UNI­TÉ 9

Le Journal de Montreal - Weekend - - WEEKEND | TÉLÉVISION - - Fa­bienne La­rouche, pro­duc­trice.

Meilleure sé­rie dra­ma­tique sai­son­nière, texte, di­rec­tion pho­to­gra­phique, son, dé­cors, créa­tion de cos­tumes, dis­tri­bu­tion ar­tis­tique, mu­sique ori­gi­nale, pre­mier rôle mas­cu­lin (2), pre­mier rôle fé­mi­nin, rôle de soutien mas­cu­lin, pro­duc­tion nu­mé­rique

On s’iden­ti­fie à des femmes qui ont com­mis de graves er­reurs, souvent pro­vo­quées par la souf­france, et on com­mence à les com­prendre, sans les ex­cu­ser. Je pense que de toutes les sé­ries ve­nues après sur les femmes en pri­son, l’oeuvre de Da­nielle Trot­tier est la plus forte à ce ni­veau. Elle écrit avec son ex­pé­rience, son ta­lent et sur­tout son coeur. Jean-Phi­lippe Du­val (réa­li­sa­teur) a su com­prendre cet uni­vers et y ajou­ter son es­thé­tisme. C’est un don. Le mon­tage d’Uni­té 9 est très fort parce qu’il passe pra­ti­que­ment in­aper­çu. Il sou­tient l’ac­tion, bien sûr, mais sur­tout il ci­sèle très sub­ti­le­ment chaque émo­tion. Et c’est ce qui fait sa force.

Dans un uni­vers té­lé­vi­suel de bo­tox, de pho­to­shop et d’éclai­rages avan­ta­geux, qui visent à rendre l’hu­main ir­réel, les ar­ti­sans d’Uni­té 9 qui s’oc­cupent du ma­quillage et de la coif­fure ont su im­po­ser la réa­li­té des femmes sans pour au­tant qu’on se dés­in­té­resse d’elles parce qu’elles sont im­par­faites. Bien au contraire, on a re­dé­cou­vert ce qu’il y a de plus vrai chez la femme, sa sen­si­bi­li­té, sa vul­né­ra­bi­li­té, constate Fa­bienne La­rouche.

Pour la mu­sique, Mi­chel Cus­son est un grand mu­si­cien dont les mé­lo­dies s’im­priment dans notre mé­moire.

Au ni­veau du jeu, Guy­laine Trem­blay a pris d’énormes risques et elle a ga­gné. Céline Bon­nier a créé un per­son­nage adop­té par le pu­blic. Les gens lui font des câ­lins dans la rue. An­gèle Cou­tu est une im­mense ac­trice. Elle ne joue pas, elle “est” le per­son­nage. Ève Lan­dry a abor­dé Jeanne sans pu­deur, avec confiance. Luc Gué­rin est un ac­teur fé­tiche pour Ae­tios. Il réus­sit tou­jours à nous sur­prendre en se ré-in­ven­tant. Paul Dou­cet a in­car­né Georges entre la rage et la dou­ceur, en nous fai­sant sen­tir la pre­mière et en nous mon­trant la se­conde. Un tra­vail d’équi­li­briste.»

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