SIM­PLI­CI­TÉ VO­LON­TAIRE

Da­niel Bé­lan­ger est de re­tour sur scène. À quelques jours de la ren­trée mont­réa­laise de son plus ré­cent al­bum, Pa­lo­ma, l’au­teur­com­po­si­teur s’est en­tre­te­nu avec Le Jour­nal sur cette nou­velle tour­née qu’il pro­mè­ne­ra aux quatre coins de la pro­vince.

Le Journal de Montreal - Weekend - - MUSIQUE - Ra­phaël Gen­dron-Mar­tin Le Jour­nal de Mon­tréal ra­phael.gen­dron-mar­tin @que­be­cor­me­dia.com

«C’est là que je pra­tique mon mé­tier, que je réa­lise le rêve que j’avais. Qui se plain­drait de se faire ap­plau­dir trois soirs par se­maine pen­dant 18 mois? J’adore ça!» ré­pond Da­niel Bé­lan­ger, lors­qu’on le ques­tionne sur son rap­port avec la scène.

Voi­là dé­jà 25 ans que l’au­teur-com­po­si­teur-in­ter­prète par­court la pro­vince avec ses chan­sons. Et en­core au­jourd’hui, fort de l’ac­cueil très élo­gieux qu’a re­çu son der­nier al­bum, Pa­lo­ma, Da­niel Bé­lan­ger fe­ra une tour­née en­core plus im­po­sante que la pré­cé­dente, pour Chic de ville.

«Je crois que j’avais fait 55 spec­tacles [avec Chic de ville]. Là, on est ren­du à 75 et ça conti­nue en­core de se boo­ker. Je pense qu’on va re­joindre les tour­nées que je fai­sais avec L’échec du ma­té­riel et Rê­ver mieux.»

Au mo­ment de notre en­tre­tien, Da­niel Bé­lan­ger sor­tait tout juste d’une ré­pé­ti­tion avec ses mu­si­ciens et il ne sa­vait pas en­core exac­te­ment de quoi au­rait l’air son nou­veau spec­tacle.

«En­core tan­tôt, on fai­sait l’ordre des chan­sons du deuxième set. On n’est ja­mais en re­tard, mais ja­mais en avance. Ce qui fait que ça peut chan­ger sur plein d’af­faires en après-mi­di. Ce que j’ai vou­lu faire, c’est de mettre le plus de chan­sons pos­sible.»

Dans ce nou­veau concert, il de­vrait in­ter­pré­ter une ving­taine de chan­sons du­rant près de deux heures. Puis­qu’il fe­ra plu­sieurs pièces de Pa­lo­ma, Bé­lan­ger a ain­si dû sa­cri­fier quelques mor­ceaux du pas­sé.

«J’es­saie tou­jours de mettre le maxi­mum de nou­velles chan­sons, parce que je veux res­ter dans le pré­sent, dit-il. Je veux conti­nuer de m’amu­ser, de me réa­li­ser dans les nou­velles chan­sons. C’est une sorte de do­sage qu’il faut faire.»

MOR­CEAUX RÉARRANGÉS

Du cô­té des an­ciens mor­ceaux, l’au­teur­com­po­si­teur a vou­lu les ré­ar­ran­ger pour les mettre au son de Pa­lo­ma. «Ça me fait plai­sir de les re­vi­si­ter, dit-il. Il y a tou­jours une ou deux an­ciennes chan­sons que je ré­ar­range pas mal dans mes spec­tacles. Chaque fois, ça me réus­sit. Comme je connais bien mes chan­sons, et que je sais ce que je veux faire, je par­viens à un bon ré­sul­tat. Il y a aus­si le fait que les mu­si­ciens avec qui je joue sont ta­len­tueux. Ils connaissent mon oeuvre. On fi­nit par se re­joindre, for­cé­ment.»

Sur scène, Da­niel Bé­lan­ger se­ra ac­com­pa­gné de quatre mu­si­ciens: Guillaume Doi­ron (gui­tare), Alex McMa­hon (bat­te­rie, cla­viers), Alain Qui­rion (per­cus­sions) et Jean-Fran­çois Le­mieux (basse).

«Jean-Fran­çois est ce­lui qui a joué le plus ré­gu­liè­re­ment avec moi, dit-il. Je n’ai ja­mais joué avec Guillaume. Alex, j’ai fait la tour­née de Rê­ver mieux avec lui, il était aux cla­viers en rem­pla­ce­ment d’Ariane Mof­fatt. Alain Qui­rion était aus­si à la bat­te­rie à ce mo­ment-là.»

Da­niel Bé­lan­ger n’a pas vou­lu de gros dé­cor en­com­brant sur scène. «J’aime le mi­ni­ma­lisme, in­dique-t-il. J’adore res­ter simple. J’aime les idées à 15 sous qui ont l’air chic. Les gens avec qui je tra­vaille, je leur de­mande de ne pas se com­pli­quer la vie. Des fois, la sim­pli­ci­té, ça rem­plit plus le coeur des gens quand ils viennent voir le spec­tacle.»

LE POU­VOIR DU MÉTROPOLIS

Une fois de plus, l’au­teur-com­po­si­teur a op­té pour le Métropolis pour faire sa ren­trée mont­réa­laise. Qu’aime-t-il de cette salle rock? «C’est le cô­té évé­ne­men­tiel, dit-il. Quand ça fait du ta­page, ça fait du ta­page! La pre­mière fois où je l’avais sen­ti, c’était au lan­ce­ment de l’al­bum

L’échec du ma­té­riel. J’avais fait un lan­ce­ment gra­tuit et plein de gens étaient ve­nus. Quand les lu­mières

s’étaient éteintes, il y avait eu comme un trem­ble­ment de terre dans le Métropolis! J’avais bien sen­ti le pou­voir de cette salle.»

Comment Da­niel Bé­lan­ger se sent-il de voir que le pu­blic est tou­jours au ren­dez­vous 25 ans après la sor­tie du disque Les in­som­niaques s’amusent?

«Ça me rem­plit, vrai­ment, ré­pond-il. Il y a des ar­tistes pour qui ça fi­nit bête. Moi, ça conti­nue. J’ai en­core le goût de faire des choses. C’est chouette. Je ne pen­sais pas que 25 ans après mon pre­mier al­bum, j’al­lais en faire un autre.»

Dans les an­nées 1980, quand le jeune Da­niel Bé­lan­ger rê­vait d’un jour sor­tir un disque, le sup­port à la mode était le vi­nyle. «Mais quand j’ai fi­na­le­ment fait mon pre­mier al­bum [en 1992], il est plu­tôt sor­ti en CD», évoque-t-il.

Ces der­nières an­nées, avec le re­tour du vi­nyle, le mu­si­cien a ain­si pu sor­tir ses deux plus ré­cents al­bums, Chic de ville et

Pa­lo­ma, sur ce sup­port. «Je suis donc ren­du à mon deuxième vi­nyle! Je trouve ça co­ol. Ça met beau­coup de fraî­cheur dans ce que je fais, dans ce que j’ai le goût de faire.» Da­niel Bé­lan­ger fe­ra sa ren­trée mont­réa­laise les 30 et 31 mars au Métropolis. Pour toutes les dates: da­niel­be­lan­ger.com.

Da­niel Bé­lan­ger a lan­cé son plus ré­cent al­bum, Pa­lo­ma, en no­vembre der­nier. PHO­TO COUR­TOI­SIE AU­DIO­GRAM

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