OSHEA­GA 10 ans dé­jà !

Le fes­ti­val Oshea­ga cé­lèbre ses 10 ans cette an­née. En une dé­cen­nie, le ren­dez-vous mont­réa­lais est pas­sé d’un pe­tit fes­ti­val presque lo­cal à un évé­ne­ment qui joue dans les grandes ligues nord-amé­ri­caines, avec des concerts de Cold­play, Jack White, Beck,

Le Journal de Montreal - Weekend - - LA UNE - Ra­phaël Gendron-Mar­tin RA­PHAEL.GENDRON-MAR­TIN@QUE­BE­COR­ME­DIA.COM PHO­TOS COUR­TOI­SIE, TIM SNOW, PA­TRICK BEAU­DRY ET D’AR­CHIVES, CHARLES WILLIAM PEL­LE­TIER, JOEL LE­MAY

BEN HAR­PER SOUS LA PLUIE BAT­TANTE POUR LA PRE­MIÈRE ÉDI­TION 2006

La pre­mière édi­tion d’Oshea­ga s’est dé­rou­lée de fa­çon plu­tôt mo­deste pour l’or­ga­ni­sa­teur even­ko. Ayant lieu le wee­kend de la fête du Tra­vail, les 2 et 3 sep­tembre, le fes­ti­val avait at­ti­ré 15 000 per­sonnes en deux jours.

Alors que So­nic Youth avait conclu la pre­mière jour­née, c’est Ben Har­per qui s’est char­gé de mettre un terme au fes­ti­val, le di­manche. Le spec­tacle, qui s’est dé­rou­lé sous la pluie bat­tante, s’est avé­ré bien mar­quant.

«Quand nous avons com­men­cé le fes­ti- val, nous étions une équipe de 15 à 20 per­sonnes maxi­mum», se sou­vient Nick Far­kas, vice-pré­sident aux concerts et évé­ne­ments chez even­ko et pro­gram­ma­teur d’Oshea­ga. «Je te­nais à avoir Ben Har­per au fes­ti­val et je suis content qu’il soit ve­nu. On le ra­mène au fes­ti­val cette an­née pour faire un clin d’oeil à cette pre­mière édi­tion.»

COLD­PLAY FAIT EN­TRER LE FES­TI­VAL DANS LES GRANDES LIGUES 2009

Après une troi­sième édi­tion, en 2008, qu’on avait dé­pla­cée au pre­mier wee­kend du mois d’août (date qu’il conserve tou­jours, de­puis), Oshea­ga avait frap­pé un grand coup, l’an­née sui­vante, avec le spec­tacle de Cold­play.

«Le spec­tacle sous les feux d’ar­ti­fice était ma­gique, dit Nick Far­kas. Les an- nées d’avant, Oshea­ga était un fes­ti­val que per­sonne ne connais­sait vrai­ment. Les gens n’étaient même pas ca­pables de pro­non­cer le nom! Le spec­tacle de Cold­play nous a si­tués à un autre ni­veau. Tout à coup, les gens ont eu connais­sance du fes­ti­val.»

YEAH YEAH YEAHS REM­PLACE LES BEAS­TIE BOYS AU PIED LE­VÉ 2009

En plus de Cold­play, ce qui a aus­si gran­de­ment fait ja­ser lors de cette qua­trième édi­tion, c’est le dé­sis­te­ment à la der­nière mi­nute des Beas­tie Boys. Le trio de rap­peurs de­vait être l’autre tête d’af­fiche du week-end, mais il a dû dé­cla­rer for­fait en rai­son de l’an­nonce du can­cer d’Adam Yauch.

«Quand j’ai re­çu l’ap­pel, j’ai com­pris qu’il n’y avait rien d’autre d’im­por­tant. C’était hor­rible comme nou­velle pour eux», dit Nick Far­kas. «J’ai ra­pi­de­ment réuni mon équipe, car le fes­ti­val com­men­çait deux jours après! On a contac­té les Yeah Yeah Yeahs et ils ont em­bar­qué.»

Au fi­nal, entre 200 et 500 per­sonnes se sont fait rem­bour­ser après l’an­nu­la­tion des Beas­tie Boys. «On pen­sait que ça al­lait être beau­coup plus que ça», dit Nick Far­kas. «Mais ça dé­mon­trait que le reste de la pro­gram­ma­tion était in­té­res­sant aus­si».

AR­CADE FIRE UN AR­TISTE LO­CAL EN TÊTE D’AF­FICHE DU FES­TI­VAL 2010

Pour sa cin­quième édi­tion, Oshea­ga a confié l’une des cases de tête d’af­fiche au groupe lo­cal Ar­cade Fire. «C’était très im­por­tant pour la pro­gres­sion du fes­ti­val», dit Nick Far­kas. «On avait fait des pro­po­si­tions au groupe de­puis le dé­but, mais ça ne mar­chait pas avec leur ho­raire et ce qu’ils vou­laient faire pour Mon­tréal, car c’est un mar­ché su­per im­por­tant pour eux».

Tout juste après la pres­ta­tion de The Na­tio­nal, les membres d’Ar­cade Fire avaient pris pos­ses­sion de la scène prin­ci­pale du Parc Jean-Dra­peau pour li­vrer un concert mé­mo­rable. «Les gens en parlent en­core au­jourd’hui», dit Nick Far­kas.

LE CHAN­TEUR DE WEE­ZER SE PAIE UN BAIN DE FOULE 2010

Un spec­tacle que per­sonne n’at­ten­dait en 2010: ce­lui de Wee­zer. Et pour­tant! La bande de Ri­vers Cuo­mo a pro­ba­ble­ment

ser­vi le concert du week-end, cette an­née-là. «Wee­zer, on les avait dé­jà pro­duits au Spec­trum et au Mé­tro­po­lis», dit Nick Far­kas. «C’était un groupe qui jouait bien live, mais sans plus. Ils of­fraient une bonne pres­ta­tion, mais ja­mais aus­si in­croyable que ce spec­tacle à Oshea­ga.»

Vi­si­ble­ment très en forme, le chan­teur Cuo­mo s’était pro­me­né sous la scène, du­rant le concert, avant d’al­ler faire un bain de foule im­promp­tu dans les gra­dins. «Pour moi, c’était du ja­mais vu», dit Nick Far­kas.

EL­VIS COS­TEL­LO JOUE DE­VANT UNE POI­GNÉE DE SPEC­TA­TEURS

2011

En 2011, alors que le fes­ti­val pre­nait de plus en plus d’am­pleur, les or­ga­ni­sa­teurs ont es­suyé un re­la­tif échec avec le spec­tacle de la tête d’af­fiche, El­vis Cos­tel­lo, qui n’a été re­gar­dé que par une poi­gnée de spec­ta­teurs. «On re­mar­quait que notre clien­tèle ra­jeu­nis­sait, mais c’est cette an­née­là qu’on l’a vrai­ment réa­li­sé», dit Nick Far­kas. «On ne va ja­mais ar­rê­ter de pro­gram­mer un El­vis Cos­tel­lo, mais on va le pla­cer dans les meilleures si­tua­tions pos­sible.» Quelques an­nées plus tard, Far­kas pla­çait Nick Cave toute juste avant Jack White et New Or­der avant Mum­ford and Sons.

EMINEM AMÈNE LE RAP À L’AVANT-PLAN

2011

Le spec­tacle d’Eminem en 2011 est «le mo­ment le plus mar­quant de l’his­toire du fes­ti­val», se­lon Nick Far­kas. Cette an­née-là, l’évé­ne­ment était pas­sé de deux à trois jours et il y avait for­cé­ment eu une mon­tée de l’acha­lan­dage. «C’est aus­si la pre­mière fois qu’on a ac­cueilli 40 000 per­sonnes en une jour­née. On a éga­le­ment re­mar­qué que les gens étaient ar­ri­vés en après-mi­di, pour voir d’autres spec­tacles. Ils n’étaient pas seule­ment ve­nus pour Eminem.»

L’an­née sui­vante, Oshea­ga se dé­rou­lait en­core sur trois jours et af­fi­chait com­plet pour la pre­mière fois de son his­toire.

OF MONSTERS AND MEN

SUS­CITE LA CO­HUE

2012

En 2012, l’équipe d’Oshea­ga a eu une autre prise de conscience avec le spec­tacle d’Of Monsters and Men qui a cau­sé un énorme bou­chon sur le site. Le groupe is­lan­dais avait été pla­cé sur la Scène Verte plu­tôt que sur l’une des deux scènes prin­ci­pales. Une er­reur compte te­nu de la ré­cente po­pu­la­ri­té de la for­ma­tion.

«Of Monsters and Men, Fun. et Macklemore sont des exemples de groupes que nous avons pro­gram­més alors qu’ils n’avaient même pas de chan­sons à la ra­dio», dit Nick Far­kas. «Et en dix mois, ils sont de­ve­nus très gros. De­puis ce temps­là, on a des ren­contres pour pré­dire les mou­ve­ments de foule du­rant la jour­née en fonc­tion des groupes qui jouent. On es­saie aus­si de faire l’ho­raire fi­nal des scènes le plus tard pos­sible, au cas où un ar­tiste de­vient plus po­pu­laire. C’est le cas cette an­née avec George Ez­ra.»

BECK LIVRE UN CONCERT MÉ­MO­RABLE

2013

Ar­tiste ap­pré­cié de plu­sieurs gé­né­ra­tions, Beck a re­çu une in­vi­ta­tion à se pro­duire à Oshea­ga chaque an­née de­puis les dé­buts de l’évé­ne­ment. L’ar­tiste avait tou­jours re­fu­sé jus­qu’à l’an­née 2013. «C’était une sur­prise pour moi, dit Nick Far­kas. Je ne m’at­ten­dais pas à ce qu’il dise oui. Et le spec­tacle qu’il a don­né a été in­croyable.»

Mal­gré la pluie, les mil­liers de spec­ta­teurs sont res­tés au concert pour voir l’ar­tiste amé­ri­cain li­vrer ses plus grands suc­cès. Un spec­tacle qui est en­tré dans les an­nales.

OUTKAST POUR LA PRE­MIÈRE FOIS À MON­TRÉAL

2014

La po­pu­laire for­ma­tion n’avait ja­mais don­né de concert à Mon­tréal et ce pas­sage mar­quait aus­si le re­tour du duo après un ar­rêt de sept ans.

«Même si le groupe avait joué dans 20 autres fes­ti­vals l’été der­nier, on était très contents de les avoir», dit Nick Far­kas. «Et les deux mu­si­ciens ont vrai­ment ai­mé leur soi­rée. J’ai su qu’im­mé­dia­te­ment après être sor­tis de scène, ils ont de­man­dé si le spec­tacle avait été en­re­gis­tré, car ils vou­laient le re­voir.»

Ben Har­per

Yeah Yeah Yeahs

Cold­play

Eminem

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