Une ba­taille his­to­rique au grand écran

S’ATTAQUE À LA BA­TAILLE DE DUN­KERQUE

Le Journal de Montreal - Weekend - - SOMMAIRE - ISABELLE HONTEBEYRIE Agence QMI

Pour son pre­mier long mé­trage his­to­rique, le ci­néaste bri­tan­nique Ch­ris­to­pher No­lan a choi­si un su­jet cher au coeur des An­glais. L’éva­cua­tion de la ville de Dun­kerque en 1940, ou « opé­ra­tion Dy­na­mo », est res­tée gra­vée dans les mé­moires en rai­son de l’hé­roïsme des troupes al­liées, même si elles ont bat­tu en retraite de­vant les Al­le­mands.

« Je ne me sou­viens pas du mo­ment où j’ai en­ten­du par­ler de Dun­kerque pour la pre­mière fois, a confié le réa­li­sa­teur et scé­na­riste lors de la pré­sen­ta­tion de son film aux jour­na­listes ras­sem­blés à Los An­geles la se­maine der­nière. En­fant, je me suis fait ra­con­ter une ver­sion my­thique, qua­si­ment un conte de fées, de ce qui s’était pas­sé. Il y a 20 ans, Em­ma [NDLR Em­ma Tho­mas, sa pro­duc­trice et épouse] et moi avons tra­ver­sé la Manche à peu près à la même pé­riode que l’éva­cua­tion [NDLR fin mai et dé­but juin] pour al­ler à Dun­kerque. La tra­ver­sée a été in­croya­ble­ment dif­fi­cile, la Manche était dé­mon­tée. Le par­cours nous a sem­blé ar­du et dan­ge­reux. J’ai donc res­sen­ti une im­mense ad­mi­ra­tion et un grand res­pect pour les gens qui avaient pris part à l’éva­cua­tion pen­dant la guerre. »

Le der­nier long mé­trage sur cet évé­ne­ment da­tant de 1958, Ch­ris­to­pher No­lan a dé­ci­dé de se plon­ger dans les re­cherches afin de li­vrer une vi­sion mo­derne, et en IMAX, de la ba­taille de Dun­kerque, lors de la­quelle les troupes an­glaises, bri­tan­niques et ca­na­diennes ont ral­lié l’An­gle­terre.

« Le plus im­por­tant pour moi a tou­jours été le scé­na­rio. Je cherche des his­toires qui me touchent et avec les­quelles j’ai une connexion émo­tion­nelle, ce qui va me nour­rir pen­dant les années que je passe à dé­ve­lop­per le pro­jet. Comme je ne fais qu’une seule chose à la fois – je suis in­ca­pable de pen­ser à ce que je vais faire après –, je m’im­merge dans un su­jet et j’y passe en gé­né­ral deux à trois ans. C’est pour cette rai­son qu’il est né­ces­saire que le pro­jet ait, chez moi, une ré­son­nance émo­tive afin que je conserve mon en­thou­siasme », a-t-il ajou­té.

EN TROIS TEMPS…

Afin de confé­rer un rythme à

Dun­kerque, Ch­ris­to­pher No­lan a choi­si de don­ner trois points de vue dif­fé­rents. Le ci­néaste a donc dé­crit ce qui s’est pas­sé sur terre pen­dant une se­maine, dans la Manche pen­dant une jour­née et dans les airs pen­dant une heure.

« J’ai vou­lu ain­si conser­ver une nar­ra­tion sub­jec­tive tout en don­nant une vi­sion co­hé­rente de l’ensemble des opé­ra­tions qui se dé­rou­laient à Dun­kerque, a pré­ci­sé le réa­li­sa­teur et scé­na­riste. Tout ce qui est vu dans le long mé­trage se veut in­tense, gé­né­ra­teur de sus­pense et sub­jec­tif. Le pu­blic se trouve sur la plage et voit les évé­ne­ments au tra­vers du re­gard des per­son­nages. Pour avoir une vi­sion plus large, il nous fal­lait nous dé­pla­cer dans les airs avec les Spit­fire [NDLR Les avions de chasse de la Royal Air Force (RAF)]. De cette ma­nière, le pu­blic ne sort ja­mais du film.

Je ne vou­lais pas de scènes dans des pièces avec des gé­né­raux re­gar­dant des cartes, car je ne sou­hai­tais pas don­ner aux spec­ta­teurs des in­for­ma­tions que ne pos­sé­daient pas les pro­ta­go­nistes. » « La struc­ture du long mé­trage est là pour faire en sor­tie que l’his­toire conserve une di­men­sion hu­maine, in­ti­miste. Nous avons vou­lu créer ce que j’ap­pelle une épo­pée in­time. » PRE­MIER RÔLE POUR HAR­RY STYLES Har­ry Styles, an­cien membre du boys band One Di­rec­tion, fait ses pre­miers pas de­vant une ca­mé­ra de ci­né­ma dans le rôle d’Alex, membre du Corps ex­pé­di­tion­naire bri­tan­nique du ré­gi­ment d’in­fan­te­rie écos­sais The Ar­gyll and Su­ther­land High­lan­ders. Lors de la pré­sen­ta­tion du film aux mé­dias, tant le chan­teur que Ch­ris­to­pher No­lan sont re­ve­nus sur leur ex­pé­rience. « Mon tra­vail de réa­li­sa­teur est de voir le po­ten­tiel chez les acteurs, qu’il s’agisse de quel­qu’un qui n’a ja­mais joué au ci­né­ma au­pa­ra­vant ou de quel­qu’un de très ex­pé­ri­men­té, a ex­pli­qué Ch­ris­to­pher No­lan. On doit pou­voir les ima­gi­ner en train de li­vrer une pres­ta­tion qu’ils n’ont ja­mais li­vrée avant. Ce­la per­met aus­si de leur of­frir un dé­fi afin qu’ils tirent quelque chose de nou­veau de cette ex­pé­rience. Je ne me sou­cie donc pas des rôles pré­cé­dents d’un ac­teur, comme le par­cours de Mark Ry­lance ou le suc­cès de Har­ry. Quand le pu­blic vient voir un film, il de­vient par­tie pre­nante de l’uni­vers que nous avons in­ven­té, pour peu que tout le monde fasse son tra­vail. »

Outre le su­jet qui a in­té­res­sé Har­ry Styles dès le dé­but, c’est la pos­si­bi­li­té de tra­vailler avec le réa­li­sa­teur qui l’a conquis. « Le fait d’être sur un pla­teau comme ce­lui de

Dun­kerque est un ap­pren­tis­sage constant. Ch­ris a une ma­nière très par­ti­cu­lière de ne pas contrô­ler les acteurs, ce qui donne une im­mense confiance en soi et per­met d’être le plus na­tu­rel pos­sible. Il nous per­met éga­le­ment de ne pas sur­ana­ly­ser le rôle ou les si­tua­tions et je me suis sen­ti ex­trê­me­ment pri­vi­lé­gié de me trou­ver sur le pla­teau. »

Mark Ry­lance.

Cer­tains des ba­teaux an­glais qui ont ai­dé à l’éva­cua­tion qu’on voit dans le film sont les vé­ri­tables em­bar­ca­tions qui avaient ser­vi à l’époque.

Tom Glynn-Car­ney et Cillian Mur­phy.

Har­ry Styles y tient son pre­mier rôle au ci­né­ma.

Tom Har­dy, un ha­bi­tué des films de Ch­ris­to­pher No­lan.

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