UN GROUPE PAS COMME LES AUTRES

To­ny Le­vin le confirme, King Crim­son n’est pas une for­ma­tion mu­si­cale comme les autres. Elle est exi­geante, bouge constam­ment et avance sur des routes peu fré­quen­tées.

Le Journal de Montreal - Weekend - - MUSIQUE WEEKEND - YVES LE­CLERC

Le bas­siste amé­ri­cain en sait quelque chose. Il a fait par­tie, de­puis 1981, de plu­sieurs mou­tures de cette for­ma­tion à géo­mé­trie va­riable di­ri­gée par le gui­ta­riste Ro­bert Fripp. Un groupe qui, se­lon plu­sieurs, est à l’ori­gine des fon­de­ments du rock pro­gres­sif.

«C’est, pour moi, un énorme dé­fi à titre de bas­siste. On ne monte pas à bord de ce na­vire avec l’in­ten­tion de re­laxer. Il faut tou­jours cher­cher à al­ler plus loin et à s’amé­lio­rer. Ça s’ap­pa­rente un peu à une en­tre­prise qui fait de la re­cherche et du dé­ve­lop­pe­ment», a-t-il lan­cé, lors d’un en­tre­tien té­lé­pho­nique, quelques heures avant de mon­ter sur scène à San Die­go.

Re­lan­cé en 2013 sous forme de sex­tuor, King Crim­son a élar­gi sa for­ma­tion à huit mu­si­ciens. Un de plus que lors de leur pas­sage dans la Belle Pro­vince en no­vembre 2015.

Le bas­siste at­ti­tré de Pe­ter Ga­briel, qui adore la ville de Qué­bec, a ac­com­pa­gné de nom­breux mu­si­ciens et fait par­tie de plu­sieurs for­ma­tions. Son tra­vail avec King Crim­son est ce­lui, pré­cise-t-il, qui l’amène à s’amé­lio­rer et à se dé­pas­ser en tant que mu­si­cien.

CLASSIQUES ET NOUVEAUTÉS

Pour la tour­née Ra­di­cal Ac­tion, qui s’ar­rê­te­ra à Mon­tréal et Qué­bec, les 3 et 7 juillet, le groupe a énor­mé­ment ré­pé­té en pré­vi­sion de cette nou­velle sé­rie de spec­tacles.

La for­ma­tion pro­pose un tout nou­veau spec­tacle avec des classiques, du vieux ma­té­riel ra­re­ment in­ter­pré­té et de toutes nou­velles com­po­si­tions.

«On a énor­mé­ment ré­pé­té et c’est quelque chose qui trans­pa­raît dans nos concerts. C’est un spec­tacle in­ha­bi­tuel, avec une for­ma­tion in­ha­bi­tuelle consti­tuée de huit mu­si­ciens, où il y a trois bat­teurs, et on a be­soin de ré­pé­ter afin de pou­voir y ar­ri­ver», a-t-il ex­pli­qué.

Il n’est pas rare que les mu­si­ciens s’en­ferment dans leurs chambres d’hô­tel pour ré­pé­ter avant de mon­ter sur scène.

«Chaque concert est dif­fé­rent. Ro­bert pro­pose, vers le mi­lieu de l’après-mi­di, une sug­ges­tion de chan­sons pour le concert en soi­rée et on s’ajuste en consé­quence. On peut, s’il y a un pro­blème, de­man­der de mo­di­fier cer­taines choses. On sait tous comment jouer de nos ins­tru­ments, mais les gens se­raient sur­pris de voir tout le temps que l’on consacre à ré­pé­ter», a-t-il fait re­mar­quer.

PLAN INITIAL

L’idée de réunir trois bat­teurs sur une même scène était un pa­ri in­usi­té et un peu fou. Pat Mas­te­lot­to, Ga­vin Har­ri­son et Bill Rie­flin ont pas­sé des heures à bâ­tir et ar­ri­mer des sec­tions de bat­te­rie où cha­cun joue une par­ti­tion dif­fé­rente des autres.

Et comme si ce n’était pas as­sez com­pli­qué comme ça, Ro­bert Fripp a lan­cé l’idée d’ajou­ter un qua­trième bat­teur, lorsque Je­re­my Sta­cey a ral­lié, l’an­née der­nière, King Crim­son.

«C’était le plan initial, mais on a man­qué de temps. C’est quelque chose qu’on ai­me­rait bien faire dans le fu­tur. Il au­rait fal­lu ré­ar­ran­ger toutes les par­ti­tions mu­si­cales de bat­te­rie et ça au­rait de­man­dé énor­mé­ment de tra­vail de pré­pa­ra­tion. Il va fal­loir aus­si trou­ver une fa­çon de mettre une qua­trième bat­te­rie sur la scène», a ex­pli­qué le lon­gi­ligne bas­siste.

Le mu­si­cien part à rire lors­qu’on lui dit que trois bat­teurs, fi­na­le­ment, ce n’est peut-être pas as­sez.

«King Crim­son est une for­ma­tion qui va dans des di­rec­tions où les autres groupes ne vont pas. Je ne connais pas tout le temps toutes les rai­sons der­rière tout ça, mais on es­saie de re­le­ver tous les dé­fis qui se pointent de­vant nous», a-t-il lais­sé tom­ber.

Pour cette tour­née, Pat Mas­te­lot­to, Ga­vin Har­ri­son et Je­re­my Sta­cey se­ront der­rière les fûts et Bill Rie­flin se consa­cre­ra aux cla­viers. Jak­ko Jaks­zyk et Mel Col­lins com­plètent l’oc­tuor.

PAS DE NOU­VEL AL­BUM

Même si King Crim­son a plu­sieurs nou­velles chan­sons, la for­ma­tion n’a pas l’in­ten­tion d’en­re­gis­trer un al­bum de ma­té­riel ori­gi­nal.

«On aime faire de la tour­née, jouer cette mu­sique et connec­ter avec le pu­blic. On n’a pas vrai­ment en­vie d’al­ler s’en­fer­mer du­rant trois mois dans un stu­dio et s’éloi­gner de ce que l’on fait en ce mo­ment et que l’on aime. On en­re­gistre tous les spec­tacles et on va peut-être sor­tir tout ça par l’en­tre­mise d’en­re­gis­tre­ments en spec­tacle de qua­li­té», a-t-il fait sa­voir. King Crim­son est en spec­tacle le 3 juillet à la salle Wil­frid-Pel­le­tier de la Place des Arts, à l’oc­ca­sion du Fes­ti­val de jazz de Mon­tréal, et le 7 juillet au Centre Vi­déo­tron.

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