UNE NOU­VELLE VER­SION BIEN INU­TILE

Le Journal de Montreal - Weekend - - WEEKEND CINÉMA - Isabelle Hon­te­bey­rie

Un film de Dean Is­rae­lite.

Avec Dacre Mont­go­me­ry, Nao­mi Scott, Rj Cy­ler, Lu­di Lin et Be­cky G.

Par­fois, ex­ploi­ter la nos­tal­gie ne sert à rien!

Tout le monde se sou­vient de la sé­rie té­lé­vi­sée Po­wer Ran­gers. Les cos­tumes aux cou­leurs vives (et main­te­nant un peu dé­la­vées), les monstres au­jourd’hui vrai­ment dé­mo­dés en rai­son de l’avan­cée des ef­fets spéciaux et du ma­quillage, leurs bras croisés au-des­sus de leurs têtes, etc. Ça, c’est la nos­tal­gie, celle qui nous pousse, de temps en temps, à al­ler je­ter un oeil du cô­té de YouTube pour re­voir quelques scènes ou le gé­né­rique et sa mu­sique, en­core pré­sents dans nos mé­moires.

Au­jourd’hui, les Po­wer Ran­gers ont bien chan­gé et les «ados» (car les ac­teurs qui les in­carnent ont entre 20 et… 29 ans!) ont eu droit à une lé­gère mise à jour. Car les jeunes d’au­jourd’hui font face à des pro­blèmes qui n’exis­taient pas – ou pas à la même échelle – dans les an­nées 1990.

DES POU­VOIRS INSOUPÇONNÉS

Ja­son (Dacre Mont­go­me­ry) est un joueur de football de l’équipe de l’école se­con­daire d’An­gel Grove dont la blague idiote – en­trer un tau­reau dans les ves­tiaires – lui a va­lu une sus­pen­sion ain­si que la fin d’une pos­sible car­rière. Kim­ber­ly (Nao­mi Scott) se fait rayer du groupe de filles po­pu­laires de l’école parce qu’elle a re­layé une pho­to pri­vée. Billy (Rj Cy­ler) est au­tiste, la mère de Zack (Lu­di Lin) est gra­ve­ment ma­lade et Tri­ni (Be­cky G) ne com­mu­nique pas avec sa fa­mille.

Un soir, alors que les cinq jeunes – qui ne se connaissent pas – se trouvent à proxi­mi­té d’une mine, Billy met à jour des «pièces» de cou­leur, et celles-ci donnent à nos fu­turs hé­ros des pou­voirs ex­tra­or­di­naires. Le groupe dé­couvre en­suite un vieux vais­seau spa­tial dans le­quel of­fi­cie le robot Al­pha 5 (voix de Bill Ha­der) – re­loo­ké – et Zor­don (voix de Bryan Crans­ton), an­cien Po­wer Ran­ger tué par la re­dou­table Ri­ta Re­pul­sa (Eli­za­beth Banks) et dé­sor­mais par­tie in­té­grante des cir­cuits élec­tro­niques du vais­seau.

LON­GUEURS ET PLATITUDES

Ces deux mentors ex­pliquent aux jeunes qu’ils ont été choi­sis pour dé­fendre la Terre et qu’il leur faut ap­prendre la ma­nière de se mé­ta­mor­pho­ser en Po­wer Ran­gers. Mais l’opé­ra­tion est plus fa­cile à dire qu’à faire, nos cinq jeunes n’ayant au­cune conscience qu’il leur faut être sou­dés pour que le mi­racle se pro­duise.

Mal­heu­reu­se­ment pour le spec­ta­teur le plus pa­tient, la­dite trans­for­ma­tion n’in­ter­vient que plus de 85 mi­nutes après le dé­but de ce long mé­trage de 124 mi­nutes.

Outre les ef­fets spéciaux qu’on est en droit d’at­tendre pour un film au bud­get de 105 mil­lions $, il y a peu de chose à si­gna­ler de ces Po­wer Ran­gers dé­ci­dé­ment bien fades. Entre les pro­blèmes re­don­dants des ados, les ac­teurs dans la ving­taine qui ne sont pas cré­dibles en jeunes de 16 ans et qui, dé­ci­dé­ment, jouent bien mal, les at­taques las­santes de Ri­ta Re­pul­sa et les blagues qui ne lèvent pas, on se de­mande ce qui peut bien jus­ti­fier un in­ves­tis­se­ment pa­reil… si ce n’est que le pa­tron de Lions­gate, les stu­dios der­rière le film, pense à une fran­chise de cinq ou six films!

Au se­cours!

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