DE LA TÉ­LÉ AU CI­NÉ­MA

Nou­velle co­que­luche du ci­né­ma fran­çais, l’ac­trice belge Vir­gi­nie Efi­ra brille de tous ses feux dans l’at­ta­chante et sin­gu­lière co­mé­die dra­ma­tique Vic­to­ria qui a été pré­sen­tée la fin de se­maine der­nière en clô­ture du Fes­ti­val Ci­ne­ma­nia de Mon­tréal.

Le Journal de Montreal - Weekend - - CINÉMA - Maxime De­mers Vic­to­ria prend l’af­fiche ven­dre­di 25 no­vembre

Il fal­lait un cer­tain cu­lot pour aban­don­ner une car­rière d’ani­ma­trice à suc­cès à la té­lé­vi­sion pour al­ler ten­ter sa chance comme ac­trice au ci­né­ma. C’est le pa­ri qu’a ten­té il y a quelques an­nées Vir­gi­nie Efi­ra – ex-ani­ma­trice de la po­pu­laire émis­sion Nou­velle Star, dif­fu­sée sur les ondes de M6 – en dé­ci­dant de ré­orien­ter sa car­rière vers le grand écran.

Les pre­miers contrats d’ac­trice n’ont pas été fa­ciles à dé­cro­cher, mais len­te­ment mais sû­re­ment, la Belge de 39 ans a trou­vé sa place dans le monde du ci­né­ma. À preuve, elle avait trois films à pré­sen­ter la fin de se­maine der­nière au Fes­ti­val Ci­ne­ma­nia: la co­mé­die Vic­to­ria, dans la­quelle elle joue le rôle prin­ci­pal, mais aus­si les films Elle (avec Isa­belle Hup­pert) et Un homme à la hau­teur (avec Jean Du­jar­din).

«À par­tir du mo­ment où j’ai as­su­mé mon dé­sir de lais­ser la té­lé­vi­sion pour al­ler jouer dans des films, on ne me pro­po­sait pas grand-chose, pour être hon­nête, se sou­vient l’ac­trice ren­con­trée la se­maine der­nière à Mon­tréal.

«J’ai d’abord joué dans des co­mé­dies qui, heu­reu­se­ment, ont bien mar­ché et qui ont dé­bou­ché sur d’autres pro­po­si­tions. Mais j’ai sen­ti que je ris­quais de me re­trou­ver dans le même genre de jeu que ce que je fai­sais à la té­lé­vi­sion et je ne me sen­tais pas très à l’aise là­de­dans. Là, je m’aper­çois que je me sens bien en me di­ri­geant vers un ci­né­ma qui n’est pas for­cé­ment ce­lui qui a le plus d’ar­gent, mais qui es­saye des choses. C’est ce qui m’a in­té­res­sée dans Vic­to­ria.»

Dans Vic­to­ria, une co­mé­die dra­ma­tique sub­tile et in­tel­li­gente pré­sen­tée à la Se­maine de la cri­tique de Cannes en mai der­nier, Vir­gi­nie Efi­ra in­carne une avo­cate en droit pé­nal qui élève seule ses deux pe­tites filles et qui a du mal à mettre de l’ordre dans sa vie pro­fes­sion­nelle et sen­ti­men­tale.

«Elle est tou­jours dans la né­go­cia­tion, ob­serve l’ac­trice à pro­pos de son per­son­nage. Elle cherche tou­jours la pa­role exacte, que ce soit avec son psy, ses filles ou dans son tra­vail. Elle est comme un or­di­na­teur un peu dé­tra­qué. Ce n’est qu’à la fin du film qu’elle ar­rive à un sen­ti­ment vrai, qui jaillit en un ins­tant. »

PLUS QU’UNE SIMPLE CO­MÉ­DIE

Réa­li­sé par la jeune ci­néaste Jus­tine Triet, Vic­to­ria a été ven­du comme une co­mé­die ro­man­tique à sa sor­tie en France. Une éti­quette qui lui convient plus ou moins, se­lon Efi­ra.

«C’est tel­le­ment dif­fi­cile de se dé­mar­quer pour un film ces temps­ci que les dis­tri­bu­teurs aiment col­ler l’éti­quette “co­mé­die” sur un film qui a le moin­dre­ment un peu d’hu­mour, sou­ligne l’ac­trice. Sur l’af­fiche de Vic­to­ria, en France, c’est écrit en gros: co­mé­die hi­la­rante. Oui, le film a de la drô­le­rie, mais je ne di­rais pas que c’est une co­mé­die hi­la­rante.

«Je ne le ca­che­rai pas: j’aime beau­coup Vic­to­ria et je ne dis pas ce­la de tous les films dans les­quels j’ai joué. On y trouve un bel équi­libre entre le drame et la co­mé­die. Quand on sent que le per­son­nage s’ap­prête à tou­cher le fond, il y a une pointe d’hu­mour qui vient al­lé­ger le tout. Il y a quelque chose d’à la fois uni­ver­sel et très fran­çais dans le film. Vic­to­ria parle de ce que ça re­pré­sente d’être un être hu­main de nos jours dans la cul­ture oc­ci­den­tale, avec l’im­pé­ra­tif de la per­for­mance et du ré­sul­tat.»

Vic­to­ria a d’ailleurs connu un suc­cès qui en a sur­pris plu­sieurs lors de sa sor­tie en France, en sep­tembre der­nier: «J’ai été très éton­née par l’ac­cueil qu’a re­çu le film en France. Je ne croyais pas qu’il pour­rait mar­cher à ce point­là pour ce qui est des en­trées. C’est un film très peu cher qui a fait, fi­na­le­ment, plus de 700 000 en­trées. C’est un beau suc­cès. Il s’est pas­sé quelque chose de spé­cial et de rare au­tour du film. C’est la pre­mière fois que je ren­contre ce­la comme ac­trice.»

PHO­TOS COURTOISIE

Vir­gi­nie Efi­ra dans le film Vic­to­ria.

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