DÉCONCERTANT

Le Journal de Montreal - Weekend - - CINÉMA - ISA­BELLE HONTEBEYRIE Agence QMI

Ce n’est pas parce qu’un film est pro­duit par Judd Apa­tow et qu’il met en ve­dette l’hu­mo­riste Ku­mail Nan­jia­ni que c’est une co­mé­die...

Ku­mail (Ku­mail Nan­jia­ni, ve­dette mon­tante de la co­mé­die, qu’on a vu dans les sé­ries Veep et Si­li­con Val­ley), né au Pa­kis­tan et éle­vé en Amé­rique, veut être hu­mo­riste. Il se pro­duit donc ré­gu­liè­re­ment dans un club de Chi­ca­go, es­pé­rant être re­mar­qué par le dé­ni­cheur de ta­lents du Fes­ti­val Juste pour rire.

Un jour, une cer­taine Emi­ly (Zoe Ka­zan) se trouve dans le pu­blic et Ku­mail fait sa connais­sance. Ils se plaisent, couchent en­semble et leur his­toire de­vient – sous des de­hors lé­gers – de plus en plus sé­rieuse. Mais voi­là, les pa­rents de Ku­mail (son père est in­car­né par Anu­pam Kher et son frère par Adeel Akh­tar) ignorent tout de l’exis­tence d’Emi­ly et ar­rangent sans ar­rêt des ren­contres avec de jeunes Pa­kis­ta­naises mu­sul­manes de bonne fa­mille, afin que leur fils puisse convo­ler en justes noces.

Emi­ly a alors un grave en­nui de san­té et les mé­de­cins se voient obli­gés de la plon­ger dans le co­ma. Les pa­rents de la jeune fille (Hol­ly Hun­ter et Ray Ro­ma­no) dé­barquent en ville pour prendre soin d’elle et Ku­mail fait leur connais­sance.

Écrit par Ku­mail Nan­jia­ni et sa femme, Emi­ly Gor­don – réa­li­sé par Mi­chael Sho­wal­ter –, Mal d’amour brouille al­lè­gre­ment la fron­tière entre réa­li­té et fic­tion. Car cette his­toire d’amour hors du com­mun est, à peu de choses près, celle qu’a vé­cue le couple, la « vraie » Emi­ly étant tom­bée sé­rieu­se­ment ma­lade, et Ku­mail ayant dé­ci­dé de l’épou­ser si elle s’en sor­tait. En en­ten­dant cette his­toire unique, Judd Apa­tow a convain­cu l’hu­mo­riste et ac­teur de la por­ter à l’écran.

C’est là que le film est déconcertant... La pro­messe de la co­mé­die n’est ja­mais te­nue, Ku­mail Nan­jia­ni et Emi­ly Gor­don ne par­ve­nant pas à in­suf­fler de res­sorts dro­la­tiques à une si­tua­tion qui ne l’est pas. Pa­ral­lè­le­ment, la pu­deur du couple se sent, parce que le long mé­trage de 119 mi­nutes ne tombe ja­mais dans le lar­moyant ou l’émou­vant.

Le spec­ta­teur ne sait donc pas très bien sur quel pied dan­ser, puis­qu’il ne par­vient ja­mais à être ému par la si­tua­tion mé­di­cale et l’amour de Ku­mail, même si la re­la­tion entre le jeune homme et ses pa­rents est bien ex­plo­rée.

Dom­mage !

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.