DU RÊVE À LA RÉALITÉ

La com­mu­nau­té ∂∂∂∂∂

Le Journal de Montreal - Weekend - - CINÉMA WEEKEND - ISA­BELLE HONTEBEYRIE

Un film de Tho­mas Vin­ter­berg

Avec Ulrich Thom­sen, Trine Dy­rholm et Mar­tha So­fie Wall­strom Han­sen Le réa­li­sa­teur da­nois Tho­mas Vin­ter­berg nous trans­porte dans les an­nées 1970 avec une his­toire de com­mune.

Erik (Ulrich Thom­sen) est pro­fes­seur à l’Uni­ver­si­té de Co­pen­hague, ma­rié à An­na (Trine Dy­rholm), jour­na­liste té­lé. Lorsque le père d’Erik dé­cède, le couple, qui a une fille, Fre­ja (Mar­tha So­fie Wall­strom Han­sen), hé­rite d’une im­mense mai­son. Parce qu’elle est im­mense, qu’elle coûte cher et qu’Anne s’en­nuie, le couple dé­cide de prendre des co­lo­ca­taires.

An­nées 1970 obligent, la mai­son se trans­forme bien vite en com­mune, où cha­cun est in­vi­té à don­ner son avis, à par­ti­ci­per à des ac­ti­vi­tés de groupe avec tout ce que ce­la sup­pose de dis­cus­sions qui tournent en rond et d’amu­se­ments. An­na est comme un pois­son dans l’eau, ce qui fi­nit par dé­ran­ger Erik, qui se laisse alors sé­duire par Em­ma (He­lene Rein­gaard Neu­mann), l’une de ses étu­diantes de troi­sième an­née.

Le scé­na­rio de To­bias Lind­holm et Tho­mas Vin­ter­berg – qui a pas­sé son en­fance dans une com­mune – n’est pas exempt de nostalgie, la do­mi­nante des bleus gris du long mé­trage ai­dant éga­le­ment le spec­ta­teur à conser­ver un re­cul par rap­port aux évé­ne­ments mon­trés à l’écran du­rant 111 mi­nutes.

Car cette mai­son com­mune, cette vie en groupe où tout le monde par­ti­cipe aux mêmes ac­ti­vi­tés, sert de ca­ta­ly­seur aux dif­fi­cul­tés du couple consti­tué d’Erik et An­na, sur­tout lorsque Fre­ja sur­prend son père en com­pa­gnie d’Em­ma. Vue à tra­vers le re­gard d’une ado­les­cente – qui, de sur­croît, conseille à son père de ne rien dire à sa mère –, cette in­fi­dé­li­té fait in­dé­nia­ble­ment bas­cu­ler La com­mu­nau­té vers le dra­ma­tique in­tros­pec­tif et in­time.

Trine Dy­rholm a, pour ce rôle joué avec dou­ceur et gra­vi­té, rem­por­té le prix d’in­ter­pré­ta­tion à la Ber­li­nale. An­crage du long mé­trage, c’est elle qui de­vient re­pré­sen­ta­tive de cette époque, de ses rêves et, ul­ti­me­ment, de ses illu­sions qui suc­combent au poids de la réalité et des émo­tions hu­maines.

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