UNE DÉ­CEP­TION

En por­tant à l’écran le ro­man Et au pire, on se ma­rie­ra, la ci­néaste Léa Pool re­vi­site les thèmes de l’ado­les­cence et des pre­miers émois amou­reux, qu’elle avait dé­jà abor­dés dans cer­tains de ses films pré­cé­dents comme Em­porte-moi et Lost and De­li­rious. Ma

Le Journal de Montreal - Weekend - - CINÉMA - MAXIME DEMERS Le Jour­nal de Mon­tréal maxime.demers @que­be­cor­me­dia.com

L’his­toire de Et au pire, on se ma­rie­ra tourne au­tour du per­son­nage d’Aï­cha (So­phie Né­lisse), une ado­les­cente so­li­taire et tur­bu­lente de 14 ans qui vit seule avec sa mère (Karine Va­nasse), peu pré­sente parce que sou­vent au tra­vail.

La ren­contre d’Aï­cha avec Baz (Jean-Si­mon Le­duc), un jeune homme qui est deux fois plus âgé qu’elle, vien­dra bou­le­ver­ser sa vie. Aï­cha tom­be­ra fol­le­ment amou­reuse de ce mu­si­cien at­ta­chant. At­ten­dri par cette ado­les­cente qui fait sem­blant d’avoir été aban­don­née à elle-même, Baz ten­te­ra du mieux qu’il peut de re­pous­ser ses avances. Jus­qu’à ce qu’un drame vienne chan­ger leurs des­tins.

DÉ­FI CINÉMATOGRAPHIQUE

En en­tre­vue, Léa Pool a elle-même ré­vé­lé que l’adap­ta­tion cinématographique du ro­man de l’au­teure So­phie Bien­ve­nu avait re­pré­sen­té un grand dé­fi dans la me­sure où elle avait fait le pa­ri de ne pas ra­con­ter cette his­toire de fa­çon li­néaire afin d’op­ter pour une struc­ture écla­tée sur le plan de la nar­ra­tion.

Ce choix, mal­heu­reu­se­ment, ne convainc pas tout à fait. Construit au­tour d’un in­ter­ro­ga­toire de po­lice, le scé­na­rio joue sur les dif­fé­rences entre la vé­ri­té et les men­songes que ra­conte Aï­cha. Une pro­po­si­tion qui au­rait pu s’avé­rer in­té­res­sante... Mais le ré­cit de­vient ra­pi­de­ment ba­nal et pré­vi­sible, alour­di par une mise en scène par­fois trop ap­puyée.

ÉNER­GIE REBELLE ?

Pré­sente dans pra­ti­que­ment toutes les scènes, la jeune So­phie Né­lisse au­rait nor­ma­le­ment dû por­ter le film sur ses épaules. Sauf qu’on a du mal à croire à son per­son­nage. Il semble man­quer à l’ac­trice cette éner­gie rebelle qui de­vrait ca­rac­té­ri­ser Aï­cha. Bien sûr, la ca­mé­ra aime So­phie Né­lisse, qui, comme tou­jours, illu­mine l’écran avec son vi­sage an­gé­lique. Mais on au­rait ai­mé voir la jeune ac­trice mordre dans ce per­son­nage avec plus de rage et d’émo­tion pure.

À l’image de la per­for­mance de So­phie Né­lisse, le film se ré­vèle beau­coup trop sage et conve­nu pour réus­sir à émou­voir.

So­phie Né­lisse dans le fllm Et au pire, on se ma­rie­ra. PHOTO COURTOISIE

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