« JE N’AI JA­MAIS L­CHÉ »

Le Journal de Montreal - Weekend - - ACTUALITÉS - Cé­dric Bé­lan­ger

Sli­mane n’est pas quel­qu’un qui lâche prise fa­ci­le­ment. Avant de faire pa­raître cet été un al­bum ra­pi­de­ment devenu disque d’or, cet ar­tiste fran­çais de 26 ans d’ori­gine al­gé­rienne a frap­pé à toutes les portes avant que s’ouvre en­fin la bonne: celle de l’émis­sion The Voice.

C’est lui, Sli­mane Neb­chi, qui a rem­por­té les grands hon­neurs de ce concours qu’on a sui­vi de près, au Qué­bec, en rai­son des bonnes per­for­mances de nos re­pré­sen­tantes Ga­briel­la et Ta­ma­ra We­ber Fil­lion.

«Ta­ma­ra et moi, on s’est re­vus par après. On a fait un bar­be­cue et on se donne par­fois des nou­velles», ra­conte Sli­mane, joint sur son cel­lu­laire en France, entre deux ap­pa­ri­tions sur des pla­teaux de té­lé.

Ça n’a pas été simple de lui par­ler. Car il est oc­cu­pé, Sli­mane. Si­tôt sa vic­toire confir­mée, il a été hap­pé par le tour­billon du show-bu­si­ness. Son pre­mier al­bum, À bout de rêves, est sor­ti le 8 juillet, deux mois à peine après son cou­ron­ne­ment.

«Pour moi, c’était un peu par­ti­cu­lier parce que je suis au­teur-com­po­si­teur et j’avais dé­jà beau­coup de chan­sons. Très vite, on a en­chaî­né le pre­mier clip, en­re­gis­tré l’al­bum, fait de la pro­mo, et ren­con­tré les jour­na­listes.

Pen­dant les six pre­miers mois après la pre­mière au­di­tion, j’ai tra­vaillé d’ar­ra­che­pied. Je n’ai pas eu beau­coup de jours de congé.»

« DES OREILLES POUR M’ÉCOU­TER »

N’allez quand même pas croire que Sli­mane se plaint de son rythme de tra­vail. Plus que tout, il a tou­jours vou­lu vivre de la mu­sique. Entre 2009 et 2012, il a même ten­té sa chance dans quatre émis­sions de té­lé.

«Ce sont les portes aux­quelles je pou­vais frap­per as­sez fa­ci­le­ment et ça me per­met­tait de ren­con­trer des gens du mé­tier. Puis, pen­dant quelques an­nées, je me suis re­mis en ques­tion et j’ai chan­té dans un pia­no-bar. Après, quand on m’a pro­po­sé The Voice, je me suis dit que c’était peut-être le bon mo­ment. Je me sen­tais plus à l’aise avec moi-même. Alors c’est vrai que je n’ai ja­mais lâ­ché. Quand les quatre coachs se sont re­tour­nés à mon au­di­tion, je me suis dit: “En­fin, des oreilles pour m’écou­ter!”» se sou­vient-il.

SA VIE EN CHAN­SONS

Se dé­cri­vant comme un ama­teur de tous les genres mu­si­caux, Sli­mane ex­plore par­ti­cu­liè­re­ment le R&B et la va­rié­té fran­çaise dans À bout de rêves. Dans ses chan­sons, il dé­voile des pans im­por­tants de sa vie. Pour­quoi? «J’ai du mal à écrire sur ce que je n’ai pas vé­cu.»

Mais at­ten­tion, ce n’est pas parce qu’il en dé­voile beau­coup dans sa mu­sique qu’il compte en faire au­tant avec le pu­blic et sur les mé­dias so­ciaux. Sli­mane tient à gar­der sa vie pri­vée pour lui. Ce qui ne doit pas être simple, lui fait-on re­mar­quer, lors­qu’on vient de ga­gner une émis­sion de té­lé re­gar­dée par des mil­lions de gens.

«Je pars du prin­cipe que c’est un choix d’ou­vrir ses portes ou de les lais­ser fer­mées. Per­son­nel­le­ment, je vou­drais les lais­ser fer­mées. De toute fa­çon, je ne donne pas la clé à beau­coup de gens», dit-il avec sa­gesse. L’al­bum À bout de rêves, de Sli­mane, est en vente au Qué­bec de­puis hier. Au­cun concert n’est pré­vu au Qué­bec. Sli­mane fe­ra une tour­née en France au cours des pro­chains mois.

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