LE NOU­VEAU MESSIE DE LA POP

À une époque où les pop-stars se suivent et se res­semblent, Lorde fait fi­gure d’ex­cep­tion. Ses chan­sons sont dignes des plus grands pa­ro­liers et son style est à l’op­po­sé de ce­lui des star­lettes hy­per­sexua­li­sées qui semblent mo­no­po­li­ser les pal­ma­rès. Pourt

Le Journal de Montreal - Weekend - - SOMMAIRE - ÉLI­ZA­BETH MÉ­NARD Le Jour­nal de Mon­tréal eli­za­beth.me­nard @que­be­cor­me­dia.com

Pa­ru en juin der­nier, le deuxième al­bum de Lorde, Me­lo­dra­ma, a dé­bu­té en pre­mière po­si­tion du pal­ma­rès Bill­board qui me­sure les ventes d’al­bums. Elle a ra­pi­de­ment fran­chi la barre du mil­lion de disques ven­dus, un ex­ploit de nos jours.

Mais Lorde n’a rien en com­mun avec les Ka­ty Per­ry, Ri­han­na, Aria­na Grande, Tay­lor Swift et autres femmes bio­niques qui sont les têtes d’af­fiche de la pop du 21e siècle.

UNE USINE À POP-STARS

Avez-vous par­fois l’im­pres­sion que toutes les chan­sons pop se res­semblent ? Ce n’est pas juste une im­pres­sion. C’est qu’elles sont toutes écrites ou pro­duites par les mêmes per­sonnes.

Le pro­duc­teur et pa­ro­lier Max Mar­tin est men­tion­né sur les der­niers al­bums de Ka­ty Per­ry, Ri­han­na, Tay­lor Swift, Aria­na Grande et… la liste est longue.

On trouve aus­si les noms de Shell­back, Ali Paya­mi, Frank Dukes, Ryan Ted­der et Pe­ter Sves­son à qui l’on at­tri­bue plu­sieurs chan­sons ayant at­teint le top 10 du Bill­board ces der­nières an­nées, tous ar­tistes confon­dus. De The Weeknd à Jus­tin Tim­ber­lake en pas­sant par One Di­rec­tion : per­sonne n’y échappe.

Sur cer­taines chan­sons de Ri­han­na, on cite jus­qu’à 10 per­sonnes pour les pa­roles uni­que­ment. Si on ajoute à ce­la les pro­duc­teurs, on compte jus­qu’à 14 per­sonnes pour écrire et com­po­ser une seule chan­son. On est loin des Beatles...

DEUX SI­GNA­TURES

Puis, il y a Lorde. À 16 ans, elle a écrit elle-même toutes les pa­roles de son pre­mier al­bum, Pure

He­roine, en col­la­bo­ra­tion avec son com­plice Joel Lit­tle qui a com­po­sé sans aide ex­terne. On trouve seule­ment ces deux noms pour la réa­li­sa­tion de Pure He­roine.

Sa chan­son Royals est res­tée neuf se­maines en pre­mière po­si­tion du Bill­board et l’al­bum s’est ven­du à plus de 5 mil­lions d’exem­plaires.

Pour Me­lo­dra­ma, elle a écrit presque toutes les chan­sons à une seule main, à l’ex­cep­tion de deux pour les­quelles elle a col­la­bo­ré avec Jack An­to­noff (le gui­ta­riste du groupe fun, qui a com­po­sé la mu­sique de Me­lo­dra­ma avec elle) et une avec la chan­teuse sué­doise Tove Lo (Ho­me­made Dy­na­mite). Ça sonne comme per­sonne d’autre.

D’ailleurs, le res­pec­té Dave Grohl, lea­der des Foo Figh­ters et an­cien bat­teur de Nir­va­na la porte en haute es­time. « Quand j’ai en­ten­du Royals pour la pre­mière fois, j’ai pous­sé un sou­pir de sou­la­ge­ment, a-t-il confié. Je me suis dit : Hey ! Peut-être as­sis­tons-nous à une nou­velle ré­vo­lu­tion ? Puis, quand je l’ai ren­con­trée, je lui ai dit : quand j’ai en­ten­du ta chan­son pour la pre­mière fois et que j’ai vu mes en­fants la chan­ter, je me suis dit qu’il y avait peut-être es­poir qu’ils gran­dissent dans un monde qui a plus à of­frir que de la su­per­fi­cia­li­té », a-t-il re­la­té.

DIEU EST PARMI NOUS

Lorde (qu’on pro­nonce « lord », c’est-à-dire « Sei­gneur » en fran­çais), ce nom de scène choi­si au dé­but de sa car­rière était-il pro­phé­tique de son ave­nir glo­rieux ou seule­ment ar­ro­gant ? Au­rait-elle la pré­ten­tion de se com­pa­rer à Dieu ? Ima­gi­nez-la, sur scène, de­vant un par­terre de fi­dèles qui scandent son nom, les bras ten­dus au ciel : « Lorde ! Lorde ! Lorde ! »

Mais on lui par­donne fa­ci­le­ment cette pe­tite in­so­lence. Après tout, Da­vid Bo­wie lui-même a dit, avant son dé­cès, qu’écou­ter Lorde le fai­sait sen­tir comme s’il écou­tait « la mu­sique de de­main ».

Pa­ru en juin der­nier, le deuxième al­bum de Lorde, Me­lo­dra­ma, a dé­bu­té en pre­mière po­si­tion du pal­ma­rès Bill­board.

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