, avec le cham­pion des poids moyens. LaMot­ta a été im­pres­sion­né par l’en­ga­ge­ment de l’ac­teur, qui a ac­quis de vé­ri­tables ré­flexes de pro­fes­sion­nel sur le ring. «Si j’avais à le clas­ser, je le met­trais dans les vingt pre­miers poids moyens du monde», a-t-il dé­cla­ré. Le film re­trace l’as­cen­sion ful­gu­rante du boxeur, mais ra­conte aus­si la triste dé­chéance d’un cham­pion qui a tou­jours vé­cu sur la corde raide. Pour fil­mer cette des­cente aux en­fers, De Ni­ro a éga­le­ment don­né de sa per­sonne en pre­nant pas moins de 66 lb en 4 mois. Tout sim­ple­ment le meilleur film des an­nées 1980 se­lon les cri­tiques amé­ri­cains.

RO­CKY de John G. Avild­sen (1976) :

C’est en vi­sion­nant, en 1975, le com­bat de boxe op­po­sant Mo­ha­med Ali au mo­deste Chuck Wep­ner que Syl­ves­ter Stal­lone a eu l’idée du scé­na­rio de Ro­cky. Ce com­bat en ap­pa­rence to­ta­le­ment dés­équi­li­bré, avait te­nu en ha­leine l’Amé­rique, Wep­ner ayant réus­si l’ex­ploit de ri­va­li­ser avec le cham­pion jus­qu’au der­nier round, où il fut fi­na­le­ment mis K.-O.. Cette ré­sis­tance hé­roïque al­lait ain­si de­ve­nir celle de l’«éta­lon ita­lien» Ro­cky Bal­boa, un mo­deste boxeur is­su des quar­tiers po­pu­laires de Phi­la­del­phie ame­né à com­battre le cham­pion du monde des poids lourds, Apol­lo Creed. Au fi­nal, Ro­cky a per­du le com­bat, mais a ga­gné le coeur d’Adrian (son grand amour joué par la soeur de Fran­cis Ford Cop­po­la) et trois Os­cars (dont ce­lui du meilleur film).

ALI de Mi­chael Mann (2002) :

Per­sonne n’au­rait pu croire que Will Smith, l’ex­grin­ga­let du Prince de Bel-Air, se mon­tre­rait aus­si convain­cant dans la peau du grand Mo­ha­med Ali. De l’aveu même de l’ac­teur, le plus dur n’a pas été de prendre 40 lb pour épou­ser la car­rure du cham­pion, mais d’ar­ri­ver à cap­ter la men­ta­li­té et l’in­ten­si­té d’Ali. Et Will peut être fier de lui. Conseiller tech­nique sur le pla­teau du film, l’ex-en­traî­neur d’Ali, An­ge­lo Dun­dee, a ra­con­té qu’il avait l’im­pres­sion de voir son an­cien pou­lain en per­sonne en as­sis­tant aux séances d’en­traî­ne­ment de l’ac­teur. Dans un sou­ci d’au­then­ti­ci­té, Mi­chael Mann avait de­man­dé au boxeur Charles Shuf­ford (qui in­ter­prète George Fo­re­man dans le film) de por­ter ses coups comme dans un vrai com­bat quand il était face à Will Smith. Ce der­nier avait donc tout in­té­rêt à développer le même sens de l’es­quive qu’Ali.

LA FILLE À UN MIL­LION DE DOL­LARS de Clint East­wood (2004) :

Hi­la­ry Swank n’a eu que trois pe­tits mois pour se pré­pa­rer à en­fi­ler les gants et jouer cette jeune femme bien dé­ter­mi­née à en dé­coudre sur le ring, mal­gré les ré­ti­cences de son en­traî­neur. L’ac­trice a tra­vaillé avec l’un des meilleurs coachs au monde, Hec­tor Roca, qui s’est oc­cu­pé de nom­breux cham­pions, dont le re­gret­té Ar­tu­ro Gat­ti. L’in­ter­prète de Mag­gie a éga­le­ment eu pour spar­ring-part­ner la qua­druple cham­pionne du monde Lu­cia Rij­ker, avant d’être ré­com­pen­sée pour tous ses ef­forts par l’Os­car de la meilleure ac­trice. De son cô­té, coach Clint est re­par­ti avec la sta­tuette du meilleur réa­li­sa­teur pour ce film de boxe met­tant, pour une fois, une femme à l’hon­neur.

LE COUP DE GRÂCE de Da­vid O. Rus­sell (2010) :

Le film re­vient sur le par­cours du boxeur de lé­gende Mi­cky Ward, cham­pion du monde après avoir rac­cro­ché les gants après une suc­ces­sion de dé­faites. Mark Wahl­berg rê­vait tel­le­ment de ce rôle qu’il a com­men­cé à s’en­traî­ner avant même que le projet du film soit va­li­dé. «Chaque jour, je m’en­traî­nais pour de­ve­nir Mi­cky Ward. Je vou­lais être cré­dible dans tous les as­pects du rôle, y com­pris sur le ring. Je ne vou­lais pas comp­ter sur le mon­tage ou la cho­ré­gra­phie. Je vou­lais jouer le rôle pour de vrai», a confié l’ac­teur, qui a éga­le­ment eu la chance d’af­fron­ter le vrai Mi­cky Ward sur un ring, du­rant sa pré­pa­ra­tion. Le film vaut aus­si pour Ch­ris­tian Bale os­ca­ri­sé pour sa pres­ta­tion hal­lu­ci­nante dans la peau du frère dro­gué du boxeur.

Ro­cky

Le coup de grâce

La fille à un mil­lion de dol­lars

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