UNE FOR­MULE GA­GNANTE

La liste des exploits ac­com­plis par Son­ny et Érik Caouette, au cours des der­nières an­nées, est im­pres­sion­nante. En plus d’avoir été les ar­tistes les plus dif­fu­sés à la ra­dio au pays, en 2016, ils ont écou­lé 115 000 exem­plaires de leur disque Nous autres.

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De prime abord, il se­rait fa­cile de croire que ce sont tous les ki­lo­mètres par­cou­rus au cours des der­nières an­nées (après tout, ils ont don­né quelque 170 concerts en deux ans) qui leur ont ins­pi­ré ce titre.

En en­tre­vue, les mu­si­ciens nous ont plu­tôt ex­pli­qué que c’est le thème abor­dé dans la pièce du même nom qui les a in­ci­tés à in­ti­tu­ler ain­si leur deuxième opus.

« En fait, la chan­son dit de ne pas ju­ger les gens, parce qu’on ne sait ja­mais par quoi ils sont pas­sés, ex­plique Érik. Nous trou­vions que ça re­pré­sen­tait bien l’al­bum dans son en­semble. En plus, ça fait par­tie des va­leurs qui nous sont chères, puisque nous ne sommes pas du genre à por­ter des ju­ge­ments, dans la vie. »

LES AT­TENTES

À propos de ju­ge­ments, les mu­si­ciens ori­gi­naires de Cha­pais, dans le Nord­du-Qué­bec, disent ne pas trop s’en faire avec les at­tentes éle­vées qui ac­com­pagnent gé­né­ra­le­ment la sor­tie d’un deuxième al­bum.

Bien qu’ils soient fiers d’avoir été re­con­nus par l’in­dus­trie, no­tam­ment en rem­por­tant les Fé­lix du Groupe ou du duo de l’an­née et du Spec­tacle in­ter­prète de l’an­née au ga­la de l’ADISQ, en 2016, la seule opi­nion qui compte réel­le­ment, à leurs yeux, est celle de leurs ad­mi­ra­teurs.

« Après tout, c’est de­vant mon­sieur et ma­dame Tout-le-monde que nous al­lons le jouer, cet al­bum », dit Son­ny.

« La seule chose que j’es­père, que la cri­tique soit bonne ou pas, c’est que les gens qui cri­ti­que­ront au­ront au moins pris le temps d’écou­ter l’al­bum, ajoute son fran­gin. Par­fois, on juge vite un nom, sans trop savoir ce qu’il y a der­rière. »

FI­DÈLE AU POSTE

Pour les be­soins de leur deuxième opus, il n’était pas ques­tion pour 2Frères de mettre de cô­té une for­mule ga­gnante. Ain­si, le choix de re­mettre leur sort entre les mains du réa­li­sa­teur et di­rec­teur ar­tis­tique Steve Ma­rin, avec qui ils ont créé Nous

autres, s’est im­po­sé na­tu­rel­le­ment. Au­teur-com­po­si­teur-in­ter­prète pro­li­fique, Steve Ma­rin se cache aus­si der­rière plu­sieurs des grands suc­cès de 2Frères (Qu’est-ce que tu di­rais, Nous

autres, etc.). Sur La route, son nom ap­pa­raît aux cré­dits de plus de la moi­tié des titres. Aux yeux de Son­ny et Érik, il in­carne « le troi­sième frère ».

« Steve, c’est de­ve­nu un ami proche. Il connaît tout le monde, dans l’équipe, sou­ligne Son­ny. Le deuxième al­bum, il l’a abor­dé plus en fonc­tion de ce que nous sommes et de ce que nous avions en­vie de faire. Ç’a été plus fa­cile pour lui de nous écrire des chan­sons. »

L’al­bum com­prend éga­le­ment des titres si­gnés par Amé­lie La­rocque et Alexandre Pou­lin, ar­tistes qui avaient col­la­bo­ré au pre­mier opus.

« Ils se sont im­po­sés parce qu’ils ont vrai­ment com­pris la vibe de 2Frères, ex­plique Érik. C’est l’fun de tra­vailler avec plu­sieurs au­teurs. C’est l’fun qu’il y ait dif­fé­rentes tex­tures, sur le disque. Steve a un style dif­fé­rent d’Amé­lie, par exemple, mais les chan­sons nous res­semblent tel­le­ment que nous avons l’im­pres­sion que nous au­rions pu les avoir com­po­sées. »

AU­TEURS-COM­PO­SI­TEURS

Mal­gré un ho­raire de tour­née ef­fré­né, les mu­si­ciens te­naient à si­gner quelques-unes des pièces qui al­laient se re­trou­ver sur leur pro­chain al­bum. Épau­lés par Steve, ils ont donc créé trois titres : La route, Ti-gars et On est

ben, un mor­ceau plus rock que ce à quoi ils nous ont ha­bi­tués jus­qu’à pré­sent.

« On vou­lait avoir une cou­leur un peu plus rough, un peu plus rock sur l’al­bum, a ex­pli­qué Son­ny. Sur scène, en plus, on aime ça al­ler là. »

Quant à Ti-gars, une chan­son qui parle de la ma­la­die d’un en­fant, les mu­si­ciens ex­pliquent que c’est une his­toire vé­cue par des proches de Steve qui a ins­pi­ré ce thème, qu’ils ont vou­lu trai­ter d’une fa­çon bien par­ti­cu­lière.

« C’était im­por­tant pour nous que la chan­son ne soit pas dé­pri­mante, a dit Érik qui, tout comme son frère, est père d’une fillette. On trou­vait ça tou­chant et on s’est dit que ça al­lait pro­ba­ble­ment tou­cher plein de monde. »

DES GENS DE COEUR

Par­ler aux gens, c’est l’une des prin­ci­pales pré­oc­cu­pa­tions des jeunes hommes qui consi­dèrent 2Frères comme un « pro­jet de coeur ».

« L’équipe qui s’est gref­fée à nous, ce sont tous des gens de coeur. Nos fans aus­si, ce sont des gens de coeur. Étant don­né que les chan­sons sont écrites et li­vrées avec coeur, j’ai l’im­pres­sion que c’est ça qui touche les gens », a sou­li­gné Érik.

« Nous n’es­sayons pas de ré­in­ven­ter la mu­sique, a-t-il pour­sui­vi. Nous fai­sons de la mu­sique pop qué­bé­coise comme il s’en est dé­jà fait et comme il s’en fe­ra en­core. Nous n’avons pas la pré­ten­tion de vou­loir chan­ger le monde ou de vou­loir in­ven­ter un nou­veau son. Ce n’est pas ça qu’on cherche. Nous, ce qu’on cherche, c’est à en­trer dans les sa­lons du monde, à être au­tour des feux de camp et à être dans les bars de chan­son­niers. C’est ce qui s’est pas­sé avec le pre­mier al­bum et je crois qu’il n’y a pas de plus belle fa­çon de ta­touer des tounes sur le coeur des gens que lorsque des chan­son­niers font tes chan­sons. »

La route se­ra en vente en ligne et en ma­ga­sin à comp­ter du 10 no­vembre. 2Frères amor­ce­ra la tour­née de son nou­veau spec­tacle les 17 et 18 jan­vier, au Vieux Clo­cher de Ma­gog. Plus de dé­tails au 2freres.com.

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