DEUX SOLITUDES RAS­SEM­BLÉES

Le Journal de Montreal - Weekend - - TÉLÉVISION WEEKEND - EMMANUELLE PLANTE Col­la­bo­ra­tion spé­ciale emmanuelle.plante @que­be­cor­me­dia.com

On parle peu au Qué­bec de la culture ca­na­dienne. Peu de sa té­lé­vi­sion. Pour­tant, les Ca­na­diens doivent aus­si se battre pour mettre en va­leur leurs pro­duc­tions noyées à tra­vers la mul­ti­tude d’émis­sions amé­ri­caines.

Quand on re­garde les chaînes Glo­bal, CTV ou CBC, les fic­tions ca­na­diennes se comptent sur le bout des doigts. The Mur­doch Mys­te­ries en est à sa 11e sai­son, Heart­land en cu­mule 10, Fla­sh­point, 5. Au rang des cotes d’écoute, ce sont plu­tôt les pro­duc­tions amé­ri­caines qui do­minent – NCIS, Big Bang Theo­ry, Grey’s Ana­to­my. Pour­tant le ter­ri­toire ca­na­dien est un énorme ter­rain de jeu pour les créa­teurs et la culture a ses spé­ci­fi­ci­tés.

De­puis 20 ans, Jo­ce­lyn Des­chênes, pro­duc­teur et fon­da­teur de Sphère Mé­dia, tra­vaille à dé­ve­lop­per des sé­ries de qua­li­té qu’il pro­pulse sur le mar­ché an­glo­phone. Il a réus­si à faire briller les textes de Ri­chard Blai­mert «in en­glish» puisque

Nou­velle adresse et Les hauts et les bas de So­phie Pa­quin ont eu des adap­ta­tions ca­na­diennes, This Life et So­phie. Il est aus­si der­rière le suc­cès de 19-Two sur Bra­vo Ca­na­da, adap­ta­tion de la mar­quante 19-2.

C’est Muse En­ter­tain­ment, une mai­son de pro­duc­tions mont­réa­laise, qui est res­pon­sable de plu­sieurs suc­cès ca­na­diens en fic­tion. On doit à l’équipe de Mi­chael Pru­pas les sé­ries Bomb Girls, Du­rham Coun­ty, Being Hu­man et plus ré­cem­ment Bel­le­vue. Muse En­ter­tain­ment a au­jourd’hui des an­tennes à To­ron­to, Van­cou­ver et Los An­geles. Ces sé­ries per­mettent d’ailleurs à des ac­teurs qué­bé­cois de se dis­tin­guer sur le mar­ché an­glo­phone.

PRO­DUIRE POUR LE CA­NA­DA

Chez Pix­com, Ni­co­la Me­ro­la a dé­ve­lop­pé une so­lide ex­per­tise pour pro­duire des émis­sions ori­gi­nales des­ti­nées aux té­lé­spec­ta­teurs ca­na­diens. «Ça fait 12 ans qu’on pro­duit des sé­ries do­cu­men­taires (fac­tuals) des­ti­nées aux chaînes spé­cia­li­sées an­glo­phones. Le Ca­na­da a son âme et ces shows-là fonc­tionnent bien, af­firme Ni­co­la Me­ro­la, pré­sident et pro­duc­teur chez Pix­com. Ça a tou­jours été un dé­sir de Pix­com de faire tom­ber les fron­tières. Notre fon­da­teur, Jac­que­lin Bou­chard, est pré­sent au MIP (Mar­ché in­ter­na­tio­nal de la té­lé­vi­sion) de­puis 30 ans.»

Pix­com est res­pon­sable des sé­ries do­cu­men­taires Rogue Earth (Dis­co­ve­ry), Th­rift Hun­ters (Spike),

Bomb Hun­ter (His­to­ry), Dan­ge­rous Flights (Dis­co­ve­ry). Près de 40 % de sa pro­duc­tion est des­ti­née au mar­ché an­glo­phone. «Ce sont des sé­ries dont le bud­get est com­pa­rable à ce­lui d’une fic­tion au Qué­bec. Ça nous per­met d’avoir le temps de faire un bon cas­ting, de peau­fi­ner l’his­toire, le mon­tage, pour pro­duire des sé­ries de stan­dard in­ter­na­tio­nal. On par­court le pays pour trou­ver des dé­mi­neurs, des cowboys de l’air ou les meilleurs ven­deurs d’Ebay, des gens in­croyables. On a fa­bri­qué une ex­per­tise et ga­gné la confiance des ré­seaux ca­na­diens. Je suis fier de dire qu’on va cher­cher des sous à l’ex­té­rieur du Qué­bec pour faire tra­vailler des créa­teurs d’ici. J’ai huit salles de mon­tage qui tra­vaillent en per­ma­nence à ses pro­jets», ex­plique Me­ro­la.

Mais conqué­rir le mar­ché an­glo­phone exige une prise de risque consi­dé­rable. «On in­ves­tit dans chaque pro­prié­té in­tel­lec­tuelle qu’on dé­ve­loppe, pour­suit-il. Quand on fait un pitch en au­dio­vi­suel, on ne pré­sente pas que du pa­pier. Ça de­mande aus­si beau­coup de per­sé­vé­rance.» No­tons que Pix­com tra­vaille ac­tuel­le­ment au rayon­ne­ment de Vic­tor Les­sard, re­mar­qué au fes­ti­val de Banff le mois der­nier.

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