DA­NIEL LANOIS

RE­NOUE AVEC SES ORI­GINES QUÉ­BÉ­COISES

Le Journal de Montreal - Weekend - - MUSIQUE WEEKEND - YVES LE­CLERC Le Jour­nal de Qué­bec yves.le­clerc @que­be­cor­me­dia.com

Mu­si­cien, réa­li­sa­teur, ex­plo­ra­teur so­nore et très bon joueur de billard, Da­niel Lanois n’ou­blie ja­mais ses ra­cines qué­bé­coises. L’au­teur, com­po­si­teur et in­ter­prète ori­gi­naire de Ga­ti­neau re­noue avec celles-ci à l’oc­ca­sion d’une sé­rie de spec­tacles qui se­ra de pas­sage à Ri­mous­ki et Ga­ti­neau.

Da­niel Lanois l’avoue. Ces concerts sur les terres qué­bé­coises re­pré­sentent tou­jours quelque chose de par­ti­cu­lier pour le mu­si­cien qui a tra­vaillé avec U2, Bob Dy­lan, Pe­ter Ga­briel et Neil Young et qui connaît une belle car­rière en so­lo.

« Ce qu’il y a de plai­sant dans cette sé­rie de spec­tacles, c’est qu’on ne voyage pas par avion et que nous sommes sur la route. On peut voir le pay­sage et ap­pré­cier les lieux. J’ai voya­gé par­tout dans le monde, mais mes ra­cines ne sont ja­mais bien loin der­rière moi », laisse tom­ber le mu­si­cien qui a lan­cé sa tour­née au Théâtre du Ma­rais, à Val-Mo­rin, dans les Lau­ren­tides.

Ac­com­pa­gné par le gui­ta­riste Jim Wil­son et le bat­teur Kyle Crane, Da­niel Lanois pro­po­se­ra, lors de cette sé­rie de spec­tacles qui s’est ar­rê­tée à Saint-Ca­si­mir, Sher­brooke, Sainte-Thé­rèse, Al­ma et Qué­bec, un voyage qui dé­bute dans le pas­sé, pour en­suite s’ar­rê­ter dans le pré­sent et vers le fu­tur.

Le gui­ta­riste-chan­teur avait l’in­ten­tion d’amor­cer ces concerts avec quel­que­sunes de ses chan­sons en fran­çais, fai­sant ré­fé­rence aux Jo­lie Louise, The Col­lec­tion of Ma­rie Claire, O Ma­rie et Un­der A Stor­my Sky.

« Nous al­lons en­suite pour­suivre avec des so­no­ri­tés plus mo­dernes et plus contem­po­raines avec des pièces des al­bums Flesh and Ma­chine et Good­bye

to Lan­guage. Des pro­jec­tions sont as­so­ciées à ces pièces avec des films qu’on a faits nous-mêmes et d’autres qui pro­viennent de l’Of­fice na­tio­nal du film. C’est un spec­tacle qui va dé­bu­ter avec des choses plus fa­mi­lières, pour en­suite, éle­ver les es­prits d’une tout autre fa­çon », men­tionne-t-il. RE­TOUR À LA CHAN­SON Après les al­bums ins­tru­men­taux Flesh

and Ma­chine et Good­bye to Lan­guage, lan­cés en 2014 et en 2016, Da­niel Lanois a l’in­ten­tion de re­tour­ner à une forme de chan­sons de fac­ture plus tra­di­tion­nelle.

« Je suis en train de ter­mi­ner un al­bum ins­tru­men­tal et psy­ché­dé­lique avec Ve­ne­tian Snares, un jeune homme de Win­ni­peg et je pense, après ce pro­jet, faire un re­tour vers les pa­roles et la poé­sie. Je suis tou­jours in­té­res­sé par les mots et les re­frains et cette forme où l’on peut ra­con­ter une his­toire en trois ou quatre mi­nutes. Ce qu’un réa­li­sa­teur de film fait en une heure et de­mie », in­dique-t-il.

Âgé de 66 ans, Da­niel Lanois n’en­tend pas se re­ti­rer, comme le font une ma­jo­ri­té de tra­vailleurs vers les 65 ans.

« On fait, dès le dé­part, un mé­tier qui n’est pas conven­tion­nel et où il y a très peu de règles. La créa­ti­vi­té n’est pas al­té­rée par l’âge et le temps. J’en­tends des gens dire qu’ils ont hâte d’avoir du temps pour en­fin faire ce qu’ils veulent à la re­traite. C’est quelque chose que je n’ai ja­mais res­sen­ti parce que j’aime ce que je fais. Le sable s’écoule dans le sa­blier, mais l’ima­gi­na­tion ne le sait pas. Je vais peut-être ar­rê­ter lorsque les arbres vont se mettre à tom­ber », lan­cet-il en écla­tant de rire.

Connu pour son tra­vail de réa­li­sa­teur, de mu­si­cien et d’au­teur-com­po­si­teur et in­ter­prète, Da­niel Lanois ex­celle au­tour d’une table de billard.

« Je di­rais que je suis de ca­libre se­mi-pro­fes­sion­nel. J’ai, chez moi, deux belles tables Bruns­wick des an­nées 40 qui ont été res­tau­rées et j’ai aus­si amé­na­gé une salle de “pool” dans mon stu­dio. Il y a de très bons joueurs dans mon voi­si­nage, dont Alex Pau­layan, qui fait par­tie de l’élite mon­diale. Le billard a cer­tains liens avec la chan­son. Tu as beau avoir la meilleure stra­té­gie du monde, mais si tu rates ta pre­mière boule, elle prend ra­pi­de­ment le bord. C’est un peu la même chose pour la construc­tion d’une chan­son », fait-il re­mar­quer. Da­niel Lanois est de pas­sage, ce soir, à la Salle Des­jar­dins-Te­lus de Ri­mous­ki et de­main à la Salle Odys­sée à Ga­ti­neau.

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