«JE ME RE­CON­NAIS EN EUX – STÉ­PHAN BU­REAU

À 53 ans, l’ani­ma­teur est plus en forme que ja­mais, et c’est un peu grâce à Ali Nes­tor, son en­traî­neur de boxe, avec qui il passe beau­coup de temps lors­qu’il est en ville.

Le Journal de Montreal - Weekend - - WEEKEND - PA­TRICK DELISLE-CREVIER Agence QMI prin­ces­de­la­rue.org

Sté­phan Bu­reau s’in­ves­tit beau­coup dans la cause des jeunes. Il se sou­vient d’avoir eu lui-même des bouts dif­fi­ciles du­rant son en­fance, et il au­rait bien ai­mé avoir un gaillard comme Ali et son école de la re­lève pour l’épau­ler. En­tre­vue avec un bat­tant.

Sté­phan, parle-moi de ta pre­mière ren­contre avec ton en­traî­neur de boxe, Ali Nes­tor.

Je le connais de­puis un bon mo­ment parce que je m’in­té­resse de­puis long­temps aux arts mar­tiaux et à la boxe. Lors­qu’il était sur le ring, il était un re­dou­table com­pé­ti­teur et c’était fas­ci­nant de le voir à l’oeuvre. Il l’est tou­jours d’ailleurs ! C’est Dan Bi­gras, grâce à son do­cu­men­taire Le ring

in­té­rieur, qui m’a per­mis de dé­cou­vrir un peu plus l’hu­main der­rière le boxeur. Puis un jour, je me suis re­trou­vé dans son gym et, de­puis, quand je suis en ville, je vais m’y en­traî­ner.

Est-ce dif­fi­cile comme en­traî­ne­ment ?

Oui et non, mais je ne suis pas une ré­fé­rence. Comme je voyage beau­coup, je suis souvent par­ti du­rant des mois et je dois re­com­men­cer mon en­traî­ne­ment à zé­ro chaque fois. Mais Ali a la gen­tillesse de tou­jours me re­prendre là où je suis ren­du. Il m’a de­man­dé de par­ti­ci­per à un évé­ne­ment le 23 août qui im­plique que je monte sur le ring pour boxer contre lui pen­dant un round. J’ai ac­cep­té, mais à la condi­tion que je sois prêt. Je tra­vaille pour être prêt ! Quelques fois par se­maine, je suis ici et je m’en­traîne.

Que t’ap­porte la boxe ?

Rien d’autre que du plai­sir. C’est une belle forme d’en­traî­ne­ment et c’est aus­si un con­tact ex­trême avec son corps. Si tu n’es pas concen­tré, tu re­çois des baffes. Aus­si, tout ça me ra­mène à ma jeu­nesse. J’étais très tur­bu­lent, ce qui m’a va­lu un stage in­ten­sif de deux ans entre les murs et der­rière des portes closes dans un éta­blis­se­ment. Ç’a été une pé­riode dif­fi­cile pour moi et j’au­rais bien ai­mé ren­con­trer quel­qu’un comme Ali à cette époque. Ça m’au­rait peu­têtre évi­té un sé­jour aus­si long dans un centre. Les arts mar­tiaux, c’est ba­sé sur le res­pect de l’autre et le plai­sir de se don­ner éner­gi­que­ment, sans agres­si­vi­té. C’est une danse res­pec­tueuse avec l’autre.

Quel re­gard portes-tu sur l’en­fant que tu as été ?

J’au­rais tel­le­ment vou­lu être en con­tact avec un gars comme Ali ; je pense que l’en­fant que j’étais au­rait eu une ex­pé­rience de vie bien dif­fé­rente. J’ai gran­di dans une fa­mille par­faite et j’ai été en­tou­ré de gens ex­tra­or­di­naires. Mais avoir un out­si­der qui par­lait la langue des arts mar­tiaux, ce qui m’in­té­res­sait dé­jà à l’époque, ça au­rait fait toute une dif­fé­rence. Mon sé­jour de deux ans au Centre Clair-Sé­jour, un éta­blis­se­ment très strict, a fait aus­si la dif­fé­rence, mais d’une tout autre fa­çon. Quand je viens ici et que je vois ces jeunes, je les en­tends et, bien que je ne vienne pas d’un mi­lieu dé­fa­vo­ri­sé, je me re­con­nais en eux et ça me rap­pelle des sou­ve­nirs pas si loin­tains.

Au­tre­ment, de quoi est fait ton été ?

Je tra­vaille trop ! J’anime Mé­dium

large à la ra­dio de Ra­dio-Ca­na­da de­puis le 26 juin et je fais l’émis­sion heb­do­ma­daire Notes de voyage à ICI Mu­sique, qui est une com­bi­nai­son de mu­sique et d’aven­tures de voyage. Je pré­pare éga­le­ment 25 nou­velles émis­sions des Grands en­tre­tiens.

Et pla­ni­fies-tu un autre voyage dans tout ça ?

J’ai une pe­tite rou­tine de­puis huit ans. Je me pousse entre oc­tobre et mai : je ne sup­porte pas le manque de so­leil et de lu­mière. Je re­viens de temps en temps, mais je me ba­lade beau­coup. Chaque an­née, il y a un thème. Par­fois, c’est l’Ita­lie, le Ja­pon, au­tre­ment c’est l’Ari­zo­na que j’aime par­ti­cu­liè­re­ment. Je ne fuis pas la neige ou le froid, mais plu­tôt la gri­saille, et ça a chan­gé ra­di­ca­le­ment mon bon­heur, mes dis­po­si­tions. Je crois que je suis plus lé­ger parce que j’ai ren­con­tré la lu­mière. J’ai be­soin de ça dans ma vie. J’ai long­temps été faible, ma­ga­né et

knock-out, mais main­te­nant, avec plus de so­leil, ça va bien et je suis heu­reux.

12 ROUNDS D’ES­POIR POUR LES PRINCES

Ré­cem­ment, dans une salle d’en­traî­ne­ment du nord de la ville, Ali Nes­tor et ses amis ont convié les mé­dias afin de pré­sen­ter l’évé­ne­ment-bé­né­fice 12 rounds d’es­poir pour les princes pour sou­te­nir L’École de la re­lève, qui en­seigne aux jeunes à se bâ­tir un ave­nir meilleur. Au cours de cette soi­rée, le boxeur et fon­da­teur, Ali Nes­tor, af­fron­te­ra plu­sieurs de ses amis le temps d’un round. Par­mi eux, les co­mé­diens Alexandre Lan­dry et Pa­trice Go­din, la mi­nistre Mé­la­nie Jo­ly et l’ani­ma­teur Sté­phan Bu­reau. D’autres per­son­na­li­tés agi­ront à titre d’en­traî­neurs comme Mar­tine St-Clair, Dan Bi­gras et le pre­mier mi­nistre du Ca­na­da, Jus­tin Tru­deau. L’évé­ne­ment se tien­dra à la To­hu le 23 août.

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