LES HAUTS ET DE KATH­LEEN LES BAS

La chan­teuse Kath­leen an­non­çait cette se­maine qu’elle veut faire un re­tour. Mais elle re­vient de loin. Celle qui a connu un suc­cès ful­gu­rant dans les an­nées 1990 a vé­cu de mul­tiples épreuves après avoir mis fin à sa car­rière mu­si­cale. Main­te­nant que les a

Le Journal de Montreal - Weekend - - SOM­MAIRE - Ra­phaël Gen­dron-Mar­tin

Kath­leen Ser­ge­rie n’a pas don­né beau­coup de nou­velles, ces der­nières an­nées. La chan­teuse, qui a fê­té ses 50 ans en 2016, s’est faite plu­tôt dis­crète.

Mal conseillée, dit-elle, à son ar­ri­vée dans le monde de la mu­sique, au dé­but des an­nées 1990, la Gas­pé­sienne a connu par la suite dif­fé­rentes dé­cep­tions qui l’ont ame­née à dé­lais­ser le mi­lieu.

En par­lant avec elle, dans un ca­fé de l’ave­nue du Parc à Mon­tréal, on com­prend à quel point elle est amère à pro­pos de cer­taines pé­riodes de son pas­sé. En toute fran­chise avec Le Jour­nal, Kath­leen re­vient sur la glo­rieuse car­rière qu’elle a connue dans les an­nées 1990.

DE LA GAS­PÉ­SIE À MON­TRÉAL

Na­tive de Cap-Chat, en Gas­pé­sie, Kath­leen Ser­ge­rie s’est ame­née à Mon­tréal à la fin des an­nées 1980. Ra­pi­de­ment re­pé­rée par So­ny, elle si­gnait avec la com­pa­gnie de disques en 1990.

«Chez So­ny, je n’avais pas grand pou­voir de dé­ci­sion, dit-elle. J’étais naïve. J’ar­ri­vais seule de la Gas­pé­sie. Je n’étais pas au cou­rant de toute la bu­si­ness. J’au­rais ai­mé être bien en­tou­rée, qu’on me guide un peu dans tout ça.»

Après le suc­cès de son pre­mier al­bum, qui lui a va­lu le Fé­lix de Dé­cou­verte de l’an­née, la chan­teuse en­chaî­nait avec le disque Ça va bien. Énorme suc­cès, l’al­bum s’est écou­lé à près de 100 000 exem­plaires.

RI­DI­CU­LI­SÉE AU PE­TIT ÉCRAN

La suite est moins rose. Après une par­ti­ci­pa­tion dé­sas­treuse à l’émis­sion Fort Boyard à l’été 1994 («je n’au­rais pas dû y al­ler, j’étais en burn-out»), la chan­teuse a été ri­di­cu­li­sée du­rant quatre ans à l’émis­sion Pi­ment fort.

«C’est atroce de dire que le Qué­bec au com­plet pense que t’es in­no­cente, pas in­tel­li­gente», dit-elle.

Puis, en 1998, elle a dé­ci­dé de quit­ter So­ny, à cause de di­ver­gences d’opi­nions. «Je me sen­tais confi­née dans un cré­neau. J’avais en­vie de chan­ger mon image. Mais le di­rec­teur ar­tis­tique de So­ny me di­sait que je pour­rais me faire ar­ran­ger les yeux pour pa­raître plus jeune. J’étais ren­due dans la tren­taine et je trou­vais ça com­plè­te­ment ri­di­cule.»

PÉ­RIODE SOMBRE

Pen­dant deux ans, ne sa­chant plus où s’en al­lait sa car­rière, Kath­leen est re­tour­née dans sa fa­mille en Gas­pé­sie. «J’avais juste en­vie de faire des tartes avec mes grand­smères!»

Après un re­tour à Mon­tréal, et trois an­nées pas­sées au sein de la nou­velle mou­ture du Ville Émard Blues Band («ça m’a re­don­né une confiance vo­cale»), Kath­leen frap­pait un mur, en 2007.

En peu de temps, elle per­dait son père, se sé­pa­rait de son conjoint des 20 der­nières an­nées et plus au­cun pro­jet mu­si­cal ne poin­tait à l’ho­ri­zon.

«Ç’a été ma pé­riode la plus sombre, di­telle, sans vou­loir en­trer da­van­tage dans les dé­tails. J’avais plein de deuils à faire en même temps. Il a fal­lu que j’ap­prenne à me re­dé­fi­nir au­tre­ment qu’en tant que chan­teuse.»

LA CIN­QUAN­TAINE

Tra­vaillant main­te­nant de­puis sept ans avec une de­si­gner qué­bé­coise («je fais du mar­ke­ting, de la vente, de l’évé­ne­men­tiel»), Kath­leen a re­com­men­cé à plan­cher sur des chan­sons l’an der­nier.

«J’ai­me­rais re­com­men­cer à faire des spec­tacles, mais je ne vou­drais pas que ce soit aus­si gros que dans le temps.»

Amou­reuse de­puis trois ans d’Alexandre («il est plus jeune que moi, il me tient en forme!»), Kath­leen sou­rit lors­qu’elle aborde sa ré­cente ar­ri­vée dans la cin­quan­taine. «Comme pro­ba­ble­ment toutes les femmes vont dire, c’est dif­fi­cile phy­si­que­ment. Ça fait chier de voir ton men­ton moins tight et l’ap­pa­ri­tion de pe­tites rides. Mais je ne re­tour­ne­rais pas en ar­rière. Là, je suis bien. À 50 ans, j’ai la sen­sa­tion d’être en pleine pos­ses­sion de mes moyens.»

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