JAMES BLUNT NOUS EN­VOIE PRO­ME­NER

Le Journal de Montreal - Weekend - - WEEKEND MUSIQUE - An­dré Pé­lo­quin jour­nal­de­mon­treal.com andre.pe­lo­quin @que­be­cor­me­dia.com

Une drôle de di­cho­to­mie ha­bite James Blunt. De tous les chan­teurs à l’eau de rose du mo­ment, il est sû­re­ment ce­lui qui a le vé­cu le plus in­té­res­sant. Di­sons tout sim­ple­ment qu’«ex-sol­dat cham­pion de ski ma­rié à la pe­ti­te­fille du 8e Duc de Wel­ling­ton» se glisse plu­tôt bien comme in­tro­duc­tion sur Lin­ke­dIn.

Et, pour­tant, des Gro­ban, Shee­ran, voire Rob­bie Williams, Blunt est cer­tai­ne­ment ce­lui qui a le moins de mor­dant, mu­si­ca­le­ment par­lant.

Mais... The Af­ter­love, son cin­quième, pour­rait bien faire ou­blier sa ré­pu­ta­tion de Toast Mel­ba de la chan­son contem­po­raine sen­ti­men­tale.

DES TEXTES (UN PEU PLUS) MUS­CLÉS

Dès Love Me Bet­ter, l’in­tro­duc­tion à l’oeuvre, Blunt étonne en fai­sant face à la pro­ver­biale mu­sique: des in­sultes de­puis son mé­ga suc­cès You’re Beau­ti­ful (mes ex­cuses!) jus­qu’à ses in­fi­dé­li­tés, la star de­mande pardon à ses proches et em­merde les autres sur fond de mé­lo­die élec­tro pop du mo­ment (pen­sez Bie­ber et ses er­satz qu’on peut en­tendre non-stop sur The Beat 92.5).

C’est d’ailleurs là que le bât blesse.

Toute l’éner­gie in­jec­tée dans cer­tains textes est gâ­chée par des com­po­si­tions ul­tra­pré­vi­sibles.

Pre­nez Make Me Bet­ter, où Blunt ac­com­pa­gné uni­que­ment de sa gui­tare, se confie sur la pa­ter­ni­té, par exemple. Mal­gré un su­jet hy­per in­ti­miste, abor­dé de fa­çon quand même sur­pre­nante, le chan­teur et son en­tou­rage noient fi­na­le­ment le tout dans une conclu­sion qua­si gros­sière tel­le­ment elle est am­pou­lée (choeur, pia­no, alouette!).

Mal­gré une di­rec­tion un peu plus au­da­cieuse, Blunt livre, au fi­nal, un disque aus­si bien fou­tu que frus­trant tant de bonnes idées sont tron­quées par de vieux ré­flexes. Dom­mage.

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