LA GUI­TA­RISTE DES VUL­GAIRES EN SO­LI­TAIRE

De­puis près de 20 ans, Ma­rie-Ève Roy fait par­tie du groupe punk Vul­gaires Ma­chins. Pour la pre­mière fois de sa car­rière, la mu­si­cienne se per­met un pro­jet en so­lo, ins­pi­ré par un voyage en Nou­velle-Zé­lande. Le Jour­nal lui a po­sé quelques ques­tions.

Le Journal de Montreal - Weekend - - MUSIQUE - Ra­phaël Gen­dron-Martin Le Jour­nal de Mon­tréal ra­phael.gen­dron-martin @que­be­cor­me­dia.com

Tu pen­sais à ce pro­jet-là de­puis com­bien de temps?

«Ça fai­sait un bout que l’idée me trot­tait dans la tête. J’avais com­men­cé le tra­vail il y a quelques an­nées, mais j’avais dû mettre ça de cô­té à cause du tra­vail avec les Vul­gaires.» Le chan­teur des Vul­gaires, Guillaume Beau­re­gard, a re­çu de très bonnes cri­tiques pour son propre al­bum so­lo. Est-ce que ce­la t’a en­cou­ra­gée à te lan­cer toi­même dans cette aven­ture? «Ça n’a pas vrai­ment eu d’in­fluence. Je voyais plus ça comme un dé­fi per­son­nel. J’avais juste le goût d’al­ler au bout de ce pro­jet-là par moi-même.»

Où as-tu pui­sé ton ins­pi­ra­tion pour tes chan­sons?

«J’ai fait un voyage en Nou­velle-Zé­lande, dé­but 2009. Je suis par­tie toute seule là­bas pen­dant un mois, avec une gui­tare. Je me suis mise à écrire plu­sieurs idées. C’est là que ç’a pris ra­cine. Après ça, on a fait deux al­bums des Vul­gaires. En 2013, j’ai res­sor­ti ça et je me suis mise à créer un al­bum com­plet avec les idées que j’avais ébau­chées en voyage.» De quelle fa­çon ce voyage-là t’a-t-il trans­for­mée? «Te re­trou­ver toute seule à l’autre bout du monde, on di­rait que tu re­gardes ta vie de loin. C’était un dé­fi de me re­trou­ver seule, d’af­fron­ter toutes mes peurs, de me re­con­nec­ter. Ç’a vrai­ment été un voyage qui m’a ins­pi­rée, qui m’a don­né le goût de pour­suivre mes pas­sions.» Étant as­so­ciée aux Vul­gaires Ma­chins de­puis tant d’an­nées, jus­qu’à quel point vou­lais-tu te dé­ta­cher du son du groupe avec cet al­bum? «J’ai fait abs­trac­tion des Vul­gaires. J’avais en­vie d’al­ler dans l’in­ti­mi­té, tant mu­si­ca­le­ment qu’avec les pa­roles. J’avais le goût de tra­vailler cette fa­cette-là, parce que je pense que tout part de l’in­ti­mi­té. J’avais en­vie de mu­sique qui con­sole, qui est douce. Ça fai­sait quelques an­nées que j’avais hâte à ça! (rires)» Tu as tra­vaillé avec Ju­lien Mi­neau, de Ma­la­jube. Com­ment s’est pas­sée la col­la­bo­ra­tion? «Très bien. Il a tout fait avec moi sur l’al­bum. Je l’ai ren­con­tré parce qu’il re­ta­pait de vieux pia­nos élec­triques. C’était mon point de dé­part comme ins­tru­ment parce que j’avais en­vie de quelque chose de plus feu­tré et aé­rien. Je lui ai ache­té un pia­no et il m’a in­vi­tée à en­re­gis­trer des chan­sons chez lui. C’est comme ça que tout a com­men­cé. Il a joué beau-beau­coup d’ins­tru­ments sur mon al­bum.»

Est-ce que Vul­gaires Ma­chins et Ma­la­jube ont joué sou­vent en­semble en concert?

«Pas beau­coup. Je ne connais­sais pas vrai­ment Ju­lien, en fait. On s’était croi­sés quelques fois, mais on n’avait ja­mais eu le temps de par­ler en­semble, d’échan­ger. C’est étrange parce qu’on me­nait nos car­rières en même temps, les deux groupes. On a dû jouer en­semble dans deux fes­ti­vals, sans plus.» À quoi fait ré­fé­rence le titre de l’al­bum, Bleu Nel­son? «Nel­son, c’est une ville en Nou­velle-Zé­lande. C’est la pre­mière ville où je suis al­lée au cours de mon voyage. Et bleu, c’est lié à toute la «poé­sie nau­tique» que j’uti­lise dans mes chan­sons. Je fais sou­vent ré­fé­rence à l’eau, au mou­ve­ment de la mer.» Écrire en so­lo donne-t-il un peu le ver­tige, quand on a la li­ber­té de prendre toutes les dé­ci­sions?

As-tu pré­vu une tour­née avec ce pro­jet so­lo?

«Pas pour l’ins­tant. Je vais faire des spec­tacles ici et là, mais pas une tour­née à pro­pre­ment par­ler. Je vais at­tendre de voir l’ac­cueil que l’on fe­ra à l’al­bum.»

En­fin, qu’ar­rive-t-il avec Vul­gaires Ma­chins?

«On va jouer au Rock­fest de Mon­te­bel­lo le 24 juin. Ce se­ra notre seul show de l’an­née. On avait en­vie de faire un show, mais on n’est pas en­core prêts à re­prendre le flam­beau des Vul­gaires. On veut lais­ser vivre nos car­rières so­los. Et sur­tout on n’a pas en­vie de se ré­pé­ter. On va juste se faire du fun, cet été!» L’al­bum de Ma­rie-Ève Roy, Bleu Nel­son, est pré­sen­te­ment sur le mar­ché.

Alors que son groupe Vul­gaires Ma­chins est pré­sen­te­ment en pause, Ma­rie-Ève Roy en a pro­fi­té pour lan­cer un al­bum so­lo.

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