ILLUSIONS, MANIPULATION DÉSESPOIR ET

Le Pe­tit Théâtre du Nord, qui souffle cette an­née ses 20 bou­gies, pro­pose une créa­tion cam­pée à Broad­way dans les années 1960. In­ti­tu­lée Do­cile, la co­mé­die noire met en scène une femme qui cherche à s’éman­ci­per et à faire sa place dans un monde où l’image

Le Journal de Montreal - Weekend - - THÉÂTRE - LOUISE BOURBONNAIS Col­la­bo­ra­tion spé­ciale

On ra­conte que l’in­dus­trie des cos­mé­tiques uti­lise la femme de plu­sieurs fa­çons, no­tam­ment en pro­je­tant l’image de la beau­té ab­so­lue et en fa­çon­nant son image. Si plu­sieurs peuvent l’ad­mettre au­jourd’hui, la pièce Do­cile tente éga­le­ment de le sou­li­gner à grands traits.

Cam­pée au dé­but des années 1960, la pièce pré­sente Jacques (Sé­bas­tien Gau­thier) et sa femme Ann (Louise Car­di­nal), qui dé­barquent à New York. Ann est une épouse sou­mise et dé­vouée qui rêve d’éman­ci­pa­tion. Ils sou­haitent tous les deux tendre vers un ave­nir meilleur. S’ajoute au couple la mère de Jacques, Rose, in­ter­pré­tée par Da­nielle Proulx, qui les ac­com­pagne dans ce grand voyage.

« Je joue la belle-mère désa­gréable, une vieille chi­pie », an­nonce la co­mé­dienne Da­nielle Proulx, qui monte sur les planches du Pe­tit Théâtre du Nord pour la pre­mière fois. Jacques s’est ma­rié sur le tard, étant sous l’em­prise de sa mère. « Rose n’aime pas beau­coup sa belle-fille, consi­dé­rant qu’elle lui a vo­lé son fils », ajoute-telle. « Rose est amu­sante par ses ré­pliques in­croyables. C’est sans doute quel­qu’un qu’on aime dé­tes­ter. »

Si le couple est prêt à em­mé­na­ger dans la grande mé­tro­pole amé­ri­caine, c’est que Jacques sou­haite dé­cro­cher un im­por­tant contrat en tant que pho­to­graphe.

« Il va ren­con­trer un di­ri­geant d’une firme de beau­té new-yor­kaise », ré­vèle la co­mé­dienne, qui prend part ASPECT MYS­TÉ­RIEUX à des pièces de théâtre d’été, an­née après an­née, de­puis plus de 20 ans.

En ac­cep­tant de si­gner un contrat, tous les es­poirs se­ront per­mis. Mal­heu­reu­se­ment, le rêve risque de tour­ner au cau­che­mar.

Bien qu’il s’agisse d’une co­mé­die dra­ma­tique, cer­tains élé­ments étranges vien­dront ali­men­ter un cer­tain cli­mat d’an­goisse.

Il y au­ra le re­dou­table pré­sident de la pres­ti­gieuse firme de cos­mé­tiques, Paul Wal­kin, per­son­ni­fié par Jean-Fran­çois Ca­sa­bonne. « Le pa­tron est davantage in­té­res­sé par la femme que par le pho­to­graphe », lance Da­nielle Proulx.

Ain­si, on ver­ra Paul, le grand pa­tron, faire mi­roi­ter un tra­vail de pho­to­graphe à Jacques dans le but de pro­po­ser à sa femme, Ann, de prê­ter son vi­sage à sa gamme de pro­duits de cos­mé­tiques.

« Nous sommes dans une co­mé­die noire, in­tri­gante et dra­ma­tique, avec beau­coup d’hu­mour », sou­ligne la co­mé­dienne.

Le met­teur en scène, Jo­na­than Ra­cine, qui a co­écrit la pièce avec Mé­la­nie May­nard, a vou­lu re­créer l’am­biance du noir et blanc de la té­lé­vi­sion des années 1960.

« La fac­ture es­thé­tique est ex­cep­tion­nelle et très au­da­cieuse, fait re­mar­quer Da­nielle Proulx. Même si tout est en noir et blanc, nos per­son­nages, eux, sont ex­trê­me­ment co­lo­rés. »

Par ailleurs, Da­nielle Proulx pour­suit ses tour­nages de la sé­rie

Uni­té 9 qui re­pren­dra cet au­tomne. Elle se­ra éga­le­ment de la dis­tri­bu­tion de Lâ­cher prise.

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