UN CLIN D’ OEILÀLA MORT

La troupe théâ­trale Les éter­nels pi­gistes, qui a pro­duit de nom­breuses pièces et qui cé­lèbre cette an­née son ving­tième an­ni­ver­saire, se ques­tionne à tra­vers cette nou­velle créa­tion à sa­voir s’ils vont pour­suivre leur car­rière ar­tis­tique. Le titre de la pi

Le Journal de Montreal - Weekend - - THÉÂTRE - Louise Bour­bon­nais Col­la­bo­ra­tion spé­ciale louise.bour­bon­nais@que­be­cor­me­dia.com

Le qua­tuor ar­tis­tique com­po­sé de Ch­ris­tian Bé­gin, Isa­belle Vincent, Ma­rie Char­le­bois et Pier Pa­quette, qui tra­vaille en col­la­bo­ra­tion de­puis dé­jà vingt ans sur la scène théâ­trale, se pose de grandes ques­tions exis­ten­tielles. Main­te­nant qu’ils ont dé­pas­sé le cap de la cin­quan­taine, ils sont à re­pen­ser leur tra­cé pro­fes­sion­nel. Conscients d’avoir fran­chi plus de la moi­tié de leur vie, ils sont aux prises avec de grands ques­tion­ne­ments. «Qu’est-ce qui pousse un ar­tiste dans la cin­quan­taine à pour­suivre», in­ter­roge le co­mé­dien Ch­ris­tian Bé­gin. «Pour plu- sieurs ar­tistes, pas­sé l’âge de 50 ans, il de­vient dif­fi­cile de ga­gner sa vie. C’est dom­mage, mais la vieillesse n’est pas une va­leur ajou­tée dans la pro­fes­sion», fait-il re­mar­quer.

Si Ch­ris­tian Bé­gin ad­met ne pas avoir be­soin de sa troupe de théâtre pour ga­gner sa vie, se con­si­dé­rant chan­ceux de pou­voir tra­vailler ailleurs que sur les planches, il n’en de­meure pas moins que sur­vivre en ne comp­tant que sur le théâtre est de­ve­nu une mis­sion im­pos­sible. Et ce, mal­gré d’im­por­tants suc­cès pas­sés, où des salles étaient pleines à cra­quer.

UN SUI­CIDE AR­TIS­TIQUE

De­vant l’in­nom­mable in­suc­cès fi­nan­cier, on pense à un geste ul­time. Le sui­cide ar­tis­tique. «On veut pi­quer la cu­rio­si­té des spec­ta­teurs par un clin d’oeil à la mort», ré­vèle Ch­ris­tian Bé­gin.

Le texte, si­gné Isa­belle Vincent, fait donc ré­fé­rence à un qua­si sui­cide col­lec­tif.

«La pièce os­cille entre le co­mique et le tra­gique», an­nonce le co­mé­dien.

Ain­si, on ver­ra la troupe par­tir à bord d’un voi­lier afin d’of­frir une ul­time pré­sen­ta­tion au coeur de l’océan At­lan­tique.

Mais si le titre de la pièce laisse pré­sa­ger une fin mar­quée par un sui­cide ar­tis­tique, on pense que seul le ques­tion­ne­ment se­ra pré­sent, puisque ces pas­sion­nés de la scène sont bien loin de vou­loir mou­rir.

LA TRANS­MIS­SION

La pièce pose éga­le­ment la ques­tion de la trans­mis­sion in­ter­gé­né­ra­tion­nelle et de ce que l’on laisse der­rière soi.

Isa­belle Vincent, qui s’est lan­cée dans l’écri­ture théâ­trale pour la pre­mière fois, a vou­lu in­ter­ro­ger les pa­rents des quatre par­te­naires sur la ques­tion de la trans­mis­sion gé­né­ra­tion­nelle dans le but d’écrire sa pièce.

«Elle est al­lée à la ren­contre des pa­rents des quatre co­mé­diens afin de dé­cou­vrir ce que chaque pa­rent a lé­gué à son en­fant dans son idéo­lo­gie», in­dique Ch­ris­tian Bé­gin.

Pour ajou­ter un peu de fo­lie à la pièce, un des pa­rents de chaque co­mé­dien ap­pa­raî­tra sous l’as­pect d’un fan­tôme du­rant cette tra­ver­sée en voi­lier. «Ce sont les pa­rents de sexe op­po­sé de chaque co­mé­dien qui ap­pa­raî­tront», ex­plique l’ac­teur.

D’ailleurs, ce sont les quatre co­mé­diens qui in­ter­pré­te­ront le fan­tôme de leur pa­rent, en plus de leur propre rôle. Ces der­niers au­ront plu­tôt ten­dance à vou­loir s’im­mis­cer dans leurs dé­ci­sion. Con­si­dé­rant que les quatre vieillards sont plu­tôt en­com­brants du­rant cette tra­ver­sée, Les Éter­nels pi­gistes dé­ci­de­ront alors de se dé­bar­ras­ser d’eux.

On s’at­tend à un ton aus­si phi­lo­so­phique que poé­tique, qui pen­che­ra vers le bur­lesque. «Nous sommes dans le sur­réa­lisme», conclut-il.

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