INDIGESTE !

Va­lé­rian et la ci­té des mille pla­nètes ∂∂∑∂∂∂ Un film de Luc Bes­son. Avec Dane DeHaan et Ca­ra De­le­vingne. Mal­heu­reu­se­ment pour nous, le nou­veau Luc Bes­son est à évi­ter à tout prix !

Le Journal de Montreal - Weekend - - CINÉMA - ISABELLE HONTEBEYRIE Agence QMI

Après Lu­cy (2014), on était en droit d’es­pé­rer que Luc Bes­son, le scé­na­riste, conti­nue sur sa lan­cée et nous fasse ou­blier les Taxi 4 (2007), Tran­spor­teur 3 (2008), Co­lom­bia­na (2011), L’en­lè­ve­ment 3 (2014) et autres na­vets.

Car Va­lé­rian et la ci­té des mille pla­nètes étant l’adap­ta­tion d’une BD de science-fic­tion fu­tu­riste, on ne pou­vait s’em­pê­cher de pen­ser au film culte Le

cin­quième élé­ment (1997) et at­tendre, non seule­ment des ef­fets spé­ciaux à la hau­teur, mais une his­toire qui pren­drait aux tripes et dont on se sou­vien­drait. Di­sons-le clai­re­ment, Va­lé­rian et la

ci­té des mille pla­nètes ne vaut que pour sa pre­mière et sa der­nière de­mi-heure. Les 77 autres mi­nutes (oui, le long mé­trage dure 137 mi­nutes !) ne sont qu’un rem­plis­sage dé­nué de sens et d’in­té­rêt. Car le scé­na­rio se ré­sume en une phrase : Va­lé­rian (Dane DeHaan, dou­blé par Xa­vier Do­lan dans la ver­sion pré­sen­tée en fran­çais) et Lau­re­line (Ca­ra De­le­vingne) par­courent l’es­pace en quête d’un ani­mal afin de sau­ver une ci­vi­li­sa­tion anéan­tie.

L’in­tro­duc­tion est pro­met­teuse. Sur fond de Space Od­di­ty de David Bo­wie, Luc Bes­son par­court huit siècles de conquête, de col­la­bo­ra­tion et de dé­cou­vertes spa­tiales pour s’ar­rê­ter quelque part au 28e siècle, sur la pla­nète Mül. Là, des êtres fi­li­formes – aux­quels on trou­ve­ra des ac­cents des Na’vi de l’Ava­tar de James Ca­me­ron – ra­massent des perles, dé­jec­tions d’un ado­rable pe­tit ani­mal (si, si, et il s’agit de la créa­ture que cherchent nos deux hé­ros). Mais ce monde est bru­ta­le­ment dé­truit.

Les pé­ré­gri­na­tions de Va­lé­rian et Lau­re­line per­mettent au ci­néaste fran­çais d’éta­ler son bud­get de 197 mil­lions d’eu­ros (290 mil­lions de dol­lars ca­na­diens) à grand ren­fort d’ef­fets spé­ciaux. Les ex­tra­ter­restres se suc­cèdent sans se res­sem­bler, mais en rap­pe­lant bon nombre de cer­tains jeux vi­déo ou longs mé­trages. Ri­han­na – qui ne sait dé­ci­dé­ment pas jouer – in­carne une alien ca­pable de chan­ger de forme à vo­lon­té, tan­dis qu’Ethan Hawke est son sou­te­neur. Par­mi les autres clins d’oeil fi­gurent Rut­ger Hauer (vu dans le Blade

Run­ner de Rid­ley Scott) en pré­sident de la Fé­dé­ra­tion, Her­bie Han­cock en mi­nistre de la Dé­fense et la voix de John Good­man pour dou­bler Igon Si­russ, un pirate in­ter­ga­lac­tique.

Outre son scé­na­rio d’un vide in­ter­si­dé­ral, Va­lé­rian et la ci­té des mille pla­nètes se dis­tingue par le mau­vais jeu – et donc le mau­vais cas­ting et la mau­vaise di­rec­tion – de ses deux acteurs prin­ci­paux. Dane DeHaan ne par­vient pas à convaincre en jeune ser­gent fa­cé­tieux qui de­mande Lau­re­line en ma­riage (!). Quant à Ca­ra De­le­vingne, elle prouve hors de tout doute qu’elle ne pos­sède pas le ta­lent de Milla Jo­vo­vich, mal­gré un phy­sique des plus ave­nants.

Après les quelques mi­nutes à s’ex­ta­sier sur la qua­li­té des ef­fets vi­suels, on dé­croche, puis on fi­nit par se dés­in­té­res­ser com­plè­te­ment de ce qui se passe à l’écran avant de quit­ter la salle avant la fin ! Dé­ci­dé­ment, ce Va­lé­rian et la ci­té

des mille pla­nètes est un film indigeste dont le sou­ve­nir cau­che­mar­desque met du temps à s’es­tom­per.

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