CHARLIZE THERON

RE­VIENT SUR LE DRAME DE SON ADO­LES­CENCE

Le Journal de Montreal - Weekend - - WEEKEND - MA­RIE-JO­SÉE ROY Agence QMI

L’ac­trice sud-afri­caine a ré­cem­ment par­lé du drame qui a se­coué son ado­les­cence et for­cé la jeune fille qu’elle était à se dé­cou­vrir des forces in­soup­çon­nées. Re­tour sur les confi­dences d’une sur­vi­vante.

Le 21 juin 1991, la vie de Charlize Theron a bas­cu­lé à ja­mais. Fraî­che­ment re­ve­nue du pen­sion­nat où elle étu­diait, la jeune fille, alors âgée de 15 ans, a as­sis­té à une ul­time confron­ta­tion entre ses pa­rents, dont le ma­riage pé­ri­cli­tait de­puis plu­sieurs an­nées. Ren­tré soûl après avoir pas­sé la soi­rée à boire avec son frère, Charles Theron a me­na­cé sa fille et sa femme avec un fu­sil. « La na­ture nous donne un ins­tinct. Je sa­vais que quelque chose de grave al­lait ar­ri­ver », a confié l’ac­trice à Diane Sawyer en 2004.

Crai­gnant pour la vie de sa fille, Ger­da Alet­ta n’a pas hé­si­té : elle a sor­ti son arme pour ré­pli­quer. Le père de Charlize a été tué sur le coup. « Ça m’a pris un cer­tain temps à réa­li­ser ce qui ve­nait de se pro­duire, parce qu’on pense tou­jours que ce genre de mal­heur n’ar­rive qu’aux autres », a ré­vé­lé la ve­dette de Sweet No­vem­ber.

MAR­QUÉE À JA­MAIS

Il va sans dire que vivre un tel drame à 15 ans laisse des traces in­dé­lé­biles. « Mon trau­ma­tisme n’était pas seule­ment lié à ces évé­ne­ments. Toute mon en­fance en a été im­pré­gnée », a ré­cem­ment dé­cla­ré Theron à une jour­na­liste du New York Times. Son père ne s’en est ja­mais pris à elle phy­si­que­ment, mais la vio­lence ver­bale à la­quelle il avait re­cours a fait de sa vie un en­fer.

« Mon père pou­vait être très sé­rieux, mais il ai­mait rire et il ap­pré­ciait la vie. Il avait aus­si une ma­la­die : il était al­coo­lique », a confié Charlize. Celle-ci n’a pas eu le ré­flexe d’en vou­loir à sa mère, de qui elle a tou­jours été très proche. « Je sais ce qui s’est pro­duit, et je sais aus­si que si ma fille était dans cette si­tua­tion, je fe­rais la même chose », a-t-elle af­fir­mé au New York Times.

Ger­da Alet­ta a d’ailleurs pous­sé sa fille à quit­ter le nid pré­ma­tu­ré­ment afin de lui évi­ter de su­bir les consé­quences d’une telle tra­gé­die. « C’était très cou­ra­geux de sa part de me for­cer à par­tir pour faire quelque chose de ma vie, a dé­cla­ré la star en 2004.

C’est le genre de sa­cri­fice qu’on fait pour nos en­fants. Elle m’a fait pas­ser en pre­mier. » Heu­reu­se­ment, Ger­da a été blan­chie de toute ac­cu­sa­tion, les forces de l’ordre ayant sta­tué que son geste était de la lé­gi­time dé­fense. Au­jourd’hui, les deux femmes ha­bitent tout près l’une de l’autre et ont fait la paix avec cet épi­sode dif­fi­cile.

UNE FEMME FORTE

Dé­bar­quée à Hol­ly­wood en 1994 à 18 ans, Charlize n’a pas joué les in­gé­nues très long­temps, op­tant plu­tôt pour des rôles fé­mi­nins com­plexes. « Je suis fière d’avoir sur­vé­cu à tout ça, a-t-elle confié au New York Times. J’ai tra­vaillé fort pour y par­ve­nir. Je n’ai pas peur de la noir­ceur. En fait, ça m’in­trigue. »

La femme de 41 ans, qui a rem­por­té l’Os­car de la meilleure ac­trice en 2004 pour son in­ter­pré­ta­tion de la tueuse en sé­rie Ai­leen Wuor­nos dans le film

Mons­ter, re­con­naît que son choix de rôles est in­fluen­cé par le drame qu’elle a vé­cu. « Il fau­drait être idiot pour ne pas y voir un lien », a-t-elle ad­mis. Au­jourd’hui mère adop­tive de deux en­fants, Charlize Theron a ap­pris à com­po­ser avec le drame de sa jeu­nesse, dont elle porte la ci­ca­trice comme un ta­touage. « C’est une par­tie de moi, mais ça ne contrôle pas ma vie. »

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