MYS­TÈRE À L’AN­GLAISE

Long mé­trage qui se ter­mine mal­heu­reu­se­ment en queue de pois­son, The Sense of an En­ding réunit tout le gra­tin du ci­né­ma et de la té­lé­vi­sion bri­tan­niques.

Le Journal de Montreal - Weekend - - WEEKEND CINÉMA - Isabelle Hon­te­bey­rie

Film de Ri­tesh Ba­tra

Avec Jim Broadbent, Mi­chelle Do­cke­ry et Char­lotte Ram­pling

To­ny (Jim Broadbent) est un se­mi­re­trai­té qui pos­sède un ma­ga­sin de ca­mé­ras usa­gées. Dé­ci­dé­ment hors du temps, l’homme n’a que peu de fré­quen­ta­tions. Il ac­com­pagne sa fille Su­zie (Mi­chelle Do­cke­ry) à ses cours pré­na­taux et mange ré­gu­liè­re­ment en com­pa­gnie de son ex-femme, Mar­ga­ret (Har­riet Wal­ter).

Sa vie se dé­roule comme un long fleuve tran­quille jus­qu’au jour où il re­çoit une lettre lui in­di­quant que Sa­rah (jeune, elle est in­car­née par Emi­ly Mor­ti­mer) vient de mou­rir. Elle lui lègue une faible somme d’ar­gent et un jour­nal in­time. Le­quel jour­nal est en pos­ses­sion de Ve­ro­ni­ca (Freya Ma­vor jeune, Char­lotte Ram­pling, âgée) qui re­fuse de le re­mettre à To­ny.

Cet évé­ne­ment ré­veille la mé­moire peu as­su­rée de To­ny qui com­mence à par­ler de Ve­ro­ni­ca, son pre­mier amour, à Mar­ga­ret. Peu à peu, les sou­ve­nirs de ses études dans l’un de ces col­lèges bri­tan­niques pour gar­çons laissent aper­ce­voir des zones troubles. Si Ve­ro­ni­ca a été son pre­mier amour – ce que nie To­ny avec vé­hé­mence –, ils n’ont ja­mais cou­ché en­semble et elle l’a quit­tée pour Adrien (Joe Alwyn), son meilleur ami… qui s’est fi­na­le­ment sui­ci­dé en pleine an­née sco­laire.

Le sus­pense de la pre­mière moi­tié de The Sense of an En­ding, dont la du­rée to­tale est de 108 mi­nutes, in­trigue ha­bi­le­ment le pu­blic, en grande par­tie grâce au jeu des co­mé­diens. La suite est un peu plus chan­ce­lante, To­ny se ré­vé­lant alors presque une pa­ro­die de lui-même. De plus, la du­rée de l’ap­pa­ri­tion de Char­lotte Ram­pling au­rait pu être sen­si­ble­ment aug­men­tée.

Mais ce­la n’en­lève rien au charme étrange de ce The Sense of an En­ding, adap­té du ro­man de Ju­lian Barnes, pa­ru en 2011 et lau­réat du Man Boo­ker Prize.

La réa­li­sa­tion de Ri­tesh Ba­tra (connu pour son ex­cellent The Lunch­box) fait la part belle aux non-dits entre les per­son­nages, à ces re­gards, à ces pe­tits gestes aux­quels il faut prê­ter at­ten­tion ain­si qu’à ce qu’il y a d’im­pal­pable dans les rap­ports hu­mains.

La fin n’est, et c’est bien dom­mage, pas à la hau­teur du dé­but. Mais on se console al­lè­gre­ment avec les pres­ta­tions de tous ces co­mé­diens en pleine pos­ses­sion de leurs moyens.

The Sense of an En­ding compte sur les pres­ta­tions re­mar­quables de ses ac­teurs, dont Char­lotte Ram­pling et Jim Broadbent.

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