LE SAINT-TITE PER­MA­NENT

Le Journal de Montreal - Weekend - - VACANCES - Gilles Proulx

Si Dal­las est connu à tra­vers le monde en­tier pour l’as­sas­si­nat de JFK et la sé­rie-té­lé culte épo­nyme, ce qui est moins connu, c’est que l’éle­vage du bé­tail, qui pré-exis­tait à l’ex­ploi­ta­tion du pé­trole, est tou­jours vi­vant.

Iro­nie du sort, si l’in­dus­trie pé­tro­lière a d’abord sem­blé vou­loir effacer to­ta­le­ment celle des grands éle­veurs, c’est à son tour de se sen­tir com­pro­mise par les nou­velles tech­no­lo­gies qui visent à la faire dis­pa­raître.

Fort Worth, ça ne vous dit rien? C’est une an­cienne ville de­puis long­temps amal­ga­mée à Dal­las, mais dont les ha­bi­tants conti­nuent de se sen­tir in­dé­pen­dants. Chose cer­taine, ils sont dis­tincts des autres ci­toyens de Dal­las, no­tam­ment par leur at­ta­che­ment au mode de vie des éle­veurs de bé­tail.

Chaque jour, à 16 h exac­te­ment, les trou­peaux se dé­placent dans la ville, di­rec­te­ment dans les rues. Le tra­fic s’ar­rête. Les au­tos doivent se sta­tion­ner et at­tendre. Le jour, les bêtes sont dans les en­clos de vente; le soir, elles rentrent à l’étable.

Je n’ai ja­mais vu un tel dé­pla­ce­ment de bes­tiaux en pleine ville!

Pou­vez-vous croire qu’au cours de mes trois vi­sites pré­cé­dentes à Dal­las, ja­mais on n’avait dai­gné me re­com­man­der de ve­nir à Fort Worth? Sans doute que les pro­mo­teurs tou­ris­tiques de Dal­las pré­fèrent ne pas nous faire sor­tir du coeur de la ville.

Pour nous Qué­bé­cois qui avons l’ha­bi­tude des vaches Hol­stein ta­che­tées de noir et de blanc, les Texas Lon­ghorn sont im­pres­sion­nantes. Eh oui, Fort Worth a sa propre race de vache aux cornes dis­pro­por­tion­nées; car au Texas, il faut le dire, tout est gros.

Quant à la table, in­utile d’ajou­ter que vous êtes ici dans le lieu où l’on sert le meilleur steak au monde! Mais voi­là une van­tar­dise fort ré­pan­due, n’est-ce pas? Ain­si, on a les «meilleures grillades de boeuf» en Ar­gen­tine et à Cal­ga­ry… et à Fort Worth aus­si.

Chose étonnante: il n’y a pas à Fort Worth de bi­be­lo­te­ries in­si­pides comme à Mon­tréal ou Qué­bec pour vendre des gu­gusses qué­taines aux tou­ristes. Les bou­tiques offrent de l’ar­ti­sa­nat lo­cal au­then­tique. Les cha­peaux de cow­boy ar­ti­sa­naux se dé­taillent de 500 $ à 5000 $!

À Fort Worth, la plu­part des «sta­tion­ne­ments» sont pour les ani­maux.

Les trans­ferts de bes­tiaux en pleine ville sont l’oc­ca­sion de prendre de bonnes pho­tos.

Cette de­moi­selle che­vauche une Texas Lon­ghorn qui a le re­gard mo­queur.

À 16 h tous les jours, les voi­tures s’ar­rêtent. La rue prin­ci­pale ap­par­tient aux vaches et à leurs éle­veurs.

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