KING KONG EN TROIS TEMPS

Kong - Skull Is­land, qui pa­raît cette se­maine en for­mat nu­mé­rique, fait une au­da­cieuse re­lec­ture du mythe de King Kong. De fait, ce croi­se­ment entre C’est l’apo­ca­lypse, Le monde per­du et les films de monstres ja­po­nais car­bure de ma­nière in­at­ten­due à l’hum

Le Journal de Montreal - Weekend - - CINÉMA -

2 KING KONG (1933)

Fay Wray est la star in­con­tes­table et in­ou­bliable de ce tout pre­mier King Kong, réa­li­sé avec des moyens spec­ta­cu­laires pour l’époque. Une équipe de ci­né­ma s’en va tour­ner un film sur une île in­ex­plo­rée du Pa­ci­fique, où les in­di­gènes s’em­parent de la ve­dette fé­mi­nine pour l’of­frir à leur dieu qu’ils ap­pellent Kong. L’ac­tion du film est lente à par­tir, mais, dès l’en­trée en scène de Kong, le rythme se pré­cise et une cas­cade de pé­ri­pé­ties mer­veilleuses dé­ferle sur l’écran. Un cer­tain cli­mat naï­ve­ment ro­man­tique baigne l’ensemble et rend le monstre plus at­ten­dris­sant qu’hor­ri­fiant.

KING KONG (1976)

Le pro­duc­teur Di­no De Lau­ren­tis a consa­cré une ving­taine de mil­lions (une for­tune, en 1976) à cette nou­velle ver­sion d’un des grands mythes du ci­né­ma fan­tas­tique. Le ré­sul­tat consti­tue un spec­tacle im­pres­sion­nant grâce à la réus­site des tru­cages uti­li­sés pour ani­mer le monstre et lui confé­rer une pré­sence vrai­sem­blable. En dé­pit des va­ria­tions, le réa­li­sa­teur a cher­ché à être fi­dèle à la naï­ve­té ro­man­tique de l’ori­gi­nal tout en glis­sant quelques no­ta­tions sa­ti­riques. Il est par­ve­nu à rendre Kong sym­pa­thique et même pi­toyable. Le suc­cès com­mer­cial de ce film a lan­cé la car­rière de Jes­si­ca Lange. Mais celle-ci a eu du mal en­suite à se dé­faire de cette image de belle in­gé­nue qui lui col­lait à la peau.

KING KONG (2005)

Fort du suc­cès co­los­sal de sa tri­lo­gie du Sei­gneur des an­neaux, Pe­ter Jack­son a ob­te­nu carte blanche pour tour­ner cet opu­lent film d’aven­tures qui pèche par ex­cès, no­tam­ment sur le plan de sa du­rée. Or, on est bien for­cé d’ad­mettre qu’il s’agit dans l’ensemble d’un spec­tacle im­pres­sion­nant. Au centre de cette réus­site, il y a la re­la­tion sen­ti­men­tale im­pro­bable et pour­tant cré­dible entre la belle, in­car­née avec émo­tion et fougue par Nao­mi Watts, et cette bête géante, qui prend vie à l’écran grâce à des tru­cages stu­pé­fiants. Par ailleurs, le film contient plu­sieurs sé­quences d’ac­tion et d’af­fron­te­ments trous­sées avec une in­croyable vir­tuo­si­té, cam­pées dans des pay­sages et des dé­cors d’une rare beau­té.

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.