INS­PI­RA­TION BÉ­NIE

Le Journal de Montreal - Weekend - - NEWS -

La concep­tion de Ta­bar­nak s’est amor­cée bien avant que les ar­tistes se re­trouvent à Saint-Al­phonse-Ro­dri­guez, au prin­temps. En ef­fet, les dis­cus­sions avec le met­teur en scène Alain Fran­coeur, fi­dèle à la com­pa­gnie de­puis que cette der­nière a vu le jour, ont dé­bu­té il y a plus d’un an. À ce mo­ment-là, une seule chose était claire, aux yeux de ses membres.

«Le Cirque Alfonse a une cou­leur très tra­di­tion­nelle, an­crée dans nos ra­cines qué­bé­coises, a ex­pli­qué Antoine Ca­ra­bi­nier Lé­pine. Nous ne vou­lions pas dé­ro­ger de ça.»

C’est après avoir vu leur pro­jet de tour­ner dans des églises tom­ber à l’eau, pour des rai­sons de lo­gis­tique, que les ar­tistes ont eu l’idée d’ex­plo­rer ce lieu sym­bo­lique, à tra­vers leur nou­velle créa­tion.

«Nous nous sommes de­man­dé pour­quoi une église, c’est si im­por­tant. Il y a des dé­mo­li­tions, mais en même temps, même si les gens n’y vont plus, ils s’ac­crochent à ça, a sou­li­gné Alain Fran­coeur. C’est comme un es­pace de culture. Ça fait par­tie d’un pas­sé. Nous, ce qui nous in­té­res­sait, c’était de tou­cher à ça, à cet es­pace de ras­sem­ble­ment, de com­mu­nion avec les gens.»

COU­LEUR UNIQUE

La mu­sique, une fois de plus, oc­cu­pe­ra une place im­por­tante dans ce spec­tacle, qui a été créé comme un «concert rock» com­pre­nant 14 ta­bleaux dis­tincts. C’est Da­vid Si­mard, un ami de longue date d’Antoine, qui a com­po­sé les pièces qui les ha­bille­ront. Sur scène, il se­ra ac­com­pa­gné de Jo­sianne La­porte et de Guillaume Tur­cotte, un pe­tit nou­veau au sein d’Alfonse.

«De­puis nos dé­buts, c’est une cou­leur que nous avons et que nous ne vou­lons pas perdre, a dit Antoine. Ça amène tel­le­ment plus au spec­tacle, d’avoir les mu­si­ciens sur scène avec nous. On les suit; ils nous suivent; on joue de la mu­sique avec eux; ils par­ti­cipent au spec­tacle… Tout le monde sait faire plu­sieurs dis­ci­plines. Nous sommes neuf, sur scène, ça peut pa­raître beau­coup, mais c’est très peu, en fait.»

AVE­NIR

Mal­gré le suc­cès rem­por­té avec ses deux der­nières créa­tions, à l’in­ter­na­tio­nal (Tim­ber! a été pré­sen­té à 250 re­prises dans 13 pays et la tour­née de Bar­bu se pour­sui­vra en Eu­rope, dans les pro­chains mois), la com­pa­gnie compte bien de­meu­rer une en­tre­prise «fa­mi­liale». Il n’est pas ques­tion pour elle, donc, de rou­ler deux spec­tacles en même temps avec deux troupes dif­fé­rentes pour sa­tis­faire cer­tains agents.

«Nous vou­lons être sur scène. Nous ne vou­lons pas gé­rer une com­pa­gnie ou gé­rer des pro­jets, a ex­pli­qué Antoine. C’est notre vi­sion des choses. Quand nous sommes en tour­née, c’est nous qui gé­rons les choses. Nous sommes vrai­ment au­to­nomes. C’est ce que nous vou­lons gar­der, avec le Cirque Alfonse. Nous ne vou­lons pas de­ve­nir le Cirque du So­leil, di­sons.»

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