MA­GNÉ­TIQUE CATE BLAN­CHETT

Le Journal de Montreal - Weekend - - CINÉMA -

In­jus­te­ment bou­dé aux Os­cars, le ma­gni­fique met une fois de plus en lu­mière l’ex­tra­or­di­naire ta­lent de Cate Blan­chett. À l’oc­ca­sion de la sor­tie en DVD et en VSD du poi­gnant film de Todd Haynes, Me­dia­film te­nait à rendre hom­mage à la grande ac­trice aus­tra­lienne, à tra­vers ses oeuvres les plus mé­mo­rables.

ELI­ZA­BETH (1998)

Ca­rol

Au XVIe siècle, l’ap­pren­tis­sage du pou­voir par la reine Eli­za­beth, dans une An­gle­terre dé­chi­rée par les conflits re­li­gieux. – Cate Blan­chett com­pose avec un mé­lange de charme et de puis­sance une inou­bliable sou­ve­raine en de­ve­nir, dans ce puis­sant drame his­to­rique de She­khar Ka­pur ( Ban­dit Queen, Les quatre plumes). Contrai­re­ment à l’ima­ge­rie tra­di­tion­nelle, son Eli­za­beth est très fé­mi­nine et d’une grande vitalité, tout en fai­sant montre d’une grande force de ca­rac­tère, in­dis­pen­sable à toute femme de­vant ré­gner dans un monde d’hommes. En 2007, le peu pro­li­fique Ka­pur réa­lise une suite, Eli­za­beth – L’âge d’or, qui a connu un ac­cueil cri­tique plus tiède.

L’AVIA­TEUR (2004)

La vie du pro­duc­teur, avia­teur et chef d’en­tre­prise Ho­ward Hu­ghes, de 1927 jus­qu’au mi­lieu des an­nées 1940. – Martin Scor­sese re­trouve son ac­teur fé­tiche Leo­nar­do DiCa­prio ( Les gangs de New York, Agents troubles, Shut­ter Is­land, Le loup de Wall Street), au som­met de sa forme pour cette évo­ca­tion pas­sion­nante, riche en mor­ceaux de bra­voure, du par­cours du cé­lèbre play­boy mil­liar­daire, dont l’exis­tence fut em­poi­son­née par de graves troubles ob­ses­sion­nels com­pul­sifs. Dans le rôle de Ka­tha­rine Hep­burn, l’une des conquêtes de Hu­ghes, Cate Blan­chett offre une per­for­mance pé­tu­lante à sou­hait, qui lui a va­lu l’Os­car du meilleur se­cond rôle

fé­mi­nin.

L’ÉTRANGE HIS­TOIRE DE BEN­JA­MIN BUT­TON (2008)

Aban­don­né à sa nais­sance en 1918 parce qu’il res­semble à un hor­rible vieillard, Ben­ja­min But­ton est re­cueilli par la pro­prié­taire d’un hos­pice de la Nou­vel­leOr­léans. Cel­le­ci l’élève et constate, au fil des ans, qu’il ra­jeu­nit. – Da­vid Fin­cher ( Fight Club, Les ap­pa­rences) signe une adap­ta­tion su­blime et so­bre­ment in­so­lite d’une nou­velle de Fran­cis Scott Fitz­ge­rald ( Gats­by le ma­gni­fique), dont la mise en scène s’avère tex­tu­rée et riche en dé­tails. Brad Pitt se sur­passe dans un rôle exi­geant, brillam­ment se­con­dé par Cate Blan­chett, ado­rable en bal­le­rine qui vi­vra une grande his­toire d’amour avec Ben­ja­min, lorsque leurs âges se croi­se­ront.

JAS­MINE FRENCH (2013)

Jas­mine, New-Yor­kaise mon­daine ayant tout per­du après l’ar­res­ta­tion pour fraude de son riche ma­ri, échoue à San Fran­cis­co chez Gin­ger, sa mo­deste soeur adop­tive, qui l’ac­cueille à bras ou­verts. En proie à la dé­pres­sion, Jas­mine s’in­cruste. – L’ex­cel­lente Cate Blan­chett trace la ligne de force de cette va­ria­tion par Woo­dy Al­len ( Man­hat­tan, L’homme ir­ra­tion­nel) sur les mo­tifs de la pièce Un tram­way nom­mé dé­sir de Ten­nes­see Williams. Ré­com­pen­sée par un Os­car, sa com­po­si­tion riche et com­plexe d’une gi­rouette dans le dé­ni dé­passe d’une tête un film sombre, dur et drôle, au charme ré­so­lu­ment trom­peur.

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