« IL ME FAL­LAIT UN PLAN B »

À l’âge de 17 ans seule­ment, la jeune Au­drey de Mon­ti­gny par­ve­nait à se rendre par­mi les quatre fi­na­listes du concours Ca­na­dian Idol. C’était en 2003. Les an­nées ont pas­sé et la chan­teuse a sor­ti trois al­bums avant de changer com­plè­te­ment de car­rière. « I

Le Journal de Montreal - Weekend - - WEEKEND - RA­PHAEL GEN­DRON-MAR­TIN Le Jour­nal de Mon­tréal ra­phael.gen­dron-mar­tin @que­be­cor­me­dia.com

Si vous vous ren­dez sur la Rive-Sud de Mon­tréal, il se peut bien que vous tom­biez sur une pan­carte Re/Max d’Au­drey de Mon­ti­gny. De­puis plus de six ans, la femme de 31 ans tra­vaille à temps plein à vendre des mai­sons.

« J’ai tou­jours été pas­sion­née de mai­sons, de dé­co­ra­tion, de sta­ging, dit-elle. C’est mon conjoint qui m’a ini­tiée à ça. Il est en­tre­pre­neur gé­né­ral dans la construc­tion de­puis plu­sieurs an­nées. J’ai com­men­cé tran­quille­ment là-de­dans et c’est de­ve­nu mon mé­tier à temps plein. »

« UN RÊVE DE PRIN­CESSE »

Au tour­nant de 2010, Au­drey de Mon­ti­gny s’est ren­due à l’évi­dence qu’une car­rière de chan­teuse n’était plus viable. Après avoir sur­fé sur la vague de Ca­na­dian Idol pen­dant quelques an­nées, elle pei­nait à être en­ga­gée pour don­ner des spec­tacles.

« Je n’ai au­cune idée pour­quoi ça n’a plus mar­ché, dit-elle. Après le concours, ça al­lait su­per bien. Je vi­vais un rêve de prin­cesse. Mais ce n’est pas juste une ques­tion de ta­lent, c’est aus­si une ques­tion de gé­rance. Il faut avoir les bons contacts, avoir quel­qu’un qui peut te pro­pul­ser au-de­là… Et c’est une ques­tion de ti­ming aus­si. »

SON PÈRE COMME GÉ­RANT

À l’époque, son père avait dé­ci­dé de prendre sa car­rière en main. Il était même al­lé jus­qu’à hy­po­thé­quer sa mai­son. N’est-ce pas un peu iro­nique qu’Au­drey tra­vaille au­jourd’hui à vendre des mai­sons?

« C’est vrai! dit-elle en riant. Ab­so­lu­ment. Mon père a vrai­ment tout don­né. J’ai une su­per belle re­la­tion avec lui au­jourd’hui. Mais c’est sûr qu’il y a eu des pe­tits mo­ments de ques­tion­ne­ment à se de­man­der si c’était la meilleure per­sonne pour s’oc­cu­per de moi. Ce n’était peut-être pas la meilleure dé­ci­sion à l’époque. »

Son père a-t-il eu un sen­ti­ment d’échec lorsque sa car­rière n’a pas pris son en­vol après le troi­sième al­bum? « C’est sûr, ré­pond Au­drey. Il ne faut pas se le ca­cher, c’en était un [échec]. Ça avait su­per bien fonc­tion­né et, tout à coup, on n’en­ten­dait plus par­ler de moi. J’ai eu un pe­tit mo­ment sombre après ça. Mon père a aus­si été dé­çu de ça. Mais avec le re­cul, on a ap­pris des choses. »

UNE BIÈRE AVEC ALICE COO­PER

Même si elle af­firme être plei­ne­ment heu­reuse dans sa car­rière d’agente im­mo­bi­lière, Au­drey de Mon­ti­gny ad­met qu’elle au­rait tout de même ai­mé pou­voir conti­nuer dans le mi­lieu de la mu­sique.

« J’ai tou­jours eu la pas­sion de la mu­sique. C’est sûr que j’au­rais ai­mé en faire une car­rière, pou­voir vivre de ça. [...] Le mi­lieu ar­tis­tique est éphé­mère. C’est un très beau mé­tier, mais on ne sait ja­mais ce qui peut ar­ri­ver. C’est pour ça qu’il faut en pro­fi­ter plei­ne­ment quand on est là-de­dans. »

Et en pro­fi­ter, Au­drey de Mon­ti­gny l’a fait am­ple­ment, à sa sor­tie de

Ca­na­dian Idol. Les yeux brillants, elle énu­mère des mo­ments qua­si ir­réels qu’elle a vé­cus alors qu’elle n’avait que 17 ou 18 ans.

« J’ai vu des gens que je n’au­rais ja­mais pu ren­con­trer si je n’avais pas fait par­tie de ce mi­lieu-là. Pour moi, c’est très hot, ce que j’ai fait! Il y a deux fa­çons de le voir : être dé­pri­mée parce que ça n’a pas mar­ché ou être re­con­nais­sante de ce que j’ai fait. J’ai juste 31 ans, j’ai deux en­fants [d’un an et trois ans] et, à 18 ans, je pre­nais une

bière avec Alice Coo­per! J’ai aus­si vu P!nk, Mariah Carey, Cé­line Dion et Bo­no. J’ai ren­con­tré des gens ex­tra­or­di­naires. C’est une ex­pé­rience de vie qui m’a fait gran­dir. »

FAIRE SES PREUVES

Au­jourd’hui, dans sa car­rière d’agente im­mo­bi­lière, Au­drey de Mon­ti­gny se fait en­core re­con­naître ré­gu­liè­re­ment. « Il y a en­core des gens qui me re­con­naissent parce que j’ai fait un concours en 2003. Je n’en re­viens pas! C’est tel­le­ment va­lo­ri­sant, ça me rem­plit d’amour chaque fois. »

Comment le pu­blic ré­agit-il en ap­pre­nant qu’elle vend dé­sor­mais des mai­sons? « Il n’y a per­sonne qui m’a dit : “je t’ai vue sur une pan­carte Re/Max, c’est poche!”, di­telle. Les gens me disent qu’ils ont l’im­pres­sion de me connaître, mais je dois leur dé­mon­trer mes connais­sances dans l’im­mo­bi­lier. Ce n’est pas parce qu’ils m’ont dé­jà en­ten­due chan­ter qu’ils vont me confier leur mai­son à vendre pour le fun! »

Au­drey de Mon­ti­gny, pho­to­gra­phiée au ca­fé Mar­tine à la gare, dans le Vieux-Mon­tréal.

De­ve­nue agente im­mo­bi­lière il y a quelques an­nées, Au­drey De Mon­ti­gny pose de­vant sa pan­carte Re/Max.

En 2004, Au­drey de Mon­ti­gny pro­fi­tait plei­ne­ment de son suc­cès post-Ca­na­dian Idol. Au lan­ce­ment de son al­bum, Si l’amour existe, en 2006. 2004 2006

Peu de temps après la fin de l’émis­sion, la jeune chan­teuse don­nait une conférence de presse aux cô­tés de son père, Jean. 2003

Dans le spec­tacle 2009. Shé­ra­zade, en 2009

En 2003, alors âgée de 17 ans, Au­drey de Mon­ti­gny s’était ren­due par­mi les quatre fi­na­listes du po­pu­laire concours Ca­na­dian Idol. 2003

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