VIVRE LE MO­MENT PRÉ­SENT

Avec Es­prit Libre, Ni­co­la Ciccone lance «toutes sortes de cris du coeur». Il y chante son ur­gence de vivre, le dé­cès de son père, mais éga­le­ment son in­quié­tude pour la langue de Mo­lière. «Le fran­çais est en dan­ger au Qué­bec. Si on ne dé­fend pas cette lang

Le Journal de Montreal - Weekend - - MUSIQUE - Bru­no La­pointe Le Jour­nal de Mon­tréal

Ni­co­la Ciccone ne voit pas d’un bon oeil la vo­lon­té des ra­dios d’abais­ser le quo­ta de mu­sique fran­co­phone sur leurs ondes. Il a donc écrit une pièce pour dé­non­cer la si­tua­tion, Cette chan­son-là, elle joue­ra pas à la ra­dio, pro­po­sée en clô­ture d’al­bum.

«On ne parle pas de ré­duire ces quo­tas de 5 %; le pro­jet vise à les ré­duire [presque] de moi­tié. C’est énorme. On ne pour­ra ja­mais se re­le­ver d’un tel chan­ge­ment», ex­plique le chan­teur.

UNE UR­GENCE DE VIVRE

Dans les bacs de­puis hier, Es­prit Libre est por­té par le pre­mier ex­trait, J’veux pas mou­rir avant d’être mort, lan­cé en jan­vier der­nier. Il y a dé­jà trois ans que Ni­co­la Ciccone en a écrit les pre­mières rimes, ins­pi­rées par son ur­gence de vivre plei­ne­ment chaque se­conde de son exis­tence.

«Dès notre nais­sance, on de­vrait nous dire qu’on vit sur du temps em­prun­té. Je veux vivre jus­qu’à 100 ans. Mais je sais que même si j’at­teins cet âge, je n’au­rai pas eu le temps de faire tout ce que je vou­lais. D’où l’im­por­tance de ne pas s’en­dor­mir dans la rou­tine», ex­plique le chan­teur.

EN HOM­MAGE À SON PÈRE

Les titres de son nou­vel opus ont tous été ins­pi­rés par des ex­pé­riences que Ni­co­la Ciccone a vé­cues au cours des der­nières an­nées. On y re­trouve donc Oh toi mon père, pièce écrite après le dé­cès de son père il y a quelques mois. Après l’avoir ac­com­pa­gné jus­qu’à son der­nier souffle, le chan­teur a dû prendre un cer­tain re­cul avant de trou­ver les mots justes pour lui rendre hom­mage.

«Je ne vou­lais pas faire une chan­son triste; je vou­lais qu’elle soit lu­mi­neuse, por­teuse d’es­poir. Mais sur le coup, c’est un pro­ces­sus très dif­fi­cile à vivre. On se trouve face à un di­lemme: d’un cô­té, on veut gar­der cette per­sonne qu’on aime près de nous alors que, d’un autre cô­té, on ne veut plus la voir souf­frir. Fi­na­le­ment, je l’ai lais­sé par­tir, mais j’ai te­nu sa main jus­qu’à la fin», évoque-t-il, vi­si­ble­ment ému.

GUÉ­RIR DE­VANT LE PU­BLIC

Le chan­teur re­doute dé­jà le mo­ment où il de­vra li­vrer cette chan­son sur scène. En ré­pé­ti­tion, Ni­co­la Ciccone peine à ter­mi­ner cette pièce sans cra­quer.

«Mon deuil, je le vis en­core chaque jour; je porte mon émo­tion à fleur de peau. Je sais que, avec le temps, je vais fi­nir par avoir un cer­tain dé­ta­che­ment, mais pour le mo­ment, je sais que c’est de­vant le pu­blic que je vais gué­rir», conclut-il. Ni­co­la Ciccone se­ra en spec­tacle à Trois-Ri­vières le 2 avril pro­chain. Pour les autres dates, consul­tez son site www.ni­co­la­cic­cone.com

Après un al­bum en an­glais, puis en ita­lien, Ni­co­la Ciccone pro­pose au­jourd’hui Es­prit Libre, un nou­vel opus en­tiè­re­ment fran­co­phone.

PHO­TO COUR­TOI­SIE

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