UNE CRÉA­TION AU­DA­CIEUSE

Avec Vice & Ver­tu, Les 7 doigts de la main se sont lan­cés dans une en­tre­prise de taille. En quelques mois à peine (huit, pour être plus pré­cis), ils ont mon­té de toutes pièces un par­cours im­mer­sif ins­pi­ré du bou­le­vard Saint-Laurent des an­nées 1940 et 1950

Le Journal de Montreal - Weekend - - NEWS - VA­NES­SA GUI­MOND Le Jour­nal de Mon­tréal va­nes­sa.gui­mond @que­be­cor­me­dia.com

L’homme qui a pris la res­pon­sa­bi­li­té de ce pro­jet, qui se­ra pré­sen­té à la So­cié­té des arts tech­no­lo­giques (SAT), idéa­le­ment si­tuée sur la « Main », se nomme Sa­muel Té­treault. Il est l’un des co­fon­da­teurs des 7 doigts de la main, com­pa­gnie de cirque mont­réa­laise ré­pu­tée pour sa créa­ti­vi­té.

Ap­puyé par ses confrères Isa­belle Chas­sé et Pa­trick Léonard, qui l’as­sistent pour la mise en scène, le di­rec­teur ar­tis­tique a ima­gi­né trois uni­vers dans les­quels se cô­toient mu­sique live (Bet­ty Bo­ni­fas­si se­ra de la par­tie), théâtre, hu­mour, pro­jec­tions vi­déo et, bien sûr, de nom­breuses dis­ci­plines cir­cas­siennes.

« La SAT m’a beau­coup ins­pi­ré, no­tam­ment à cause de son dôme de pro­jec­tion vi­déo. En fait, c’est comme une es­pèce d’écran Imax, mais cour­bé, a ex­pli­qué ce­lui que nous avons ren­con­tré à l’Au­di­to­rium de Ver­dun, où les ar­tistes ont ré­pé­té le spec­tacle. À mes yeux, c’était une op­por­tu­ni­té ex­tra­or­di­naire de créer un spec­tacle de cirque où la scé­no­gra­phie al­lait être cette ima­ge­rie im­mer­sive, à 360 de­grés. Nous al­lons pou­voir y pré­sen­ter des lieux em­blé­ma­tiques de Mon­tréal, comme l’in­té­rieur de l’ora­toire Saint-Jo­seph ou l’in­té­rieur du res­tau­rant Sch­wartz’s, par exemple. » INS­PI­RÉ DE L’HIS­TOIRE

Pré­sen­té dans le cadre des cé­lé­bra­tions du 375e an­ni­ver­saire de Mon­tréal et de Mon­tréal com­plè­te­ment cirque,

Vice & Ver­tu a été créé en s’ins­pi­rant de per­son­nages his­to­riques qui ont mar­qué la mé­tro­pole.

Pax Plante et Jean Dra­peau, les pro­cu­reurs de l’en­quête Caron qui ont le­vé le voile sur un sys­tème de col­lu­sion entre la po­lice et le « com­merce du vice » qui per­met­tait au Red Light d’exis­ter, dans les an­nées 1940, sont de la par­tie. L’ef­feuilleuse Lili St-Cyr, icône bur­lesque, ain­si que les ma­fieux Har­ry Ship et Har­ry Da­vis comptent aus­si par­mi les per­son­na­li­tés qui re­pren­dront vie dans le cadre du spec­tacle.

« J’ai fait beau­coup de re­cherches, je me suis plon­gé là-de­dans corps et âme. Ç’a été ex­tra­or­di­naire, pour moi, a sou­li­gné Sa­muel Té­treault. Je ne sa­vais pas que Mon­tréal, en 1940, 1945 et 1950, avait été le Las Ve­gas de l’Amé­rique du Nord [...] J’avais en­vie de par­ta­ger ça avec les gens. »

Ain­si, le met­teur en scène s’est al­lié à des his­to­riens afin de va­li­der cer­tains faits qui ont gui­dé la créa­tion du spec­tacle. Mal­gré tout, il s’est per­mis cer­taines li­ber­tés ar­tis­tiques.

« Ça reste une fic­tion, pour les be­soins de la scé­na­ri­sa­tion. (…) Par exemple, Lili St-Cyr a eu deux pro­cès, un à Mon­tréal et l’autre aux États-Unis, mais nous avons conden­sé les deux pour faire comme si ça avait eu lieu uni­que­ment ici. L’his­toire de­vait être suf­fi­sam­ment com­pré­hen­sible. » TROIS GROUPES

Vice & Ver­tu a été conçu en cinq par­ties. Il com­prend un pro­logue, un épi­logue et trois spec­tacles. Au dé­part, les 500 spec­ta­teurs, que l’on en­cou­rage à ar­bo­rer des vê­te­ments et ac­ces­soires qui rap­pellent les an­nées 1940 et 1950, as­sistent au pro­logue en­semble. Par la suite, ils sont di­vi­sés en trois groupes afin de vi­si­ter les trois dif­fé­rentes sta­tions (le dôme de la SAT en est une), qui ont cha­cune « leur fi­na­li­té dra­ma­tur­gique ».

« Par contre, elles se ré­pondent entre

elles. C’est pour ça qu’elles peuvent être vi­si­tées dans le désordre », a pré­ci­sé le met­teur en scène.

Dans la por­tion ins­pi­rée du Red Light, si­tuée au rez-de-chaus­sée, le pu­blic se­ra in­vi­té à cir­cu­ler à tra­vers les élé­ments du dé­cor, comme le fe­raient des fi­gu­rants.

« Tout est ou­vert, mais il y a un coin où c’est une mai­son close, un autre où c’est le pa­lais de jus­tice, un autre où c’est le Tic-Toc Club, la mai­son de gam­bling d’Har­ry Ship. Tu as donc l’im­pres­sion de vi­si­ter un mu­sée avec des ar­té­facts. Les spec­ta­teurs vont donc cir­cu­ler d’un en­droit à l’autre en sui­vant l’ac­tion théâ­trale. Ça fait par­tie de l’ex­pé­rience im­mer­sive. »

Vice & Ver­tu des 7 doigts de la main se­ra pré­sen­té à la SAT, du 10 juillet au 6 août, dans le cadre de Mon­tréal com­plè­te­ment cirque. Le spec­tacle s’adresse aux per­sonnes âgées de 18 ans et plus.

Le Jour­nal a pu as­sis­ter à l’une des ré­pé­ti­tions du spec­tacle qui s’est dé­rou­lée à l’Au­di­to­rium de Ver­dun, il y a quelques jours.

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.