HOM­MAGES ILLIMITÉS

Ils re­prennent les El­vis, Pink Floyd, Ge­ne­sis, Da­vid Bo­wie et Phil Col­lins de­vant des salles qui sont bien rem­plies. Le phé­no­mène des for­ma­tions « hom­mages », qui re­posent es­sen­tiel­le­ment sur la nos­tal­gie, ne se dé­ment pas, pen­dant que d’autres ar­tistes o

Le Journal de Montreal - Weekend - - MUSIQUE WEEKEND - YVES LE­CLERC Le Jour­nal de Qué­bec yves.le­clerc @que­be­cor­me­dia.com

Des for­ma­tions s’ap­prochent ou sur­passent, en qua­li­té d’in­ter­pré­ta­tion, l’ar­tiste ou le groupe ori­gi­nal, comme les Qué­bé­cois de The Mu­si­cal Box, qui, de­puis 1991, ont re­vi­si­té, au­tour de 1000 fois, les concerts de Ge­ne­sis, époque Pe­ter Ga­briel, au Ca­na­da, aux États-Unis et en Eu­rope.

On ne compte plus le nombre d’hom­mages à Pink Floyd qui existent et qui se sont ar­rê­tés au Qué­bec au cours des der­nières an­nées. Les An­glais de Brit Floyd, l’Aus­tra­lian Pink Floyd Show, les Qué­bé­cois d’Eclipse et Ri­chard Pe­tit, qui pro­pose un nouveau spec­tacle in­ti­tu­lé

Space qui est de pas­sage, ce soir, avec une deuxième re­pré­sen­ta­tion au Ca­pi­tole de Qué­bec et le 2 dé­cembre à la salle Wil­frid-Pel­le­tier de la Place des Arts. Pro­duc­teur des spec­tacles El­vis

Ex­pe­rience, l’hom­mage à John­ny Cash, The Man in Black, Sa­tur­day Night Fe­ver

et El­vis Sto­ry, qui a été pré­sen­té du­rant 15 étés dans la salle du Place d’You­ville, Jean Pi­lote ex­plique ce phé­no­mène par la nos­tal­gie.

« C’est le dé­no­mi­na­teur com­mun de tous ces spec­tacles », a-t-il lais­sé tom­ber, lors d’un en­tre­tien.

Un phé­no­mène, pour­suit-il, que l’on re­trouve aus­si dans d’autres sphères d’ac­ti­vi­tés, comme celle des construc­teurs d’au­to­mo­biles qui ont dé­ci­dé de re­mettre sur le mar­ché et au goût du jour les mo­dèles New Beetle et la Mi­ni Coo­per. « RE­VIVRE LEUR PAS­SÉ »

« Les gens, ra­conte Mar­tin Le­vac, qui se glisse dans la peau de Phil Col­lins de­puis 17 ans, veulent re­vivre leur pas­sé par l’en­tre­mise d’une trame so­nore qu’ils connaissent dé­jà. Les jeunes prennent peut-être plus de risques mu­si­ca­le­ment, mais les gens qui ont 40 et 50 ans veulent ré­en­tendre les vieilles tounes », a-t-il lan­cé.

Le chan­teur-bat­teur pré­cise que les ventes de billets pour son spec­tacle

Dan­cing In­to the Light vont en aug­men­tant et que son bud­get de pu­bli­ci­té, lui, va en di­mi­nuant. Un signe que le bouche-à-oreille fait son tra­vail.

« Les gens n’ont pas le temps de s’as­seoir, comme on le fai­sait dans le temps, avec un vi­nyle pour dé­cou­vrir de la nou­velle mu­sique. Ils vont faire quelque chose de connu », a-t-il­fait sa­voir.

LE RES­PECT

Pour Ri­chard Pe­tit, qui est der­rière les spec­tacles The Wall Theatre Ex­pe­rience et Space, les gens dé­si­rent vivre une émo­tion qui leur rap­pelle leur ado­les­cence, leur ving­taine, leurs trips de cam­ping et les voyages à l’étran­ger faits avec des chums.

« On vit dans une époque où les gens ont be­soin de s’ac­cro­cher à du ré­con­fort et à la nos­tal­gie. Ils veulent re­trou­ver des choses bien et confor­tables. L’offre cultu­relle est grande et les gens veulent aus­si avoir une va­leur sûre lors­qu’ils dé­cident d’in­ves­tir de l’ar­gent dans une sor­tie », a men­tion­né le gui­ta­riste.

Jean Pi­lote croit aus­si que les gens sont peut-être plus à l’aise de dé­bour­ser 50 $ pour un hom­mage à Pink Floyd de qua­li­té que de dé­bour­ser 250 $.

« Les gens viennent pour la mu­sique, pour s’amu­ser et ça leur coûte 50 $ », a-t-il fait re­mar­quer. QUA­LI­TÉ

Le suc­cès des for­ma­tions hom­mages re­pose aus­si énor­mé­ment sur la qua­li­té du pro­duit et une li­vrai­son avec pré­ci­sion et jus­tesse de ces chan­sons qui sont consi­dé­rées comme des clas­siques.

« On a tou­jours es­sayé, ex­plique Jean Pi­lote, dans tous les spec­tacles hom­mages qu’on a faits, de pré­sen­ter des choses qui sont de qua­li­té. Tu ne peux pas t’ima­gi­ner le nombre de spec­tacles hom­mages que l’on peut voir aux États-Unis et il y a beau­coup, dans ce lot, de choses qui sont

cheap. Des mau­vais El­vis et des pour­ris, ou ça n’avait pas d’al­lure, j’en ai vu beau­coup et ça me cho­quait. »

Les for­ma­tions hom­mages, pré­cise Da­vid Brigh­ton, qui per­son­ni­fie Da­vid Bo­wie de­puis 2000, doivent s’éle­ver au-des­sus des groupes de re­prises de fins de se­maine que l’on peut voir dans les bars.

« Il est im­por­tant que la mu­sique in­ter­pré­tée soit le plus près pos­sible de la for­ma­tion ori­gi­nale. Le ré­sul­tat doit être re­mar­quable. Il faut aus­si que le pro­duit soit, vi­suel­le­ment, près de la réa­li­té et fait aus­si avec énor­mé­ment de res­pect. Et c’est pour­quoi une for­ma­tion comme Beat­le­ma­nia a connu au­tant de suc­cès. Elle re­créait le look et la mu­sique des Beatles avec énor­mé­ment de dé­tails », a lais­sé tom­ber l’Amé­ri­cain qui se­ra de pas­sage à Qué­bec le 9 mars et au Théâtre du Ca­si­no du Lac-Lea­my le 10 mars.

Da­vid Brigh­ton

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