La fran­chise re­naît à Hol­ly­wood

Ru­pert San­ders (Blanche-Neige et le chas­seur) est à la barre de Ghost in the Shell, nou­velle ver­sion fort at­ten­due de la fran­chise ja­po­naise, du pre­mier «anime» ja­po­nais au pre­mier man­ga du même titre de Ma­sa­mune Shi­row. Voi­ci cinq choses à sa­voir du film

Le Journal de Montreal - Weekend - - SOMMAIRE - Isa­belle Hon­te­bey­rie

1 L’HIS­TOIRE EN BREF

Nous sommes dans un fu­tur proche, dans le­quel hu­mains et ma­chines font bon mé­nage, les hu­mains ayant re­cours à des im­plants per­met­tant d’amé­lio­rer leurs per­for­mances phy­siques. Dans ce monde où l’on peut éga­le­ment trans­fé­rer son âme, son es­prit, dans un corps en­tiè­re­ment ar­ti­fi­ciel, tout le monde est con­nec­té à tout, et des pi­rates in­for­ma­tiques im­plantent de faux sou­ve­nirs dans la mé­moire des gens. Ghost in the Shell suit le Ma­jor (Scar­lett Jo­hans­son), cyborg – son corps est en­tiè­re­ment ar­ti­fi­ciel – à la tête des troupes de la Sec­tion 9. Mais cette fois-ci, le nou­vel en­ne­mi à af­fron­ter en est un re­dou­table puis­qu’il a l’in­ten­tion de détruire les avan­cées en cy­ber­tech­no­lo­gie.

2 LES SU­JETS

La science-fic­tion aborde des thèmes phi­lo­so­phiques et Ghost in the Shell n’échappe pas à cette règle. Ici, le Ma­jor s’in­ter­roge sur son hu­ma­ni­té, sur ce qui dis­tingue son âme, pla­cée dans un corps ar­ti­fi­ciel, d’un ro­bot cons­cient de son exis­tence. Ain­si que l’a in­di­qué le pro­duc­teur Avi Arad, «nous avons tout fait pour qu’elle se ques­tionne aus­si agres­si­ve­ment que pos­sible. Nous nous sommes ba­sés sur une conver­sa­tion qu’a le Ma­jor dans un as­cen­seur où elle se de­mande comment elle peut sa­voir qu’il s’agit bien de ses sou­ve­nirs. C’est une ques­tion gi­gan­tesque à la­quelle elle va être confron­tée pen­dant la to­ta­li­té du long mé­trage.»

3 LE MÉ­CHANT

Sur le pla­teau de tour­nage néo-zé­lan­dais de cette pro­duc­tion, Avi Arad a te­nu à sou­li­gner que les ci­né­philes connais­sant l’oeuvre ori­gi­nale en re­trou­ve­raient des élé­ments, mais pas né­ces­sai­re­ment ceux qu’ils at­tendent.

«Nous ne fai­sons pas le Pup­pet Mas­ter ni Le rieur. Le scé­na­rio in­clut Kuze et son his­toire. Ce qu’il faut com­prendre, c’est que nous ne fai­sons pas, avec ce film, une his­toire d’ori­gines du per­son­nage. Par contre, nous par­lons beau­coup de la per­cep­tion que le Ma­jor a d’elle-même et comment elle se dé­fi­nit en fonc­tion de ses sou­ve­nirs. Voi­ci l’un des angles prin­ci­paux du scé­na­rio et il nous a été ins­pi­ré par l’épi­sode “Af­fec­tion in Se­cond Gig”. Le film est com­po­sé de mor­ceaux ti­rés d’un peu par­tout.»

Dé­ve­lop­pant son pro­pos, le pro­duc­teur a ex­pli­qué que les mé­chants «ont beau faire par­tie in­té­grante de l’in­trigue, ils sont sur­tout là comme an­ta­go­nistes du Ma­jor, afin de la faire se ques­tion­ner spi­ri­tuel­le­ment.»

4 LA MA­TRICE

Sa­chant que les soeurs Wa­chows­ki n’ont ja­mais ca­ché avoir été ins­pi­rées par Ghost in the Shell, il est amu­sant de sa­voir qu’Avi Arad pense que ce film est le digne suc­ces­seur de La ma­trice! «Heu­reu­se­ment que La ma­trice a dé­jà ex­plo­ré les mondes vir­tuels. Nous n’avons pas du tout re­pris l’idée du code dé­fi­lant sur un écran et Ru­pert a trou­vé des op­tions très in­té­res­santes pour tra­duire ce­la. Par contre, nous avons conser­vé le fait que les per­son­nages ont des câbles qui leur rentrent dans la tête. Ce que les Wa­chows­ki avaient fait est un peu plus san­glant que Ghost in the Shell, sur­tout l’anime, qui pré­sen­tait la chose de ma­nière presque belle.»

5 LE FU­TUR

«C’est un monde très co­ol que ce­lui du film. Ce qui est très in­té­res­sant, c’est que nous sommes ha­bi­tués à une no­tion apo­ca­lyp­tique de l’ave­nir ou à quelque chose de très froid comme ce que Spike Jonze avait fait avec Elle; tout était di­gi­tal, in­for­ma­ti­sé, propre, so­li­taire. Pour Ghost in the Shell, Ru­pert m’a dé­crit l’uni­vers vi­suel comme des villes construites sur des villes et une abon­dance de dé­chets. C’est un col­lage de cultures, presque sans iden­ti­té dé­fi­nie à cause de ce mé­lange. La pro­fon­deur est im­pres­sion­nante. Je trouve aus­si que les pla­teaux sont in­croya­ble­ment dé­taillés, même ceux qui sont plus froids et sté­riles comme ce­lui du la­bo­ra­toire.»

LA CONTRO­VERSE

Lorsque Scar­lett Jo­hans­son a été choi­sie pour in­car­ner le Ma­jor, bon nombre de voix se sont éle­vées pour dé­non­cer ce white wa­shing (le fait de faire jouer des per­son­nages de cou­leur par des ac­teurs blancs).

Im­mé­dia­te­ment, les stu­dios ont fait ap­pel à Sam Yo­shi­ba, le pré­sident de la com­pa­gnie qui dé­tient les droits de Ghost in the Shell pour van­ter les mé­rites de l’ac­trice. Il a même ajou­té: «Ja­mais nous n’avions pen­sé qu’une ac­trice ja­po­naise se­rait choi­sie.» Des fans ja­po­nais ont éga­le­ment fait va­loir ce point de vue, in­sis­tant sur le fait qu’un long mé­trage hol­ly­woo­dien per­met­tait au monde en­tier de se fa­mi­lia­ri­ser avec cet élé­ment de la culture ja­po­naise. Dans le nu­mé­ro de mars de l’édi­tion amé­ri­caine du ma­ga­zine Ma­rie-Claire, Scar­lett Jo­hans­son a ex­pli­qué son point de vue. «Ja­mais je n’au­rais la pré­ten­tion d’in­car­ner un per­son­nage d’une autre ori­gine eth­nique. La di­ver­si­té est im­por­tante à Hol­ly­wood et ja­mais je ne vou­drais jouer un per­son­nage qui pour­rait être consi­dé­ré comme of­fen­sant.»

«De plus, le fait d’avoir une fran­chise avec un per­son­nage prin­ci­pal fé­mi­nin est tel­le­ment rare! Et oui, je sens cette pres­sion énorme sur mes épaules.»

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