LES DÉ­BUTS IN­CROYABLES D’UN GRAND PAS­SION­NÉ

Le Journal de Montreal - Weekend - - SOM­MAIRE - MAT­THIEU LÉ­VESQUE Agence QMI

Ac­teur, au­teur, rap­peur, met­teur en scène : Em­ma­nuel Sch­wartz est un ar­tiste mul­ti­dis­ci­pli­naire aus­si ta­len­tueux qu’am­bi­tieux. Ses rôles se­con­daires dans Blue Moon et Trop montrent seu­le­ment une pe­tite par­tie de son im­mense ta­lent qui l’a ame­né à réa­li­ser de grandes choses dès le dé­but de sa car­rière. Faites connais­sance avec un des ac­teurs les plus pro­met­teurs de sa gé­né­ra­tion.

Mont­réa­lais d’ori­gine, Em­ma­nuel Sch­wartz a gran­di dans le quar­tier Notre-Dame-deG­râce dans une fa­mille très ar­tis­tique. Son père est le gui­ta­riste de jazz an­glo­phone Ga­ry Sch­wartz et, avant de faire car­rière en or­tho­pé­da­go­gie, sa mère était une de­si­gner de mode très pro­met­teuse. Il était donc évident pour le co­mé­dien de 6 pi 3 qu’il al­lait faire car­rière dans le mi­lieu ar­tis­tique.

« J’ai pas­sé ma jeu­nesse en­tou­ré d’ar­tistes. Mes pa­rents comptent par­mi leurs amis au­tant des mu­si­ciens que des ar­ti­sans, comme des po­tiers ou des peintres. J’ai bai­gné toute ma jeu­nesse dans un en­vi­ron­ne­ment pa­ra­di­siaque pour quel­qu’un qui vou­lait faire car­rière en tant qu’ar­tiste. »

Si le jeu est sa vo­ca­tion et sa grande pas­sion, c’est d’abord dans la mu­sique qu’il s’est lan­cé.

« Mon père en­sei­gnait la mu­sique, alors j’ai pris des cours d’ini­tia­tion à la mu­sique dès l’âge de quatre ans. J’ai com­men­cé le théâtre vers l’âge de huit ans et j’ai tout de suite eu la pi­qûre. J’au­rais ai­mé être un en­fant ac­teur, mais mes pa­rents étaient contre cette idée parce qu’ils me trou­vaient trop sen­sible. Ç’au­rait été trop dif­fi­cile à gé­rer pour moi. »

Il a conti­nué à culti­ver sa pas­sion pour le théâtre tout en fai­sant de la mu­sique au sein d’un groupe rap jus­qu’à la fin de ses études en théâtre au Col­lège Lio­nel-Groulx.

UNE REN­CONTRE DÉ­CI­SIVE

Em­ma­nuel a com­men­cé à faire de la té­lé­vi­sion dès sa sor­tie de l’école.

« J’ai ob­te­nu mon pre­mier contrat dans la quo­ti­dienne pour ados Kif-Kif.

J’ai fait beau­coup d’ar­gent et j’ai fait les er­reurs que plu­sieurs jeunes de cet âge-là font : je sor­tais beau­coup et j’étais sur le par­ty. »

C’est grâce à une chance in­croyable, que lui a of­ferte l’au­teur et met­teur en scène de re­nom­mée in­ter­na­tio­nale Wa­j­di Moua­wad, qu’Em­ma­nuel est re­ve­nu sur la bonne voie.

« À la fin de mes études, j’ai pas­sé des au­di­tions au Théâtre de Quat’Sous en com­pa­gnie des fi­nis­sants de toutes les écoles de théâtre. Quand j’ai fi­ni ma scène, Wa­j­di est ve­nu me voir en cou­lisses pour me pro­po­ser d’al­ler prendre un ca­fé avec lui. J’ai évi­dem­ment ac­cep­té, et il m’a of­fert de dé­mar­rer une com­pa­gnie de créa­tion avec lui. J’ai sau­té à pieds joints dans ce pro­jet, qui m’a oc­cu­pé pen­dant plu­sieurs an­nées. C’était une énorme chance d’avoir cet ar­tiste que j’ad­mire tant comme men­tor. » De toute évi­dence, Em­ma­nuel a une grande pas­sion pour la scène. Mais il af­firme qu’il n’a pas né­ces­sai­re­ment une pré­fé­rence pour le théâtre.

« À mon avis, tous les mé­dias sont ex­tra­or­di­naires quand tu as trou­vé ce que tu avais à dire. J’aime faire de la té­lé, et le mé­tier de réa­li­sa­teur m’in­té­resse beau­coup aus­si. Je fan­tasme sur l’idée de jouer par­tout dans le monde et de tour­ner dans des en­droits ma­gni­fiques que je ne vi­si­te­rais pas nor­ma­le­ment. »

Ce­lui qui a dé­jà écrit plu­sieurs pièces de théâtre uti­lise l’écri­ture pour ex­pri­mer ses ré­flexions les plus pro­fondes.

« Pour moi, l’écri­ture est une cu­rio­si­té. Ça fait chan­ge­ment de la ri­gueur très exi­geante que de­mande le théâtre. L’écri­ture me per­met de faire une plon­gée à l’in­té­rieur de moi-même. Dans mes écrits, je ques­tionne plu­sieurs choses, comme mon mé­tier, le dé­sir d’être connu, ou moi-même. Ça frôle par­fois l’égo­cen­trisme, mais l’écri­ture me per­met cette ré­flexion. »

Il a d’ailleurs adap­té deux de ses pièces de théâtre pour le ci­né­ma, et les deux pro­jets sont en dé­ve­lop­pe­ment.

DES PRO­JETS VA­RIÉS

L’été se­ra pas­sa­ble­ment oc­cu­pé pour Em­ma­nuel, qui tour­ne­ra dans la se­conde sai­son de la web­sé­rie L’écri­vain pu­blic ain­si que dans la se­conde sai­son de Lâ­cher

prise, dans la­quelle il in­ter­prète un nou­veau per­son­nage. Son per­son­nage dans Blue Moon ne re­vien­dra mal­heu­reu­se­ment pas dans la troi­sième sai­son, mais il es­père que ce­lui qu’il joue dans Trop se­ra de re­tour dans la deuxième sai­son.

Entre-temps, il ira pas­ser deux se­maines aux Îles-de-la-Ma­de­leine en com­pa­gnie de sa blonde, la co­mé­dienne Ga­brielle For­cier. « Je n’ai pas pris de va­cances de­puis trois ans, donc j’ai vrai­ment hâte d’al­ler res­pi­rer un peu. »

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