Im­por­tant tour­nant pour deux ac­trices

Le film Et au pire, on se ma­rie­ra marque un tour­nant im­por­tant dans la car­rière de So­phie Né­lisse. S’éloi­gnant de l’image de la pe­tite fille par­faite, l’ac­trice de 17 ans y joue son rôle le plus ma­ture et com­plexe à ce jour, en se glis­sant dans la peau d’

Le Journal de Montreal - Weekend - - SOMMAIRE - MAXIME DE­MERS

En fait, ce rôle lui a tel­le­ment fait peur qu’elle l’a d’abord re­fu­sé quand la ci­néaste Léa Pool le lui a pro­po­sé pour la pre­mière fois, il y a en­vi­ron trois ans.

« Il y avait des scènes de sexe et ça me met­tait ex­trê­me­ment mal à l’aise », ex­plique la jeune ac­trice à pro­pos de ce pre­mier re­fus.

« À ce mo­ment-là, je n’avais même pas en­core em­bras­sé un gars dans ma vie alors je ne me sen­tais vrai­ment pas prête à jouer dans des scènes de sexe. J’ai donc re­fu­sé sur le coup. Puis, trois ans plus tard, avec la ma­tu­ri­té, j’ai re­lu le scé­na­rio et je l’ai vu d’un autre oeil. Je trou­vais que c’était un rôle qui ne res­sem­blait pas à ce que j’avais fait avant. C’était sin­gu­lier, par­ti­cu­lier. Ça m’in­tri­guait.

« Mais mal­gré ce­la, les scènes de sexe étaient tou­jours là et ça me ren­dait en­core mal à l’aise. J’en ai donc par­lé à Léa (Pool) pour sa­voir si on pou­vait en en­le­ver ou les chan­ger. Elle a été très ou­verte d’es­prit et à l’écoute et on a mo­di­fié cer­taines scènes pour que je me sente plus confor­table à les jouer. »

ENTRE MEN­SONGES ET RÉA­LI­TÉ

Adap­té du ro­man du même titre de l’au­teure So­phie Bien­ve­nu, Et au pire,

on se ma­rie­ra est cen­tré au­tour du per­son­nage d’Aï­cha (So­phie Né­lisse), une ado­les­cente qui vit seule avec sa mère (jouée par Ka­rine Va­nasse) et qui tombe fol­le­ment amou­reuse d’un jeune homme qui a deux fois son âge (Jean-Si­mon Le­duc).

Dans le film, Aï­cha ra­conte ce qu’elle vit, et sa ver­sion des faits se perd sou­vent entre la réa­li­té et les men­songes.

« Même si on est très dif­fé­rentes, Aï­cha me res­semble sur cer­tains points», ob­serve So­phie Né­lisse qui tourne pré­sen­te­ment dans un thril­ler d’ac­tion an­glo­phone à Londres et au Ma­roc.

« C’est sûr que je suis plus sage qu’elle et que j’ai une re­la­tion beau­coup plus saine qu’elle avec ma mère, avec qui je m’en­tends très bien. Mais je me suis re­con­nue dans ce qu’elle vit dans le sens que mon co­pain a quatre ans de plus que moi. Quand Aï­cha se fait dire qu’elle est trop jeune pour être avec lui, je me suis dé­jà fait dire ce genre de choses par mon co­pain quand on s’est ren­con­trés il y a deux ans. Quand je li­sais le scé­na­rio, j’avais par­fois l’im­pres­sion qu’il avait été écrit pour moi. Je pou­vais fa­ci­le­ment m’iden­ti­fier à plu­sieurs scènes du film. « Mais c’est sûr que c’est un rôle qui marque une nou­velle étape pour moi dans la me­sure où il brise l’image de la pe­tite fille cute. Je crois que ce film dé­montre que j’évo­lue comme ac­trice et comme fille. » Aus­si, à sa grande sur­prise, les scènes d’amour du film se sont avé­rées moins dif­fi­ciles à tour­ner qu’elle l’ap­pré­hen­dait au dé­part : « Fi­na­le­ment, ce n’était pas stres­sant pan­toute, lance-t-elle. Il y avait des scènes où j’étais cou­chée sur le ventre et on me flat­tait le dos. C’était comme un mas­sage gra­tuit ! On en a ri plus qu’autre chose. Les scènes les plus dif­fi­ciles à jouer ont fi­na­le­ment été les scènes plus dra­ma­tiques où j’écla­tais en san­glots. Il fal­lait al­ler cher­cher des émo­tions dou­lou­reuses qu’on n’a pas né­ces­sai­re­ment en­vie de vivre. »

UNE FILLE AU­THEN­TIQUE

Si l’au­teure So­phie Bien­ve­nu et la réa­li­sa­trice Léa Pool connais­saient dé­jà So­phie Né­lisse pour ses per­for­mances à l’écran (dans Mon­sieur

Laz­har et La vo­leuse de livres, no­tam­ment), c’est en la voyant ac­cor­der une en­tre­vue dans une émis­sion de té­lé il y a quelques an­nées qu’elles ont sen­ti qu’elle se­rait par­faite pour le rôle d’Aï­cha.

« En en­tre­vue, je n’ai pas de filtre et je crois que c’est quelque chose qui plaît aux gens, sou­ligne So­phie Né­lisse. Je n’es­saie pas de plaire avec mes ré­ponses. Je dis ce que je pense et je crois que les gens trouvent ça drôle et me trouvent vraie et au­then­tique. »

So­phie Né­lisse dans une scène du film Et au pire, on se ma­rie­ra.

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