Un al­bum mar­quant pour Kiss

Le Journal de Montreal - Weekend - - MUSIQUE - Yves Le­clerc yves.le­clerc @que­be­cor­me­dia.com

Avec trois al­bums stu­dio et un disque en spec­tacle, Kiss connais­sait un dé­but de car­rière in­té­res­sant de­puis sa créa­tion en 1974. L’al­bum

Des­troyer, qui fête ses 40 ans, a per­mis aux mu­si­ciens ma­quillés d’évo­luer et d’at­teindre de nou­veaux som­mets de po­pu­la­ri­té.

L’al­bum Des­troyer, lan­cé le 15 mars 1976, qui contient les Shout it Out Loud, De­troit Rock Ci­ty, Beth et God of Thun­der, a été la pre­mière col­lec­tion de chan­sons du qua­tuor amé­ri­cain à at­teindre le mil­lion de co­pies ven­dues au pays de l’Oncle Sam.

Les groupes rock étaient par­ti­cu­liè­re­ment pro­li­fiques à cette époque et Des­troyer est ar­ri­vé en ma­ga­sins six mois après l’al­bum en spec­tacle Alive! et un an après le disque Dres­sed to Kill.

La for­ma­tion consti­tuée, à l’époque, de Pe­ter Criss, Ace Freh­ley, Gene Sim­mons et Paul Stan­ley, peut re­mer­cier le réa­li­sa­teur ca­na­dien Bob Ez­rin de leur avoir per­mis de pas­ser à un autre ni­veau et d’at­teindre les ligues ma­jeures.

Ez­rin, qui avait pro­duit coup sur coup les al­bums Love it to Death, Killer, School’s Out, Bil­lion Dol­lar Ba­bies et Wel­come to My Night­mare d’Alice Coo­per, a même été très au­to­ri­taire en­vers les quatre membres du groupe new-yor­kais.

Kiss connais­sait un cer­tain suc­cès, mais l’éti­quette Ca­sa­blan­ca n’était pas du tout cer­taine que le groupe puisse du­rer. Ce qui ex­plique, d’une cer­taine fa­çon, le contrat de deux ans que l’éti­quette ve­nait d’ac­cor­der à la for­ma­tion.

« Des­troyer fut, pour Kiss, un bond pro­di­gieux. Nous étions, avant cet al­bum, un groupe de ga­rage et des cré­tins qui met­taient nos am­pli­fi­ca­teurs à 11. On ne connais­sait rien et on avait de la dif­fi­cul­té à ac­cor­der nos gui­tares», a ra­con­té Gene Sim­mons, dans une en­tre­vue ac­cor­dée au ma­ga­zine Rol­ling Stone.

UN CAMP MI­LI­TAIRE

Les membres de Kiss ont com­pa­ré les séances de tra­vail et d’en­re­gis­tre­ment avec Bob Ez­rin à un camp mi­li­taire. En plus de faire de l’en­sei­gne­ment mu­si­cal, le réa­li­sa­teur ca­na­dien uti­li­sait un sif­flet pour di­ri­ger ce qui se dé­rou­lait au Elec­tric La­dy Stu­dios de Green­wich Vil­lage. L’at­ti­tude très au­to­ri­taire d’Ez­rin a per­mis d’ame­ner Kiss à un tout autre ni­veau avec l’uti­li­sa­tion d’ef­fets so­nores, la pré­sence d’une sec­tion de cordes et d’un choeur d’en­fants sur cette pre­mière col­la­bo­ra­tion avec le qua­tuor. Il a même uti­li­sé une mé­lo­die pro­ve­nant d’une so­nate de Bee­tho­ven pour écri­ture la pièce Great Ex­pec­ta­tion.

«Il nous a aus­si ap­pris, pour­suit Paul Stan­ley, comment écrire de meilleurs textes. Ceux de nos pre­miers disques étaient uni­di­men­sion­nels, très sim­plistes et très axés sur la sexua­li­té.»

Dé­tail in­té­res­sant, le gui­ta­riste Dick Wa­gner, qui tra­vaillait avec Alice Coo­per, joue sur les titres Fla­ming Youth, Sweet Pain et Beth, que l’on re­trouve sur l’al­bum Des­troyer.

Ace Freh­ley, qui avait des pro­blèmes de consom­ma­tion d’al­cool et de drogues, était souvent ab­sent lors des ses­sions d’en­re­gis­tre­ment.

Beth, qui a été le simple de Kiss qui a connu le plus de suc­cès, avec une sep­tième po­si­tion sur les pal­ma­rès, a failli ne pas se re­trou­ver sur Des­troyer, n’eût été l’in­sis­tance du gé­rant Bill Au­coin.

Gene Sim­mons et Paul Stan­ley trou­vaient que cette pièce, chan­tée par le bat­teur Pe­ter Criss, ne ca­drait pas du tout avec le style de Kiss.

SUC­CÈS IN­AT­TEN­DU

Beth se re­trou­vait même sur la face B du 45 tours De­troit Rock Ci­ty, avant de de­ve­nir of­fi­ciel­le­ment un simple quelques se­maines plus tard.

Des­troyer a at­teint la qua­trième po­si­tion du pal­ma­rès sué­dois, il a été sixième au Ca­na­da et en Aus­tra­lie et 11e au pal­ma­rès amé­ri­cain. Kiss a ven­du, en tout, neuf mil­lions de co­pies de ce disque en ter­ri­toire amé­ri­cain.

« Des­troyer est un disque ci­né­ma­to­gra­phique. C’était, pour nous, comme pas­ser d’un for­mat tra­di­tion­nel de ci­né­ma à la tech­no­lo­gie IMAX. C’est un al­bum qui a très bien vieilli et où l’on re­trouve l’en­semble de la men­ta­li­té der­rière Kiss», a in­di­qué Paul Stan­ley au ma­ga­zine Rol­ling Stone.

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