UNE POMME ET 20 BOU­GIES

Ca­nal Vie est en­tré en ondes le 8 sep­tembre 1997. Vingt ans plus tard, sa cé­lèbre pomme est mûre, mais tou­jours aus­si cro­quante. Car mal­gré la mul­ti­pli­ca­tion des chaînes spé­cia­li­sées, son nombre d’abon­nés n’a ja­mais vrai­ment bou­gé. Se­lon les plus ré­cents

Le Journal de Montreal - Weekend - - WEEKEND - MARC-AN­DRÉ LE­MIEUX Le Journal de Mon­tréal marc-andre.le­mieux @que­be­cor­me­dia.com

Plu­sieurs fac­teurs ex­pliquent cette po­pu­la­ri­té constante, ex­plique Chan­tal For­tier, di­rec­trice des pro­duc­tions ori­gi­nales et chef de marque de Ca­nal Vie. Pre­miè­re­ment, le man­dat du poste n’a ja­mais chan­gé. Sa pro­gram­ma­tion conti­nue de s’ar­ti­cu­ler au­tour des trois grandes thé­ma­tiques sui­vantes : fa­mille, mai­son et mieux-être.

« On s’in­té­resse aux femmes au quo­ti­dien. On veut les ins­pi­rer, les in­for­mer, les di­ver­tir », dé­clare Mme For­tier au Journal.

Les chan­ge­ments de pro­prié­taire – Ra­dio­mu­tuel (1997-2000), As­tral Me­dia (2000-2013) et Bell Mé­dia (2013-au­jourd’hui) – n’ont ja­mais in­fluen­cé la mis­sion de Ca­nal Vie, tout comme les as­sou­plis­se­ments des po­li­tiques du CRTC.

« On n’a ja­mais cher­ché à faire autre chose, in­siste Chan­tal For­tier. Parce que les règles du CRTC sont moins strictes qu’avant, ce se­rait fa­cile de s’éga­rer. Mais on a choi­si de gar­der le cap. On a ins­tal­lé des choses qu’on ne veut pas lais­ser tom­ber. »

STAR SYS­TÈME

Au fil du temps, Ca­nal Vie a éga­le­ment réus­si à créer son propre star sys­tème, pro­pul­sant au pas­sage la car­rière de plu­sieurs ani­ma­teurs, à com­men­cer par Sas­kia Thuot. Cette der­nière a ani­mé 746 émis­sions de Dé­core ta vie de 2002 à 2017, en plus de pi­lo­ter plu­sieurs autres ren­dez-vous.

« Ca­nal Vie, c’est énorme pour moi, dé­clare celle qui dé­barque à TVA cet au­tomne. C’est énorme non seule­ment pro­fes­sion­nel­le­ment, mais per­son­nel­le­ment. J’ai fê­té mes 30 et mes 40 ans à Dé­core ta vie. Ca­nal Vie m’a fait connaître et

Dé­core ta vie a fait rayon­ner Ca­nal Vie. J’y suis tou­jours très at­ta­chée. »

La chaîne peut aus­si se van­ter d’avoir par­ti­ci­pé à l’éclo­sion des car­rières té­lé­vi­suelles de Ma­rie-Claude Barrette

(Sim­ple­ment ve­dette), Louis-Fran­çois Mar­cotte (Le goût de Louis) et même Chan­tal La­croix, qui s’est re­trou­vée aux com­mandes d’une émis­sion in­ti­tu­lée

Êtes-vous libre ce soir ? en 1999. La de­si­gner d’in­té­rieur Ma­non Leblanc fait aus­si par­tie des têtes d’af­fiche du poste de­puis 2005, an­née où elle a com­men­cé à pi­lo­ter Ma­non, tu m’ins­pires.

« Pour moi, Ca­nal Vie, c’est un peu comme ma fa­mille, note la prin­ci­pale in­té­res­sée. Ils ont eu l’au­dace de me faire confiance dès le dé­part ! Grâce à eux, j’ai ap­pris à de­ve­nir, au-de­là de mes pro­jets de dé­co­ra­tion, une pro­duc­trice té­lé, ce qui m’a of­fert une belle li­ber­té d’ex­pres­sion. »

« On a don­né l’ani­ma­tion à des pas­sion­nés, ra­conte Chan­tal For­tier. On a choi­si des spé­cia­listes qui in­carnent leur conte­nu, comme Guy Cor­neau et Doc­teure Na­dia. »

ÉVO­LU­TION

L’ADN Ca­nal Vie a beau être res­té le même, sa fa­çon de faire a évo­lué de­puis 1997.

« On ra­conte les his­toires dif­fé­rem­ment, ex­plique Chan­tal For­tier. On s’est ajus­té. En ré­no­va­tion, on a fait plu­sieurs émis­sions d’avant-après. Au­jourd’hui, on s’in­té­resse da­van­tage au pro­ces­sus. On parle des sur­prises qu’on ren­contre au fil des tra­vaux, etc. C’est moins ma­ga­zine et plus réa­li­té. »

Mme For­tier parle éga­le­ment de Ca­nal Vie comme d’une chaîne in­no­va­trice. « On a été les pre­miers à consa­crer une émis­sion aux gais et les­biennes », dit-elle en men­tion­nant Sor­tie gaie, un ma­ga­zine ani­mé par An­dré Mont­mo­ren­cy de 1999 à 2003.

« On a aus­si été les pre­miers à faire une émis­sion de home sta­ging au Qué­bec », pour­suit-elle en par­lant de

Bye-Bye Mai­son, qui a ré­cem­ment fran­chi la barre des 300 épi­sodes.

AVE­NIR

L’ave­nir de Ca­nal Vie semble as­su­ré. Cet au­tomne, la chaîne pré­sen­te­ra sa toute pre­mière fic­tion ori­gi­nale, une co­mé­die à sketches avec Guy Na­don, Ma­rie-So­leil Dion et Bri­gitte La­fleur in­ti­tu­lée En fa­mille. Elle ef­fec­tue­ra éga­le­ment un re­tour en ar­rière en pro­po­sant

La belle gang, une quo­ti­dienne ani­mée par Isa­belle Racicot, Kim Rusk et Pa­trick Lan­glois qui rap­pelle Les co­pines

d’abord, cette émis­sion que pi­lo­tait Isa­belle Ma­ré­chal en se­maine de 1998 à 2003.

En d’autres termes, le poste de­vrait conti­nuer à ci­men­ter sa pré­sence dans notre in­cons­cient col­lec­tif, chose qui est loin de dé­plaire à ses pa­trons.

« On est en­tré dans l’ima­gi­naire des gens, in­dique Chan­tal For­tier. Ce n’est pas rare d’en­tendre un hu­mo­riste nous ci­ter sur scène en di­sant : “Ma blonde re­garde les shows de Ca­nal Vie…” On est de­ve­nu une ré­fé­rence. Ça nous plaît. »

Bye-Bye mai­son !

Les co­pines d’abord

Dé­core ta vie avec Sas­kia Thuot

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